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Rencontre avec Simon Reade
Entretien avec Simon Reade
10 décembre 2008
Simon Reade

Du 10 décembre 2008 au 10 janvier 2009 est jouée à Londres une adaptation théâtrale du roman de Philip Pullman datant de 2005, L’Epouvantail et son Valet, ou comment un épouvantail ayant pris vie et son valet vont vivre de folles et rocambolesques aventures aux détours des chemins qu’ils emprunteront. La pièce se joue au Southwark Playhouse, à quelques pas de la Tamise, sous la houlette de Simon Reade, un homme de théâtre qui avait déjà porté sur les planches la version de Philip Pullman de l’histoire d’Aladin, Aladin et la lampe merveilleuse.
Cittàgazze a eu la possibilité d’entrer en contact avec Mr. Reade pour lui poser un certain nombre de questions par e-mail. Ce dernier a généreusement et très gentiment répondu à celles-ci, à la veille de la première de la pièce qu’il a lui-même adaptée, produite et mise en scène.


Cittàgazze : En premier lieu, pourriez-vous vous présentez brièvement ?
Simon Reade : Je suis producteur, metteur en scène et adaptateur. J'ai été directeur artistique du Bristol Old Vic ainsi qu'agent littéraire et dramaturge auprès de la Royal Shakespeare Company où j'ai débuté en tant qu'adaptateur sur Les Contes d'Ovide de Ted Hughes et sur Les Enfants de Minuit de Salman Rushdie. A Bristol j'ai produit de plus en plus d'oeuvres pour les enfants et leur famille et mes propres adaptations ont compris La Chouette qui avait peur du noir, de Jill Tomlinson, Soldat Peaceful de Michael Morpurgo, Les Aventures d'Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll et Aladin et la lampe merveilleuse, de Philip Pullman. Plus important, je suis père de quatre enfants.

Cittàgazze : L'Epouvantail et son valet est un roman assez scénique dans sa façon de décrire les personnages et les situations. Etait-ce cette raison qui vous a poussé à l'adapter
Simon Reade : J'ai choisi de l'adapter en premier lieu et avant tout car j'étais emballé par le rythme, l'allure et les aventures que contenait cette histoire. J'aimais aussi l'éventail de personnages hauts en couleurs que nos deux héros rencontraient en chemin. Et j'étais attiré par le côté picaresque – la façon dont une scène s'enchaîne avec la suivante, ce qui est communément admis comme difficile à mettre en scène, mais (comme pour Alice et Les Enfants de Minuit) je voyais comme une succession d'obstacles et de complication augmentant constamment les enjeux.

The Scarecrow and His Servant
Cittàgazze : Etait-ce un atout de tenir à la fois la triple casquette d'adaptateur, producteur et metteur en scène ?
Simon Reade : Non ! Selon mon expérience, il est toujours meilleur pour un adaptateur d'avoir une contribution cloisonnée dans le processus créatif. Quand le metteur en scène en moi commence à travailler pendant les répétitions, l'adaptateur reste en dehors de tout ça. J'aime à travailler en collaboration avec différentes imaginations; et j'ai limité celles-ci dès lors que j'ai endossé ces rôles multiples, Quant à être producteur, avec des implications financières dans le projet, je dois prendre toutes sortes de décisions relatives au financement (comme la durée des répétitions) qui seraient inacceptables en tant que metteur en scène !

Cittàgazze : Comment sont joués l'épouvantail et les personnages tels que les oiseaux ? S'agit-il d'acteurs ou de marionnettes, comme c'était le cas pour les daemons dans l'adaptation d'A la Croisée des Mondes ?
Simon Reade : Pas de marionnettes, mais des acteurs à l'apparence d'oiseaux – les personnages de Bernard le Merle ou les Vautours, par exemple, son essentiellement humains, il est donc question de trouver les qualités et caractéristiques humaines avant tout. Ils vont ensuite être habillés d'habits humains mais avec des éléments animaux – ainsi, Bernard a un sweat à capuche noir et une casquette de base-ball orange en guise de bec, mais également des bandes plastiques qui battent comme des ailes d'oisillon sur ses épaules.

