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Chris Weitz répond à vos questions pour MTV : :.
Vendredi 23 Novembre 2007 - 11:53:01 par Anne-Emmanuelle - Détails - article lu 1042 fois -

Le réalisateur de LA BOUSSOLE d’OR, Chris Weitz, répond à vos questions

Partie 2




Au vu de l'avalanche publicitaire, j'ai l'impression que le battage médiatique autour de l'adaptation des Royaumes du Nord commence vraiment ! Pour vous aider à patienter, chaque semaine sur MTV Movies Blog, Chris Weitz répond en exclusivité aux questions.


La semaine dernière, lors de la première partie du question-réponse, le réalisateur s'est montré exceptionnellement bavard. Cette semaine nous avons le plaisir de vous annoncer que Weitz continue sur sa lancée en revenant sur l'ampleur de l'implication de l'auteur dans la réalisation du film, la durée du film, ce qu'il a pense de la condamnation de son travail par la Ligue Catholique et bien d'autres choses.





QUESTION (de Kevin) :

La relation entre les daemons et les êtres humains semble assez résumée, je suis conscient qu'il s'agit d'une chose difficile à rendre au cinema étant donné que la narration n'y existe pas. Comment avez-vous fait pour aborder « le grand tabou » (c'est-à-dire le fait qu'un être humain ne touche jamais le daemon d'une autre personne) ou ce que l'on peut ressentir lorsque son daemon s'éloigne trop ?



REPONSE :

C'est une très bonne question. Elle met le doigt sur les problèmes que l'on rencontre lorsqu'il s'agit de retranscrire à l'écran les « règles » édictées dans un livre. Il est plus simple de lever toute ambigüité dans le roman au sujet de la relation entre les daemons et les Hommes puisqu'il suffit tout simplement de le dire, alors que les occasions de le faire avec élégance à l'écran sont beaucoup plus rares. Décrire les différentes facettes de la relation entre un personnage et son daemon est une opération compliquée car elles sont subtiles, et tenter de fournir des exemples pourrait détonner dans le film.



Je pense que la solution est de trouver la bonne occasion, au bon moment. Dans le film par exemple, Lyra explique qu'il y'a quelque chose « qui est pire que de toucher le daemon d'une autre personne avec ses propres mains » et à travers cette courte allusion, il est évident que c'est une mauvaise chose. Lorsque le Singe Doré attaque Pan, il ne fait pas que le blesser physiquement mais il l'entraîne également loin de Lyra, qui montre d'ostensibles signes de douleur psychologique, ce qui met une fois encore en avant le profond lien de symbiose qui blesse la blesse tant. Ironiquement, malgré mon inquiétude à ce sujet, les spectateurs ont tendance à comprendre de manière instinctive, juste à travers l'image, que perdre son daemon est une chose terrifiante pour un enfant, même si cet enfant ne présente aucune différence avec les enfants de notre monde. L'essentiel de l'effet passe à travers le jeu de l'acteur, ainsi que les réactions que le personnage inspire aux autres personnages autour de lui. Je me suis dit qu'il n'y avait nul besoin d'un maquillage pour restituer l'horreur de l'expérience.



QUESTION (de Brian) :

J'ai regardé les bandes annonces et j'ai remarqué que dans la toute première ainsi que dans celle de la Comic-Con, il était fait référence à l'aléthiomètre de Lyra en tant qu'aléthiomètre, mais dans les bandes annonces suivantes c'est le terme de boussole d'or qui est utilisé. Est-ce que ce changement a été effectué pour rendre les bandes annonces les plus compréhensibles possible ou toutes les références à l'aléthiomètre ont été changées en boussole d'or pour le film ? Si tel est le cas, avez-vous une explication à ce changement ?



REPONSE :

Le changement n'a été fait que dans les bandes annonces, afin de rendre le fil de l'histoire plus compréhensible. Dans le film, il est appelé aussi bien aléthiomètre que boussole d'or.



QUESTION (de Juan) :

Quelle a été l'implication de Philip Pullman dans la réalisation du film, et qu'en pense-t-il ?



