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Pour se culturer entre amis et apprendre des choses qui n'ont rien à voir avec le monde de Pullman

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Koribasso
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Message par Koribasso » lun. 25 juin 2007, 18:59

De quoi ?
"Les incohérences, histoire d'une frite" ?
L'aurais-je suprimmer trop tard ?

Ou alors c'est mon avis sur l'histoire de Mimine qui te fait marrer ? ^^

Bon allez je le remet.
Ca s'appelle donc "Incohérence, histoire d'une frite".
C'était une belle journée. Le temps était doux et le soleil luisait dans un ciel sans nuages. Dehors, une bande de fille gloussaient. En sueur, je me dirigeai vers la psychologue scolaire. Voila six mois que ce projet murissais dans ma tête. Je devais lui dire, quelque soit les conséquences. Je n'avais plus le choix, mon esprit menaçait d'exploser a force de garder ce secret pour moi. Je me posa devant la porte et attendit. J'écoutai le silence qui venait de se faire, comme si le monde entier retenait son soufle. Je leva la main et frappa deux coups, sonores et distincts. J'entendis un "Entrez" las et je poussa la porte.
La pièce était sombre et poussièreuse. Le bureau occupait la moitié de la place et je me souvient de m'être demandé comment pouvait bien sortir la psychologue, puisque le bureau bloquait tout le cabinet. Avec appréhension, je m'assit, soulevant un flot de poussière. La psychologue, une vielle femme ridé affichant en permanence un air de chouette, me fit un grand sourire (jamais de ma vie je n'avais vu sourire plus artificiel) et me demanda :
- Alors mon petit....-elle fouilla dans ses dossiers mangés aux mites- Yves, que se passe t-il ?
- Madame, j'aime manger des frites.
La réaction fut immédiate. La psychologue sursauta tellement fort qu'elle s'effondra de son fauteil. Puis une lumière rouge s'alluma dans son oeil droit et elle sortit de son bureau un énorme fusil qu'elle braqua sur moi. Le visage défiguré par la haine, elle me demanda :
- Comment...comment est-ce possible ?
J'affichai mon plus beau sourire
- J'en sais rien, j'adore ça, c'est tout.
Je vit alors son doigt presser la détente. J'allais mourir. Enfin.
Ne cherchez pas a comprendre surtout ^^
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Message par Ratter » lun. 25 juin 2007, 19:02

@Momi: tu fumes?

LOL! trop drole ta pièce... de deux choses l'une: soit c'est une histoire pour des petits jamaïcains, soit ca va finir en Happy tree friends ^^

edit: @ kori: Vraiment super! Bravo. J'acclame, bis!! :bravo: :bravo: :bravo:

juste, j'aurais remplacé le "j'allais mourir. Enfin." par "PAN!"
De retour! pour vous jouer un mauvais tour!

Petit voyage à Copenhague?
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Message par Dame Mimile » lun. 25 juin 2007, 19:20

@Koribasso: En fait, je crois que le "génial, bravo à toi", m'étais adressé, non?
En fait, ce qu'il y avait d'assez marrant, c'est que tu l'as pas précisé! On aurait pu croire qu'après avoir dit à Momiji que t'étais pas convaincu par son histoire, tu le félicitais pour son grand talent!
Dis-moi si je me trompe, Rey.
Péèsse à l'intention de Rey: La sorcière et son familier, je l'ai trouvé dans "L'homme-arbre", de Joann Sfar....C'est ce à quoi j'ai pensé en écrivant.
J'ai tout tapéééééééééééééé!!!!

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Re: Ecrivez-vous un livre?

Message par Koribasso » lun. 25 juin 2007, 19:24

Dame Mimile a écrit :@Koribasso: En fait, je crois que le "génial, bravo à toi", m'étais adressé, non?
Tout a fait :)
D'ailleurs je le redis : c'est génial, congratulations :eek:
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Message par Rey » lun. 25 juin 2007, 19:30

c'atait bien pour les frites kori ! je l'ai lu avant que tu le supprimes apparement.
Mais c'est vrai que maintenant, ça porte à confusion...
Qu'est-ce que l'homme dans l'Univers ?
- Un néant à l'égard de l'infini
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Message par Koribasso » lun. 25 juin 2007, 19:34

Bah content que vous aimiez, je pensais que c'était le genre de truc qui faisait rire que moi ^^
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Message par Momiji » lun. 25 juin 2007, 19:48

@Momi: tu fumes?
non mais je crois que je vais m'y mettre...
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Message par Iphigénie » mar. 26 juin 2007, 09:48

J'ai beaucoup accroché à ton histoire, Mimile. On arrive tout de suite à s'attacher aux personnages, et c'est plutôt bien écrit.
Quand à toi, Kori, c'est parfaitement débile et tout à fait mon truc. J'aime vraiment ces histoires où les personnages sont enfermés dans leur bulle, avec des chutes totalement incompréhensibles :'D .