Cittàgazze : De nombreux livres de Philip Pullman ont été adaptés au théâtre : A la croisée des Mondes, J'étais un rat !, et en plus de L'Epouvantail et son Valet, vous aviez adapté Aladin. Qu'est-ce qui rend ses livres si prompts à être adaptés ?
Simon Reade : Je pense que nombre d'auteurs à succès de littérature jeunesse ont un grand sens de l'aventure, un instinct pour la mise en scène de haute volée et une imagination joueuse – tout ce qui est essentiel pour le théâtre destiné au jeune public. En plus de cela, l'écriture de Philip soulève des questions au point de vue intellectuel et je pense que les enfants aiment ce genre de stimulation. Les adultes aussi aiment que leur imagination d'enfant soit réveillée. Ensuite, beaucoup dépend de l'adaptation – certaines adaptations des oeuvres de Philip ont eu plus de succès que d'autres : La Magie de Lila par exemple a bien marché parce que présentant une excitante production. Mais Philip est un artiste du mot si bien qu'un adaptateur doit égaler ses qualités littéraires tout en les transformant en une pièce de théâtre excitante de son propre cru.

The Scarecrow and His Servant
Cittàgazze : Comptez-vous adapter d'autres oeuvres de Philip Pullman?
Simon Reade : J'aimerais bien adapter d'autres oeuvres de Philip – j'ai commencé à écrire des scénarii pour des films et des projets d'animation et je pense que ses oeuvres conviennent pour réinventer ces genres.

Cittàgazze : Pouvez-vous nous parler du processus d'adaptation de ces livres ? Etait-ce difficile ? Qu'est-ce qui était le plus motivant ?
Simon Reade : Ce n'était pas difficile. Je bourdonnais d'idées. Ceci est notamment du au fait que j'écrivais alors que je vivais à Chennai, au sud de l'Inde tandis que ma famille était impliquée dans un volontariat dans un orphelinat. Je pense qu'une part de l'anarchie et de la joie de vivre dans la société indienne est partagée par l'histoire. Ainsi, quand il me fallait réinventer des éléments de l'histoire de Philip pour en faire du théâtre, je pouvais écrire sur ce monde déjanté dans lequel j'étais absorbé. Et bien sûr, je suis immergé dans un monde d'enfants sur une base quotidienne, et il y a une part de ma voix d'enfant de sept ans qui est présente dans la pièce.

Cittàgazze : Est-ce que Philip Pullman a joué un rôle dans le processus d'adaptation ? Quelle a été votre relation avec lui ?
Simon Reade : Il a participé – en premier lieu en donnant son accord et sa confiance – puis en lisant les brouillons dans leur version initiale et celle des répétition, et en offrant des commentaires d'ordres généraux (sur le rythme, sur la psychologie des personnages) et bien plus détaillés (sur la direction de la scène du Juge par exemple). Philip n'a pas assisté aux répétitions – je pense qu'il était occupé, les délais étaient courts, et il nous faisait confiance pour nous en sortir en tant qu'hommes de théâtre. Il sera présent pour la présentation à la presse.

Cittàgazze : Quels sont les moyens en jeu pour une telle pièce (acteurs, techniciens, décors)?
Simon Reade : J'ai écrit la pièce pour cinq acteurs : Epouvantail, Jack, Cercorelli et deux acteurs jouant tous les autres rôles. Elle pourrait être jouée bien sûr par une bien plus large distribution. Puis j'ai collaboré avec un compositeur et parolier qui a aussi assuré le poste de dramaturge et metteur en scène associé, un décorateur très encourageant, un éclairagiste aussi vif que calme, un ingénieur du son intuitif, un chorégraphe bon vivant, un régisseur expérimenté et un assistant metteur en scène plein de modestie. Nous jouons dans une salle de périphérie [de Londres, NdT] avec un petit noyau de techniciens, mais ils ont un régisseur qui a été excellent, Nous avons enfin fait le spectacle avec une équipe dévolue d'étudiants en stylisme qui ont fait des merveilles.

Cittàgazze : Quel est le public cible pour L’Epouvantail et son Valet ? Organisez-vous des représentations pour les écoliers ?
Simon Reade : Oui, nous jouons pour les écoles. Nous recommandons la pièce pour les élèves de 11 ans et au-delà et j’espère que les familles de tous âges vont venir partager ensemble le spectacle. J’écris pour tous les ages à la fois, sans être condescendant envers les enfants ni entendu avec les adultes, leur permettant à tous d’expérimenter et ressentir tout à la fois, peu importe leur âge.

