Sujet spéciale poésie, métaphore, tournure de style...

Pour se culturer entre amis et apprendre des choses qui n'ont rien à voir avec le monde de Pullman

Modérateur : Régents

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Hatezard
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Message par Hatezard »

Dernier poeme en date... Un peu long, chose que je regrette car la lecture devient vite ennuyeuse, mais bon :

COURSE EN MONTAGNE:

La vie serait en fait l’ascension d’un sommet ;
Le départ est un près recouvert de rosée.
Les premiers pas sont simples, le bonheur est intense,
C’est pour en profiter qu’on ouvre tous nos sens.
Cet émerveillement incroyable sera
Le même à chaque instant ; voilà ce que l’on croit.

Mais le but recherché, le sommet de l’Olympe,
Demande une ascension comportant forces craintes,
Car d’étroites gorges au sol de roches brisées
Bientôt succèderont aux prairies vallonnées.
Ce sont ces lieux sournois, qui, trompant certains hommes,
Les tueront avant même qu’ils n’aient croqué la pomme.

Ce sommet, cette pomme, sont tous deux l’âge d’or
Duquel, par un beau temps, un homme voit sans torts
Et l’ascension abrupte de sa jeunesse,
Et la pente caillouteuse de sa vieillesse.
Il voit même plus loin, jusqu’à un horizon
Dans l’instant le plus grand : celui de sa raison.

Certains y parviendront, les pauvres malchanceux,
Par un temps de malheur, qui brouillera leurs yeux :
Les denses nuages de colère et de haine,
Ou les nappes de brume du doute et de la peine
Forment bien trop souvent un effroyable écran
Entre l’homme essoufflé et sa juste rançon

Toujours est-il qu’il faut –parfois à grand regret
Entamer la descente du flanc ombragé.
On ne voudrait partir, mais on y est contraint,
Et puis chacun comprend que tout a une fin.
Avoir eu l’occasion d’arriver jusque là
Permet sereinement de passer au delà.
De deux choses lune,
L'autre c'est le soleil.

J. Prévert in Paroles
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Soldat Bleu
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Message par Soldat Bleu »

*******
Modifié en dernier par Soldat Bleu le mer. 13 juil. 2011, 18:18, modifié 1 fois.
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Message par salem_jadot »

C'est bien ça que tu sois repris, j'ai passé ton blog à des amies qui aiment ce genre de choses et elles m'ont toutes renvoyé de bon echos. Moi aussi j'aime bien mais mes goûts ne sont pas nécessairement une réfèrence en matière de poésie ^^
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Iphigénie
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Message par Iphigénie »

C'est trop cool que tu sois sélectionné, SB ! Je croise les doigts pour que ton poème apparaisse dans le recueil !

@Faute : j'aime beaucoup tes poèmes, leur côté épuré les rend plus efficaces. En tous cas, ils sont très beau.
@Hatezard : J'ai bien aimé aussi la longue métaphore dans ton dernier.

Romance

Il y a des sons qui ne sonnent qu’après toi,
Une neige qui ne sait fondre qu’à tes pieds ;
Ce ne sont pas eux qui chantent dans mon sang, mais
De pauvres choses seules que tu ne vois pas.
Me reconnaitras-tu ? Je suis ta transparence
Ta honte tes regrets – et ton indifférence.
Je suis celle qui marche et celle qui se tait,
Celle que les mots fuient – je suis celle qui sait.

Et pourtant que t’ai vu sur le flanc des volcans ;
Tes pensées y poussaient comme on dansait au temps
Des forêts infinies.
Mais tous ces mots d’amour mais tous ces mots de sang
Se dérobaient toujours pour se méler au vent
Et mourraient sans un bruit.

Il y a un chemin qui sans jamais mener
Me perd et me dévore en se mordant la queue
Comme un serpent stupide. L’on y marche muet,
Les pieds dans la musique et les yeux dans les cieux
En comptant tous nos pas ; sans savoir que nous ne
Décrivons que des boucles et des boucles de plus
Dans le grand jeu des rêves et des mots perdus.

Et pourtant j’ai senti tes rondes solitaires
Au fond des océans, là où se sont formés
Ces secrets incertains qui nous font exister…
Mais que m’importent donc les rêves et la Mer ?
Je suis née dans un cri mes songes sont muets,
Je n’ai rien su fixer.

Il y a de ces luttes absurdes, car enfin
Je t’aime et j’aime à ce que la magie n’opère
Qu’en ta seule présence : en tes mots, en tes mains,
J’ai trouvé tant et tant d’incroyables chemins
Que les yeux clots je pourrais être au fond des mers
Plus insoluble que le vent et que la pierre.

Et pourtant je n’aspire à rien qu’au plus brûlant
Des déserts ; où les mots sur le sable de sang
- Tous ces sales mots qui
Me hantent qui me fuient !-
Sècheraient au soleil. Car les cadavres blancs
De ces faux poêmes te rongeraient, mon cœur,
Plus sûrement que tous tes pleurs !
Que tous tes vertiges tes rêves de néant,
Mieux que les vers ou que le temps !