REPONSE :

Philip était très impliqué dans la création du film, bien avant que je ne m'implique moi-même. Cela a été l'un des plus grands plaisirs de travailler sur le film, pas uniquement pour moi mais également pour Deborah Forte, la productrice, et pour Ileen Maisel, productrice exécutive à Londres, d'avoir l'occasion le connaître. Lorsque j'ai été presque sûr d'obtenir la place pour l'adaptation du script et la réalisation du film, j'ai envoyé un e-mail à Philip pour me présenter et pour lui donner une sorte de compte-rendu sur la manière dont je voyais le film. A ce moment-là, s'il n'avait pas été d'accord avec ce que je disais, je n'aurais plus eu aucune raison de continuer à faire ce film. J'étais entrain d'adapter le livre, qui s'avérait être l'un de mes préféré, et cela ne marcherait pas si, en regardant derrière moi une fois le travail terminé, je ne pouvais pas me dire que je l'avais fait de manière satisfaisante pour lui.



Par la suite, j'étais en contact avec lui à tout instant, habituellement via e-mail mais parfois en personne (pour visiter l'Oxford de Lyra par exemple, afin de voir à quoi cela ressemblait et comment Philip le voyait). Parfois c'était pour vérifier que ce que je faisais s'inscrivait dans la continuité des choses et d'autres fois pour lui demander des conseils quant à la manière de raconter l'histoire. Souvent nous explorions l'écriture de certaines scènes de fond en comble et il y a même certaines scènes que l'on doit presque entièrement à Philip, comprenant uniquement un peu de mise en scène de ma part. Philip est également venu à Shepperton pour voir le design choisi par la production et les costumes, et il est venu de nombreuses fois sur le plateau durant les prises. Je dois dire que je lui suis très reconnaissant pour le support qu'il a représenté pour les acteurs, plus particulièrement Dakota. C'est un homme très généreux et c'est dans cette optique qu'il fourni des indications sur sa manière de voir les choses. Habituellement, je fuis les rencontres avec mes héros parce qu'ils finissent toujours par décevoir, mais ma relation avec Philip s'est avérée très plaisante. Je pense que, grâce à sa bonté naturelle, il a compris combien je me souciais de coller au plus près des livres.



A ce sujet, comme pour la seconde partie de la question qui porte sur ce qu'il pense du film, vous devriez naturellement demander à Philip puisque toute réponse de ma part ne peut qu'être biaisée ; mais il semble qu'il soit satisfait du film et au vu de l'application que nous avons mis à restituer au plus juste l'esprit de l'histoire ; et plus spécialement, je pense, au fait que le film est vraiment et avant tout une histoire au sujet de Lyra.



QUESTION (de Edgar) :

Ma question concerne la musique du film. Comment cela s'est-il passé avec le compositeur, Alexandre Desplat?



REPONSE :

Cela a été un vrai plaisir de travailler avec Alexandre, non seulement parce qu'il est de très bonne compagnie mais églement parce qu'il est énormément talentueux. J'ai été présenté à Alexandre par Ileen Maisel, de New Line, qui avait travaillé avec lui sur Birth. Il était très sensible aux thèmes abordés par le livre et, plus important encore, par le fait que le livre soit vu essentiellement au travers de Lyra. Ce qui signifie que, en plus d'une grande orchestration destinée à aborder les thèmes cosmiques, il y avait également une dimension intime et enfantine à refléter au sein de l'histoire. Je pense que nous étions sur la même longueur d'onde en terme de références – c'est-à-dire qu'au-delà des wagneriennes imposantes qui caractérisent la majorité des oeuvres de fantasy, il devait y avoir une composante romantique, élégante plus inspirée à la fois de Satie ou de Ravel. Alexandre est un adepte du classique mais également imprégné de la composition classique de musique de films, et ce film lui offrait un très large canevas au sein duquel opérer. Je pense que tout le monde est au courant de son travail, de Birth à The Queen et Painted Veil l'année dernière réalisera qu'il mérite un oscar pour cela. C'est ce que nous espérons.



QUESTION (de HDM.org) :

Le potentiel du film à venir est sujet à controverse, principalement pour la raison erronée qui voudrait que le livre soit délibérément et fortement anti-religieux et que la finalité de la série soit de « tuer » Dieu. Plus concrètement, la Ligue Catholique a récemment publié un article très fervent repris dans de nombreux médias. Comment réagiriez-vous à cette accusation ; que Philip Pullman n'est que le messager de la grande cause athéiste et qu'il n'a pour unique but de toucher un maximum d'enfants avec son message anti-religieux ?