Et désolée, Momiji, mais j'ai pas eu le courage de lire ton histoire... Une autre fois peut être !
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Message par Poussimon » mar. 26 juin 2007, 10:22

Momiji, j'ai lu le début de ta pièce, ça a l'air mortel! C'est sûr, c'est un peu débile mais marrant. On dirait un peu South Park ou Happy Tree Friends.

Et comme Rey, j'ai kiffé Monique la mésange.
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Message par Momiji » mar. 26 juin 2007, 10:47

merci beaucoup tout le monde, je viens de supprimer toutes les vulgaritées et j'ai mit des espaces, donc ca devrait etre mieu a lire, je vais améliorer le style, mais pas tout de suite, je suis bien content que ça vous fasse rire, parce que c'est le but, concernant south park, j'ai reprit les personnages et la scene ou Thomas tue Jésus, mais l'histoire est de moi. :clin:

par contre, je suis vraiment pas du tout satisfait de la fin... laissez vos suggestions sur le forum ou dans les coms.


Edit: je remet le lien au cas ou: http://lenoeldesanimeaux.skyrock.com/
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Message par Poussimon » jeu. 28 juin 2007, 12:49

Une nouvelle que j'ai écrite il y a quelques années pour un concours (accrochez vous, c'est un peu long, j'espère que ça ne va pas planter quand je vais cliquer sur envoyer):
PORCELAINE



Un jour, un homme créa une femme.
L’homme était un artisan, un peu artiste. Celle qu’il avait créée était faite de porcelaine. La porcelaine la plus pure et la plus fine. Une femme de porcelaine. Ses traits étaient délicatement ciselés, de ses lèvres semblait s’échapper un souffle. Enzo, l’artiste, allait la contempler chaque jour dans son atelier. Il l’avait parée des plus beaux vêtements féminins qu’il avait pu trouver. Mais il lui manquait quelque chose. Son visage était entièrement blanc. Enzo avait bien essayé de lui donner des couleurs, mais aucune de ses peintures, même les plus ravissantes, n’avait pu donner vie à Porcelaine. Aussi Enzo avait-il renoncé et laissé blanches les joues et les lèvres qu’il avait modelées.

Une nuit, il se réveilla en sursaut. La lune baignait la chambre d’Enzo de ses rayons argentés. Il avait fait un rêve étrange ; Porcelaine s’était mise à bouger et lui avait parlé. Enzo ne se souvenait plus de ses mots exacts mais ce n’était pas le plus important. Il courut à son atelier et prit entre ses mains les doigts blancs et froids de sa créature.
« Je ne peux pas te laisser comme ça », lui dit-il.

Et il partit à la recherche des seules couleurs capables de faire vivre son œuvre. Il ne savait pas du tout où aller, ni à qui s’adresser. Mais il se doutait que ces couleurs n’étaient pas des couleurs ordinaires. Il devait y avoir en elles un pouvoir ; un pouvoir qui combiné au talent d’Enzo s’appelait le génie.
À pied, le long des routes, il observait les paysages pour trouver dans la nature la couleur qui conviendrait aux yeux de Porcelaine. Il étudiait les différentes nuances de gris des pierres, les multiples verts des prés et des forêts, les bleus délicats de la mer et du ciel, les bruns chauds et cuivrés des cerfs et des écureuils. Mais aucune couleur ne parvenait à le satisfaire. Aucune couleur, pensait-il, n’était digne d’embellir Porcelaine.

Il s’arrêta au bord d’un chemin, s’assit sur une grosse pierre couverte de mousse et, le front reposant sur ses avant-bras, se laissa aller à son désespoir.
« Je suis désolé, Porcelaine », murmura-t-il en lui-même. « Je n’y arriverai pas, c’est impossible ».
Des larmes coulaient entre les doigts fins de ses mains d’artiste. Des mains capables de créer des merveilles venues d’un autre monde. Des mains capables de créer la beauté la plus pure, comme c’était le cas pour Porcelaine.