(trop long, je sais : trop abscond - prétentieux ? ; et autobiographique : qui sait ^^ ?)
Modifié en dernier par Iphigénie le dim. 08 juin 2008, 19:53, modifié 1 fois.
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Message par Sassie »

Magnifique Iphigénie. J'aime beaucoup ta façon d'écrire. ^^
J'adore particulièrement cette strophe-là :

Il y a un chemin qui sans jamais mener
Me perd et me dévore en se mordant la queue
Comme un serpent stupide. L’on y marche muet,
Les pieds dans la musique et les yeux dans les cieux
En comptant tous nos pas ; sans savoir que nous ne
Décrivons que des boucles et des boucles de plus
Dans le grand jeu des rêves et des mots perdus.


Et non c'est pas trop long, pour ma part, ça glisse tout seul. Et je crois que c'est pas si abscons que ça non plus, heureusement ou malheureusement.
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Message par LaLuna »

Bah c'est long, en effet, mais vu que c'est long ET beau, c'est parfait !!
J'aime surtout la première strophe, félicitations !!
"Je m'empresse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer"

Oook.
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Soldat Bleu
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Message par Soldat Bleu »

Très joli Iphi, et c'est pas trop long du tout ^^
et autobiographique : qui sait ?
Bah... Les émotions n'en sont que plus véritables.

Et merci à toi (ainsi qu'aux autres d'ailleurs: salem, paradis, Erwinn...)
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Hatezard
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Message par Hatezard »

J'apprécie beaucoup tes poèmes Iphi ! Voilà un p'tit texte que je viens de retrouver; je l'avais écris un matin après une vision frappante :

La rencontre

Encore recommencer.
En la brume citadine se lever.
Le soleil régurgite
Une gaieté déplacée ;
Les rayons qui s’agitent
Ne font que passer.
Des visages d’ombre,
à la vie endormie,
Se croisent sans nombre,
S’ignorent. Hormis
La petite gamine
Tâche fluo au milieu du spleen
Pieds implantés
Jambes écartés
Bras bien croisés
Regard agité.
Elle seule ravive
De ce décor la perspective
Renflammé je remonte sur ma nef
Et repars en relief
Sentant sur ma peau
Ricocher les rayons du tout haut.
De deux choses lune,
L'autre c'est le soleil.

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Ewie
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Message par Ewie »

Félicitations, S_B !

Faute : J'avoue que je n'ai pas vraiment compris ce que tu cherchais à dire dans ton poème, le Va, du coup, je n'ai pas vraiment accroché. Mais bon, j'imagine que pour ce genre d'écriture, ça dépend beaucoup de la sensibilité de chacun.

Iphi : Comme d'hab, mais en mieux. S'pèce de poète, va !

Hatezard : J'aime beaucoup les images, dans les deux poèmes.

Pour ma part, voilà un poème que j'ai écris après une représentation ratée de la pièce de théâtre d'une amie à moi. Inès est le nom du personnage joué par l'amie en question, et les "huées", c'est les gamins qui n'ont pas arrêté de crier des bêtises pendant la représentation (c'est à cause d'eux qu'elle a été ratée, d'ailleurs).



Amer, cet amour, qui s'égare, et je pars
Peut-être un peu trop tôt, ou peut-être un peu tard
Chercher au fond de tes yeux une lueur. Faux départ.

Ta voix porte et te berce, perce, traverse,
Ines.
Sur les planches tu es celle qui tombe. Encore.
Et pourtant, c'est ta voix qui résonne, c'est ta voix
Qui les berce. Perce. Traverse.

Langueur, insouciance et douleur.
Pleurs.
Mais il faut sur ton front le bonheur,
Oublie donc les huées, princesse des nuées,
Et attend
Ton heure.
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Hatezard
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Message par Hatezard »

Très bon poème Ewie ! J'aime beaucoup les " résonances" entre les mots ( berce/ perce, amour/amer, huées/nuées... On voit que c'est travaillé ! bravo !
Je ne sais pas ce qu'il m'arrive mais j'ai écrit deux poèmes aujourd'hui, peut être a force de lire de la poésie pour réviser le bac... alors je les post, bien qu'ils ne soient pas très travaillés ( eux )...

Voyage onirique

Une chute grincheuse
D’aiguilles d’eau céleste
Souffle mon âme rêveuse
Vers une chevauché leste.

Défilent les déserts
Flouant leurs folles dunes,
Etincellent les mers
Reflétant la fortune,
Luisent les forêts,
croustillantes de vie,
Crachotent les cités,
vacillantes d’ennui.

Arrivent les rencontres
Avec les moins que rien
D’un monde qui se montre
Comme un fragile point :

Le chameau soupçonneux
Me pousse, et je m’envole :
Le plancton poussiéreux
M’englobe et me cajole,
Les insectes aux brillances
Métalliques m’enchantent
Les voitures en transe
Me harcèlent et me hantent.