Cittàgazze : Pour approfondir ce point, comment gérez-vous une pièce destinée aux enfants ? Est-ce différent d’avec les adultes ?
Simon Reade : C’est différent dans la mesure où vous devez laisser derrière vous une partie de la logique tranchée de ce qu’on appelle le monde adulte – et en même temps vous pouvez être moins littéraire et moins monotone, car l’imagination des enfants peut apprécier le flux créatif de l’imagination théâtrale. Mais en fin de compte, j’aimerais que les pièces que je créé pour les adultes (une pièce de Pinter par exemple) soient approchées de la même façon.

The Scarecrow and His Servant
Cittàgazze : Quel succès attendez-vous de ces représentations ?
Simon Reade : Il nous faut remplir 50% de ventes de billets (40 représentations dans une salle de 150 places) pour rentrer dans nos frais. Notre acompte représente environ 20% et la salle m’a assuré qu’on était dans les chiffres attendus, mais qu’on dépend de la publicité générée par le bouche-à-oreille et les critiques positives.

Cittàgazze : Un mois avant la première, comment se déroulent les répétitions ?
Simon Reade : J’écris ceci le matin même de la répétition générale et de la première. Les répétitions se sont bien passées. Le plus grand défi a été de travailler avec personnes très inventives et talentueuses qui avaient des processus créatifs tellement divers et variés que parfois je me demandais si il n’aurait pas été plus utile de les voir répéter chacun séparément dans des salles différentes !

Cittàgazze : Y a-t-il eu nombre de changements apportés au cours de ces répétitions ? Par exemple, est-ce que les acteurs apportent beaucoup d’idées ?
Simon Reade : De nombreux changements interviennent et continuent à intervenir. C’est ainsi que je travaille – je n’ai pas toujours les meilleures idées – et quand d’autres personnes apportent des idées en répétitions on travaille avec elles. Certains acteurs trouvent ceci difficile – changer plutôt qu’affiner notre base de travail, et peuvent ne pas aimer cette apparente facilité avec laquelle leur metteur en scène change d’avis; mais d’autres apprécient l’imprédictibilité à tester de nouvelles choses tout le temps. Ce qui est génial pour un adaptateur est que les acteurs mettent vraiment à l’épreuve la sincérité des dialogues et ainsi se sont produites un paquet de réécritures utiles tout au long du processus.

Cittàgazze : Pour finir, que diriez-vous pour convaincre quelqu’un de venir voir L’Epouvantail et son Valet ?
Simon Reade : C’est marrant. C’est loufoque. C’est différent de tout autre spectacle que vous pourrez voir pour Noël. Et je peux vous garantir que vous serez ravi – satisfait ou remboursé !

Tickets : www.southwarkplayhouse.co.uk


The Scarecrow and His Servant
THE SCARECROW AND HIS SERVANT
Du 10 décembre 2008 au 10 janvier 2009
Southwark Playhouse
Shipwright Yard (A l’angle de Tooley St. & Bermondsey Streets)
Londres
SE1 2TF
Tel: 020 7407 0234
Fax: 020 7407 8350
Email: admin@southwarkplayhouse.co.uk
Site officiel

Equipe artistique
Mise en scène, adaptation et production : Simon Reade
Musique & Paroles : Chris Larner
Décors : Tom Piper
Eclairages : Johanna Town
Son : Andrea J Fox
Chorégraphie : Fran Newman

Acteurs
Andrew Pepper (Epouvantail)
Finn Hanlon (Jack)
Mark Leipacher
Oliver Senton
Stephanie Street

La pièce vue par la presse britannique
ThisisLondon.co.uk (3/5)
TheStage.co.uk
London-Se1.co.uk
Financial Times
Oxford Times
Times Online (2/5)
Southwarknews.co.uk


Nous tenons à remercier Messieurs Reade et Smyrnios pour nous avoir accordé cette entrevue et fourni les photos de la pièce présentées sur cette page.

Cette interview a été réalisée par Cittàgazze. Si vous souhaitez l'utiliser, partiellement ou en totalité, merci d'informer vos lecteurs qu'elle provient de Cittàgazze.com et d'ajouter un lien vers nous. Pour plus d'informations, vous pouvez nous contacter à webmaster@cittagazze.com
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