Alors qu’il était ainsi à se lamenter, un étrange petit homme apparut devant lui. Il avait l’air si bienveillant qu’Enzo se mit à lui raconter son histoire. Celle d’un pauvre artiste solitaire qui avait créé une femme si belle qu’il en était tombé amoureux. Le petit homme étrange l’écouta patiemment, sans se moquer de lui. Il prenait au sérieux tout ce qu’Enzo lui disait. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il avait l’air si sincère et si malheureux, ce pauvre garçon.
Quand Enzo s’arrêta, essoufflé d’avoir tant parlé, le petit homme étrange regarda au fond de ses yeux, comme s’ils étaient une porte donnant sur son cœur, et lui dit :
« Si tu aimes vraiment cette femme que tu as faite, alors rien n’est impossible. Seulement, tu l’as dit toi-même, ce n’est pas une femme ordinaire. Par conséquent, des couleurs ordinaires n’ont pas le pouvoir de la faire vivre. Tu devras chercher au fond de ton cœur et inventer tes propres couleurs, en te laissant guider par ton âme. Si tu suis mes conseils, alors Porcelaine vivra. »
Enzo releva la tête et voulut remercier le petit homme étrange mais celui-ci avait disparu. Enzo essuya ses larmes avec sa manche et serra les poings d’un air déterminé.
« Je le ferai », dit-il. « Je le ferai pour Porcelaine. »
Et alors il rentra chez lui et se mit immédiatement au travail.

Enzo rassembla tous ses tubes de peinture. Il y en avait aux quatre coins de son atelier. Certains gisaient éventrés ou à moitié vides au milieu d’un tas de poussière. Quand il les eut tous réunis, il jeta les tubes dans un carton et décida tout d’abord de faire le ménage. Aucune femme, songeait-il, n’accepterait de vivre dans un pareil taudis. L’inspiration elle-même lui viendrait aussi plus facilement dans une pièce propre.
Enzo remonta ses manches et balaya de fond en comble. Une fois que chaque centimètre carré de l’atelier fut rutilant et le moindre pinceau nettoyé, Enzo prit sur ses genoux le carton rempli de tubes de peinture et se mit à les trier par couleur, soigneusement. Au bout de plusieurs heures – car il possédait de nombreux tubes – un véritable arc-en-ciel se déployait devant lui.
Mais Enzo n’était pas entièrement satisfait. Les couleurs qu’il avait devant les yeux lui semblaient fades, dépourvues de toute vie. Jamais – ô grand jamais ! – il n’oserait les utiliser sur sa jolie Porcelaine. Ce serait un sacrilège, une insulte à sa beauté éthérée.
Machinalement, il prit quelques tubes et étala de la peinture sur sa palette. Il fit cela sans aucune passion, c’était chez lui un geste automatique. Enzo mélangea distraitement les couleurs et testa ces nouvelles teintes sur la joue de sa statue. Mais Porcelaine semblait faire la moue. Les couleurs ne lui convenaient pas.

Enzo passa des jours à faire des essais. Ces jours devinrent des semaines, les semaines, des mois. Mais Enzo n’était jamais fier des couleurs qu’il obtenait. Si bien que désespéré, il jeta au feu tous ses pinceaux. Et tombant à genoux devant Porcelaine, il pleura, la tête entre les mains. Il craignait de ne jamais parvenir au résultat désiré.