REPONSE :

Hey, joli site web. Bien, je suis d'accord avec vous. Je pense qu'accuser Pullman de vouloir « tuer Dieu » dans l'esprit des enfants ou de n'importe qui d'autre est infondée, et que cette accusion est fondée sur quelques passages très sélectifs, sortis de leur contexte d'origine. Je pense que Pullman est opposé à certaines façons de voir Dieu – c'est-à-dire, comme une raison de tuer les gens. Au vu de celà, l'institution qui ressemble le plus à mes yeux au Magisterium est le gouvernement Iranien. Je pense que c'est une honte que des gens réagissent à un film qu'ils n'ont pas vu en attaquant un livre qu'ils n'ont pas compris. Je pense également que A La Croisée des monde est l'un des livres les plus subtiles écrits durant ces 50 dernières années, d'autant plus qu'il est à la fois pour les enfants et pour les adultes, et que quiconque le lit avec l'esprit ouvert est capable de saisir le sens de la fin de la trilogie, s'il y en a une, qui est de faire l'apologie de la loyauté, la gentillesse et le courage de suivre son sens inné de la justice.



QUESTION (de Darren) :

Vous avez dit « Je ne serai pas impliqué dans une édulcoration des livres deux et trois » alors que Nicole Kidman déclarait « Je ne serait pas capable de faire ce film si je pensais qu'il était profondément anti-catholique ». Sans édulcorer le sujet principal des livres restants, comment proposez vous de jongler avec la sensibilité de Mme Kidman ?



REPONSE :

Je pense que votre question revient à se demander si les livres deux et trois sont anti-catholiques ou non. Certaines personnes, Bill Donahue de la Ligue Catholique par exemple, pensent qu'ils le sont. Moi non. Mon sentiment sur la manière dont certaines personnes ont appréhendé le contenu intellectuel et théologique de A La Croisée des mondes est qu'elles refusent de prendre en compte leur variété et leur subtilité. En regardant de plus près le protomythe derrière les livres 2 et 3, on comprend qu'il s'agit d'un Démiurge gnostique – un ange déchu qui s'auto-proclame Dieu et gouverne par l'oppression. Se servir de cette philosophie relativement obscure pré-Chrétienne pour construire un mythe n'est pas à mes yeux anti-catholique, pas plus qu'un film concernant un mythe grec ne le serait. Il s'agit de proposer une suite d'événement alternatifs dans un monde alternatif.



L'idée de "felix culpa" (concept déja présent dans Les Paradis perdus de John Milton NdT) – notion celon laquelle la chûte de l'Homme n'était pas une mauvaise chose mais une bonne chose – est également très importante. C'est un concept théologique médiéval, évoquant la chute comme une étape nécessaire à la venue du Messie. In His Dark Materials, la "felix culpa" est l'amour que Lyra porte à Will. Ainsi, je ne vois pas comment une idée serait plus anti-catholique que l'autre. Il est vrai que Pullman s'oppose aux dogmes et aux abus de la religion en terme de pouvoir politique, mais la critique des dogmes s'applique à une échelle bien plus large que le catholicisme ou toute autre religion ; et la dernière fois que l'Eglise Catholique a exercé un quelconque pouvoir politique remonte au Moyen-Age.



En d'autres termes, je pense qu'une adaptation fidèle de La Tour des anges et du Miroir d'ambre ne serait pas anti-catholique. Ce qui serait anti-catholique serait de s'égarer dans la voie qui mène à une attaque des croyances personnelles, c'est, je pense, ce que les gens croient parfois lorsqu'ils veulent appliquer leurs propres idées et comparent A La Croisée des mondes au film, alors qu'elles sont fondées sur des choses sorties du contexte du livre.



QUESTION (de Nakono) :

M. Weitz, qu'en est-il de la durée du film ? Est-ce que New Line projette de faire une autre trilogie de films de trois heures ? De quelle ampleur sont les coupes que vous avez dû effectuer dans le livre afin de ne pas dépasser votre limite de temps pour le film ?



REPONSE :

Bien, je pense qu'il n'y a pas de règle qui dit qu'un film issu d'une trilogie fantasy doit absolument être plus long que deux heures. Ma volonté a toujours été d'ammener le film à une durée d'environ deux heures. J'ai l'impression qu'il y a eu une sorte d'inflation de la durée des films qui a conduit à produire des films de trois heures et je pense que cela est dû au fait que chaque film dure plus longtemps que le précédent. Si New Line est intéressé, je pourrais faire une version de La Boussole d'Or plus profonde (et plus longue) ; je pense que cela serait d'un réel intérêt pour les fans du livre et les personnes qui aiment le film. L'idée était de raconter une histoire avec autant d'instants narratifs que possible, avec plus de moments pour souffler ou réfléchir ; Je pense que finallement on coupe et condense autant le roman pour faire un film de deux heures ou de trois heures.

Détails
Vendredi 23 Novembre 2007 - 11:53:01
Anne-Emmanuelle
Source : MTV
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