Sur mon drap fatigué
Je divague sans laisse.
Ma rêverie m’a crevée,
Sur ce, feuille, je te laisse.



Café

Noir café
Bavard d'arômes
Voluptés enlacées
Dans la fumée fantôme,
Saturez mes papilles!
Réchauffez mon gosier!
Que mes sens sautillent!
Que j'en sois picoté !
L'obscurité infime
En sa tasse blanchâtre
Me porte aux cîmes
Du folâtre.

Ah, et un petit poème japonais ( je ne m'avancerai pas sur l'orthographe du nom, afin d'éviter de me faire lapider ^^ ) que j'ai griffonné sur un coin de feuille ce matin:

L'oiseau vert et bleu
Sur une branche enlacé
Te chante le jour.
De deux choses lune,
L'autre c'est le soleil.

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ParadisBlanc13
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Message par ParadisBlanc13 »

J'aime beaucoup tes poèmes Hatezard, très jolis, mélodiques, et interessants. De même pour Iphigénie, j'admire toujours autant tes mots.


Ewie a écrit :Faute : J'avoue que je n'ai pas vraiment compris ce que tu cherchais à dire dans ton poème, le Va, du coup, je n'ai pas vraiment accroché. Mais bon, j'imagine que pour ce genre d'écriture, ça dépend beaucoup de la sensibilité de chacun.
Je trouve, personnellement, qu'un poème avaec une part de mystère est toujours plus joli...
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Message par faute »

Ewie a écrit : Faute : J'avoue que je n'ai pas vraiment compris ce que tu cherchais à dire dans ton poème, le Va, du coup, je n'ai pas vraiment accroché. Mais bon, j'imagine que pour ce genre d'écriture, ça dépend beaucoup de la sensibilité de chacun.
Le Va est une allusion non fine aux vacances enragées qui dans leur cours propagent un sorte de folie furieuse et boivent, salées, les méduses crevées des bords de mer fumants à la chaleur débordante et presque bouillante. Les sens prenant vie sans contexte et dans l'ordre qu'ils veulent (si tant est évidemment qu'un sens puisse vouloir quelque chose de censé (ou non, d'ailleurs)), et les uns après les autres ou bien simplement en même temps, quasiment à l'unisson, si tu me passes l'expression, car il est clair que les sens ne sont pas unis les uns avec les autres. Soit. Mais je reviens à ce que je disais : l'Ira n'est pas une démarche subtile. Le Va est un état à un instant donné et peu importe demain, et peu importe hier, peu importe ce qu'il en sera ou ce qu'il en était, car le Va est Hors-Temps. Mais cela te fait sûrement penser aux chevaliers qui, en leur temps, bouffaient, sans se préoccuper des qu'en-dira-t-on, leurs chaussettes. Oui, tu as raison de penser à cela bien que ce n'est pas exactement à cela que personnellement je faisais allusion. En vérité, moi je songeais aux Poissons-Rien - tu sais, ceux qui boivent le vin par le nez - qui aux cours d'eau tranquilles préfèrent l'air sauvage et l'odeur sucrée des petites maisons de pieuvres mortes et éventrées. Ca te dit sûrement quelquechose - nous avons le même langage et par conséquent, le même Avant, même si le tien est quelque peu droit et le mien, tremblant - enfin je ne vais pas te raconter ma vie, cela me gêne et je suis sûre que tu me comprends. "Regarde, on dirait un serpent" -> cela n'est pas forcément rassurant, mais au moins l'on sait à quoi ça ressemble. Et ça, c'est apaisant. Enfin, je trouve.

Voilà, j'espère que tu as mieux compris... Si tu n'as toujours pas saisi, n'hésite pas à me faire part de tes questions - si tu en as - et je détaillerai mon propos, en essayant d'être plus prolixe.

@+
j'irai tuer les moulins à vent
tous !
DON QUICHOOOOOOOOOOOTTE !!!!!!!!

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Message par Ewie »

Euh... Rassure-moi... C'était une blague ?
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Hatezard
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Message par Hatezard »

Mais penses-tu que le Va peut se rapporter aux enfants enlacés d'une mémoire rapiécée et qui ne saurait être claire que par un temps d''abandon au vague-à-l'âme ? Car dans ce cas il s'agit aussi d'une sorte de trahison découragé d'un instant chût artistiquement tournée ( la trahison, évidement ) en un haussement d'épaule nonchalant, qui cache alors un manque de passion certain pour les relents à flash qui meublent nos soirées esseulées durant lesquelles se consument entre nos doigts de mortels bâtonnets... Mais ce n'est qu'une question, dont toi seul détient la réponse, faute...
Modifié en dernier par Hatezard le dim. 15 juin 2008, 18:19, modifié 1 fois.
De deux choses lune,
L'autre c'est le soleil.

J. Prévert in Paroles
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Shinryu
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Message par Shinryu »

Voici voilà pourquoi je n'apprécie que très peu le genre poétique. :-D
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