Et finalement, lors d’une nuit où il ne parvenait pas à trouver le sommeil, l’inspiration vint lui murmurer au creux de l’oreille. Enzo se leva et descendit dans son atelier. Il s’assit sur un tabouret, face à Porcelaine, et eut l’impression de voir les étoiles se refléter dans les yeux de la statue. À ce moment-là, il sut sans aucun doute ce qu’il devait faire. C’était comme si Porcelaine lui parlait. Il suivait son cœur, se laissait guider par ses sentiments. Ses mains mélangeaient les couleurs sans qu’Enzo ait besoin de réfléchir. Il n’avait plus de pinceaux. Qu’importe ! Il peindrait avec ses doigts.
Il commença par les vêtements de Porcelaine. Elle en avait peu, juste de quoi rester décente. Sous les mains habiles de l’artiste, la porcelaine se transformait peu à peu en une étoffe des plus chatoyantes. Par d’audacieux jeux d’ombres et de nuances, Enzo était parvenu à donner à la porcelaine l’apparence du velours et de la soie. Au toucher, on pouvait même en sentir la douceur.
Bleu, rouge, or… les couleurs les plus belles et les plus chaudes pour habiller sa pâle princesse.
Puis Enzo donna des couleurs aux cheveux de la statue. Un dégradé de châtain clair et de blond, avec quelques reflets cuivrés. Aucune mortelle ne pouvait se vanter de posséder plus belle chevelure. Les cheveux de Porcelaine avaient un aspect mille fois plus soyeux que des vrais. Ses longues boucles brillaient comme plus de cent soleils. Enzo pouvait presque les sentir glisser entre ses doigts, et il en émanait une odeur de jasmin, comme si Porcelaine les avait déjà enduits de parfum.
Il ne restait plus que sa peau à peindre. Porcelaine était si belle, d’une beauté presque surnaturelle, qu’Enzo osait à peine la toucher. Il le fallait pourtant, sinon elle garderait pour toujours l’apparence d’une statue. Enzo commença par les pieds nus de Porcelaine, il effleura ensuite délicatement ses chevilles, puis ses mollets et ses jolis genoux, et se félicita de ne pas lui avoir fait une robe plus courte.
Puis ce fut le tour des bras. Enzo les peignit du bout des ongles jusqu’au creux de l’épaule, avec autant de respect que si Porcelaine était une déesse. Mais elle en était une pour lui.
Et enfin, son visage et son cou. Enzo lava tout d’abord ses mains couvertes de peinture de différentes couleurs avant de les plonger dans la teinte qu’il avait préparée pour les joues. Enzo peignit les pommettes du dos de sa main, colora son front d’un geste presque tendre. Et quand il fit glisser ses doigts le long du cou de la statue, cela ressemblait plus à une caresse qu’à de la peinture. Du bout de l’index, il colora les lèvres de Porcelaine d’un rouge plus profond que celui des roses.
Aucune couleur ne fut nécessaire pour les yeux ; les étoiles de la nuit semblaient s’y être installées.
Enzo débarrassa ses doigts des dernières traces de peinture et contempla son œuvre. Porcelaine n’avait plus du tout l’air d’une statue. La vie s’était enfin emparée d’elle. Il ne lui manquait plus que le mouvement. Ce manque fut rapidement comblé. Dès que les rayons de lune se posèrent sur elle, Porcelaine cligna des yeux et sourit à Enzo.
« Merci Enzo », murmura-t-elle d’une voix très douce. « Je te dois tant. Ton talent m’a rendue jolie, mais c’est ton amour qui m’a donné la vie. Peu d’hommes sont capables d’éprouver un amour dont le pouvoir soit aussi grand. Et il est juste que cet amour soit partagé. »
Enzo baissa les yeux, les joues empourprées. Porcelaine lui releva la tête et l’embrassa doucement. Il y avait une telle chaleur dans ce baiser que personne n’aurait pu deviner qu’à peine quelques heures plus tôt, Porcelaine n’était qu’une statue sans vie.
Enzo prit les mains de Porcelaine dans les siennes et lui dit :
« Tu ne me dois plus rien désormais. Ton amour était tout ce que je désirais et puisque maintenant tu me l’offres, je peux dire que je suis l’homme le plus heureux du monde. »
« Et moi la femme la plus heureuse du monde », répondit Porcelaine. « Aucun autre homme n’aurait consacré autant de temps, d’amour et d’énergie à une simple statue de porcelaine. Tu es quelqu’un d’unique, Enzo. Un être à part, tout comme moi. Et nous allons passer le reste de notre vie ensemble. »
Après un second baiser, Enzo fut convaincu que l’amour était la plus puissante des magies. Il pouvait même conférer à la peinture le pouvoir de donner la vie. Cela avait si bien réussi pour Porcelaine que toutes les autres couleurs paraissaient ternes à côté d’elle.

