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Les mondes imaginaires, de Philip Pullman à Terry Pratchett :.
Samedi 17 Novembre 2007 - 12:36:41 par Haku - Détails - article lu 1012 fois -

Les mondes imaginaires, de Philip Pullman à Terry Pratchett

Amanda Craig se demande pourquoi les univers parallèles accrochent l’imagination


LES MONDES IMAGINAIRES connaissent un boom cinématographique grâce à la magie des images numériques. Et l’adaptation de la trilogie de Philip Pullman A la Croisée des Mondes promet d’être le plus grand des cadeaux.


Avec ses sorcières, ses ours parlants et ses daemons (âmes humaines visibles sous la forme d’animaux), la trilogie pourrait avoir autant de succès que Le Seigneur des Anneaux ou Harry Potter. Mais qu’est-ce qui a, dans la vision de Pullman, de J.R.R. Tolkien, ou de J.K. Rowling, non seulement gagné le respect de leur auteur mais également inspiré toute une génération? Pourquoi le monde de Lyra nous est-il convaincant ? Pourquoi est-ce l’inverse avec le monde de Christopher Paolini ? Et pourquoi les auteurs construisent d’autres mondes quand le monde réel et si intéressant et complexe, et quand les enfant auraient besoin d’en savoir plus sur l’Histoire et la géographie?


Sally Gardner, auteur lauréate de I, Coriander, pense que ceci est une histoire de confort. Son héroïne échappe à une cruelle belle-mère puritaine en vivant dans le monde de Faerie alors qu’elle est enfermée dans un coffre, en ressortant pour triompher de son adversaire alors qu’elle est depuis longtemps présumée morte. “Les mondes imaginaires sont le terrain de jeux de l’imaginaire. Ils permettent à l’enfant ou au jeune adulte d’explorer des choses qui les inquiète ou les préoccupe le plus, sans provoquer de mal ou sans les mettre en danger”, explique-t-elle.


Harry Potter — et le héros masculin de Pullman, Will — se sauvent dans des mondes parallèles quand ils font face à des situations intenables ou au danger. Et si Lyra et Will se séparent et retournent dans leur propre monde, certaines des nouvelles oeuvres de fantasy les plus intéressantes ont des protagonistes qui refusent de quitter le Pays Imaginaire.


“Oui, nous avons besoin de cet ‘autre chose',” considère Pullman. “Pourquoi ? Peut-être car dans un monde complètement inventé on peut exagérer les choses et en isoler certaines sur lesquelles on souhaite écrire, pour qu’elles ressortent plus clairement — comme je l’ai fait avec le pouvoir religieux dans A la Croisée des Mondes”.


Les mondes imaginaires réussis posent de complexes questions sur l’identité et les choix moraux. Une critique récurrente est qu’ils sont trop manichéens — il n’y a pas de bons Orcs chez Tolkien. Mais les récents auteurs sont plus sophistiqués; dans le monde de Rowling, les bons personnages se transforment souvent en les mauvais, et vice versa. Les personnages de Pullman sont encore plus ambigus, Lyra est égoïste, ses ambitieux parents se sacrifient finalement pour elle; mais il n’y a pas de prêtres ou de none inoffensive.


L’idée du monde parallèle (que ce soit le Paradis, l’Au-delà, ou Faerie) est aussi vieille que le conte de fée lui-même, et le rendre original fait partie de la chose.


L’un des romans les plus imposants en fantasy cette année, Incarceron de Catherine Fisher, présente un monde qui n’est qu’une prison, absorbant et régénérant la matière morte. La magie des féeries futuristes d’Eoin Colfer doit autant à la technologie qu’aux sortilèges; les magiciens de Rowling sont édifiés par ce que les “Moldus” ont réussi à faire sans la magie. Le héros de Sally Prue dans The Truthsayer, qui voyage depuis un monde magique jusqu’au nôtre, est sidéré par notre liberté. Voir notre propre monde au travers de leurs yeux nous permet de réaliser ce qui est spécial dans le nôtre.


La découverte des différences représente une grande part de l’intérêt de tout cela. Le Disque-Monde, de Terry Pratchett, qui ne se contente pas de faire un parallèle de notre monde, mais y ajoute une satire, est passé à la modernité quand l’infrastructure sociale de Ankh-Morpork est réclamée. (Le plus récent des livres, Making Money, introduit les notions de flux et de banques). Quand Tolkien regardait en arrière vers les grands actes et la chevalerie, les auteurs contemporains comme Pratchett, Colfer et Rowling examinent le présent. La grande auteur de fantasy Ursula Le Guin suggère une vaste histoire dans Le Sorcier de Terremer , là où se sont enlisés de moins bons auteurs.


Pour qu’un lecteur tombe amoureux d’un monde imaginaire, l’endroit ne doit pas simplement avoir des marées dépendant de deux lunes ; cela dépend plutôt des personnages et de l’intrigue. Diana Wynne Jones, l’une des plus douée et talentueuse auteur de livres pour enfants, a écrit le Tough Guide to Fantasy Land en 1996, s’amusant des idées éculées des costumes médiévaux et des superstitions. Cela n’a nullement arrêté des auteurs tels que Robin Hobb, Colfer ou Rowling de suivre de tels archétypes, mais ils les ont renouvelés.


Mal menée, la fantasy est plus risible que tout autre genre, peut-être car la frontière entre le courage héroïque et l’idiotie est particulièrement fine. Le Succès ne se limite pas à une question de consistance (Tolkien était désespéré de voir C.S. Lewis introduire des mythes chrétiens tels que le Père Noël dans un monde de créatures fantastiques). Un auteur doué sait rendre magique l’anodin et le magique anodin. Nous croyons à tout ce qu’ils nous racontent car la magie ultime est de nous faire croire que ce qu’ils nous racontent est vrai.



Détails
Samedi 17 Novembre 2007 - 12:36:41
Haku
Source : Times Online
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