Enzo et Porcelaine vécurent longtemps, dans le bonheur le plus parfait. Rien ne vint jamais troubler leur félicité. Enzo, ayant enfin accompli l’œuvre de sa vie, jeta tous ses tubes de peinture du haut d’une cascade. Les couleurs se mélangèrent à l’eau et depuis, l’arc-en-ciel qui coule entre les rochers rappelle à tous le miracle qui s’est accompli grâce à l’amour qu’Enzo portait à Porcelaine.
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Message par fayler » jeu. 28 juin 2007, 13:21

Wahoo j'adore c'est fort,puissant,beau... O_o Je suis époustouflé :cool:
Vraiment je te félicite de cette nouvelle remarquable...
Ecrite d'une main de maître...
J'espere que:
1)Un jour j'arriverais à écrire aussi bien.
2)Que tu as gagné ce concours
:cool: :prie: :love:
Meme si la fin:
Enzo et Porcelaine vécurent longtemps fait un peu conte de fée je trouve que ça va parfaitement et harmonieusement avec le texte.
Et en plus
l’arc-en-ciel qui coule entre les rochers rappelle à tous le miracle qui s’est accompli grâce à l’amour qu’Enzo portait à Porcelaine.
Une phrase très très très belle :coeurs:
Le B à BA de la lecture c'est de choisir le livre
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Message par Poussimon » jeu. 28 juin 2007, 13:36

Merci beaucoup!
Non, malheureusement je n'ai pas gagné, mais un ami de mes grand parents publie des almanach et il a publié ma nouvelle.
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Message par Momiji » jeu. 28 juin 2007, 17:22

magnifique poum!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Bravo bravo bravo!!! c'est trés beau et c'est magnifique, admirablement bien écrit (bon j'aime pas trop les dialogues a la fin mais ca c'est pas grave^^)
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Message par Poussimon » dim. 01 juil. 2007, 10:19

Une nouvelle qui devrait plaire à Rattou:
Le Revers de la Médaille


1.

Je trempai mon pinceau dans le pot de peinture et appliquai délicatement la couleur sur la toile. J’étais en train de mettre la dernière touche au tableau que j’avais intitulé « Nymphe au clair de lune ». Ma petite sœur Dorothy m’avait servi de modèle. Son portrait féerique plongeait le bout de son pied blanc dans une source transparente, ses cheveux blonds tombant en cascade dans son dos. Ses yeux étaient mi-clos, elle semblait être partie dans des rêves lointains.
Mais je ne me suis pas présenté. Je m’appelle Oliver, et comme vous pouvez le deviner, je suis peintre. A l’époque où commence cette histoire, je ne peignais que pour mon plaisir, ou presque. Il m’arrivait de dessiner des fresques dans des appartements privés afin de gagner de quoi me nourrir et acheter mon matériel. L’art était la seule chose pour laquelle je vivais. J’y consacrais tout mon cœur et toute mon âme.
Certains disaient de moi que j’étais fou. Disons plutôt que j’étais un solitaire et que je préférais la compagnie de mes pinceaux à celle des humains.

*

Quelques jours plus tard, ma « Nymphe au clair de lune » était enfin terminée. Dorothy, ma petite sœur, avait applaudi en la voyant. Un de mes amis m’avait même déclaré : « On la croirait vivante ! Tu devrais l’exposer ». J’étais flatté. Je ne pensais pas avoir le talent nécessaire pour attirer les foules dans une galerie.
C’est pourtant ce qui arriva. Je ne me doutais pas que ma « Nymphe au clair de lune » aurait autant de succès. J’en étais à la fois ravi et étonné.
Très vite, les commandes commencèrent à affluer. Nombreux étaient ceux qui voulaient que je fasse leur portrait. Je ne savais plus où donner de la tête.



2.

Je suis Kenneth, le meilleur ami d’Oliver Chester. C’était moi qui lui avais conseillé d’exposer la « Nymphe au clair de lune ». J’aurais mieux fait de m’abstenir. On ne pouvait nier que ce tableau était un chef d’œuvre, comme tous ceux qu’Oliver avait peints auparavant. Mon ami avait un réel talent. Il émanait quelque chose de spécial de toutes ses œuvres, on aurait vraiment juré que ses tableaux avaient une âme.
Je dis bien « ava ient ».
Oliver était devenu célèbre en Angleterre. Ses clients se faisaient de plus en plus nombreux, et il voulait tous les satisfaire. Il travaillait de plus en plus vite, plus parce qu’il commençait à aimer l’argent que cela lui rapportait que par soucis de professionnalisme. Mais ses tableaux en souffraient. Ils étaient désormais vides, dénués de toute essence. Je ne ressentais plus rien en les regardant, quelque chose avait disparu.
Cependant, Oliver et ses clients ne semblaient pas s’apercevoir de la différence. Pour Oliver, seul comptait l’argent, et non plus la qualité de ses œuvres.



3.

J’étais on ne peut plus heureux ! Grâce à ce que j’avais gagné, j’avais pu quitter mon sordide atelier sous les combles pour m’installer dans un confortable appartement au cœur de Londres. Le bruit des sabots des chevaux sur les rues pavées était plus agréable à mon oreille que celui des passants pataugeant dans la boue de mon ancien quartier.
Je menais la belle vie. Je sortais avec des dames élégantes, j’étais invité dans les réceptions les plus chics. Je n’avais même plus besoin de peindre pour me remplir la panse car en raison de ma célébrité toute neuve, il arrivait fréquemment que l’on m’offre à déjeuner.
La peinture, parlons-en ! La richesse avait comme décuplé mon inspiration. Je ne me trouvais jamais en panne d’idée et achevais mes tableaux en des délais nettements plus courts qu’auparavant. Peut-être était-ce cela le génie ?

*

Cela était devenu si simple. Je n’avais qu’à barbouiller quelques toiles et
« Ah, quel talent ! »
« Oh, quel génie ! » s’exclamaient-ils tous.
Il en fallait peu pour les contenter et cependant, j’appréciais cette admiration pas toujours méritée, je l’avoue. J’en adorais chaque mot, chaque son. C’était une si douce musique. J’en ressentais le besoin comme d’une drogue.

*

Je crois que l’apothéose de ma gloire a été le moment où j’ai pu ouvrir ma propre galerie d’exposition. Ce fut une telle fierté de voir ce nom en lettres d’or rutilantes :
Chester Gallery.
Et à l’intérieur, mes tableaux, et ceux de jeunes amateurs en quête de reconnaissance. Je n’avais pas exactement connu cela, j’étais passé directement de l’anonymat au succès. Et mon ancienne vie ne me manquait pas. Mon ancienne vie dans un grenier sombre, à me préoccuper uniquement de mon art. Mais où avais-je la tête ? Qui peut se complaire dans la misère et la solitude ?



4.

Je ne reconnaissais plus mon ami. Oliver avait tellement changé. Il devenait plus arrogant et plus cupide de jour en jour. C’était fou à quel point l’attrait de l’argent pouvait transformer un homme.
Oliver et moi nous voyions moins souvent. Il méprisait ses anciens amis pour se tourner vers une société qu’il jugeait plus digne de son nouveau statut. Il se prenait pour un dandy à la mode, un artiste séducteur et seul l’intéressait l’influence qu’il en retirait.
Il m’arrivait de me demander où était passé l’Oliver d’autrefois, celui altruiste et passionné, que je considérais comme mon ami le plus cher, le camarade d’enfance pour qui j’aurais donné ma chemise.
Je haïssais presque Oliver, et pourtant, j’adorais sa « Nymphe au clair de lune ». Ce tableau surpassait de loin tout ce qu’Oliver avait peint jusqu’alors. Il se dégageait une telle chaleur de ce petit bout de fille trempant son pied menu dans l’eau. Comment croire qu’une telle merveille avait pu causer le malheur et la déchéance d’un artiste ?



5.

Déchéance ? Allons donc ! J’étais au sommet de la gloire, oui ! J’oserais même avouer qu’aucun des jeunes peintres en vogue de cette époque n’atteignait mon niveau. Et après cela, certains osent parler de déchéance ? Voyons, un peu de sérieux !

*

Il est vrai que mon goût pour la peinture s’était quelque peu atténué. J’avais mieux à faire que de barbouiller des toiles. Sans cesse, de nouveaux galas étaient donnés dans tout Londres, et je me devais évidemment d’y assister.
J’étais l’attraction, la célébrité qu’il fallait absolument connaître. Je n’avais plus besoin de peindre, ma réputation étant déjà faite.
Il ne me restait plus grand chose de mon ancienne vie. Je délaissais les endroits que j’avais l’habitude de fréquenter. Ils ne convenaient plus à Oliver M. Chester, le peintre de grande renommée.



6.

Mais petit à petit, je sentais que Kenneth n’avait peut-être pas entièrement tort. Je ne l’avais pas revu depuis l’ouverture de la Chester Gallery, mais il m’avait fait part à plusieurs reprises de ses sentiments.
J’ai eu une révélation en me regardant dans le miroir. L’homme que j’y ai vu n’était qu’une enveloppe vide. Il n’y avait plus rien à découvrir sous sa belle apparence. Et je me suis demandé :
« Est-ce réellement moi ? »



7.

Je m’étais décidé à mettre les civilités entre parenthèses pendant un certain temps, et je m’étais attelé à la réalisation d’un nouveau tableau. J’étais las d’esquisser le portrait du commun des mortels et je recherchais mes anciennes sources d’inspiration.
Je me plongeai dans la relecture du « Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare, désireux de rendre sur la toile la beauté de Titania, souveraine de la forêt.
Hélas ! Mon pinceau ne semblait plus agir de lui-même comme il le faisait autrefois.
Nombreuses sont les ébauches qui finirent au feu. Je n’étais jamais satisfait de mon travail. Mes dessins ne valaient plus rien. Quelle douche froide pour mon orgueil ! Mais je l’avais mérité. Cela m’apprendrait à jouer les hommes du monde au lieu d’essayer de progresser dans mon domaine.

*

Après une douzaine de dessins ratés, je commençai à perdre patience, et petit à petit, mon sentiment d’impuissance fit place à la colère. J’étais furieux contre moi-même.
Un jour, pris d’une rage intense, je lacérai plus de la moitié de mes toiles et détruisit même l’un de mes chevalets. Ce qui m’avait mis dans cet état c’était la vue des toiles que j’avais peintes ces derniers mois. Du mauvais travail, vraiment. Un enfant n’aurait pas fait pire. Rien que du tissu recouvert d’une couche de peinture.
Rien de plus.
Aucune émotion, aucun sentiment ne s’y cachait. Du travail d’amateur !
Ces toiles me faisaient honte. Elles me renvoyaient l’image d’un autre Oliver, un être détestable et se détestant lui-même.



8.

Mon ami allait très mal. Se retrouver confronté à la réalité l’avait complètement abattu, et il s’était mis à prendre du laudanum pour calmer ses nerfs.
- Ce n’est pas une solution, Oliver, lui dis-je un jour en lui retirant son verre des mains. Reprends-toi ! Souviens-toi de ce dont tu étais capable avant.
- C’est impossible, gémit-il en se laissant tomber lourdement dans son vieux fauteuil. Jamais plus je ne pourrais peindre quelque chose qui soit digne de l’ancien Oliver. Laisse-moi seul maintenant, je t’en prie.
Je le quittai sans un bruit, et la dernière image que j’ai de lui est celle d’un homme brisé et désespéré.



9.

Quand je retournai chez Oliver quelques jours plus tard, j’eus la surprise d’y trouver des policiers. Mon ami était mort d’une trop forte dose de laudanum, prise délibérément. Le décès remontai à l’avant veille et l’air de l’appartement était irrespirable. Une odeur de cadavre.
Avant de mettre fin à ses jours, il avait détruit tout ce qu’il possédait ainsi que toutes ses œuvres. Il ne laissait que sa « Nymphe au clair de lune » et une lettre, que je remis à Dorothy, toute pleurante dans mes bras. Voici ce qu’elle disait :

23 octobre 18**

Ces mots seront mes derniers.
Si quelqu’un trouve cette lettre un jour, dans mon atelier, il saura que j’ai définitivement quitté ce monde, et il connaîtra la triste histoire d’un pauvre peintre solitaire.
Je rêvais de gloire, et ce rêve s’est réalisé. Malheureusement, il a tourné au cauchemard. Cette célébrité… Je me croyais puissant, je croyais tenir le monde dans ma main. Ce n’était qu’une illusion.
Chaque médaille a son revers. Pour moi, ç’a été la perte de mon moi profond. J’étais devenu une autre personne, une personne que je croyais aimer, mais qui en réalité n’était qu’un costume que j’endossais chaque matin. Possédé par ce démon pervers, je me pavanais comme un paon, en oubliant celui que j’étais avant.
Et quand j’ai voulu revenir en arrière, il était trop tard.
Mon âme était corrompue, l’attrait de l’argent facilement gagné devenait trop fort. J’avais perdu mon talent d’autrefois. Je n’osais même plus essayer de le retrouver car je ne le méritais plus.
Voilà mes dernières confessions. Je regrette tout ce que j’ai fait d’abject dans ma vie.
Me voici lavé et purifié, et mes dernières pensées de bonheur vont à ma sœur Dorothy.

Oliver M. Chester
Poum est canon - Fan d'Eärwen et d'Arashi

Auteure de A la Croisée des mondes: paradis perdu et retrouvé

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