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Il était une fois à Oxford - Rencontre avec Philip Pullman

English version

Il était une fois... à Oxford
Samedi 25 Août 2007
Philip Pullman

Cittàgazze était à Oxford dernièrement. Nous avons eu la chance de rencontrer Philip Pullman devant l'Ashmolean Museum en un bel après-midi chaud et ensoleillé. C'est autour d'un verre (ou d'une tasse) que nous nous sommes installés pour discuter et réaliser une petite interview.

Sitôt installé, l'auteur s'est empressé de sortir de son sac ce qu'il avait reçu par la poste le matin même : les livres qui accompagneront la sortie du film. Tandis que nous feuilletons ces ouvrages, il nous confie ses impressions et informations sur le film, actuellement en cours de montage. Malgré que l'on évoque déjà les suites dans la presse, elles ne sont pas réellement d'actualité. On comprend qu'elles restent conditionnées au succès du premier film. La fin du film est très importante, car elle doit clore l'histoire tout en laissant une ouverture pour pouvoir y ajouter les deux suites. Mais le but essentiel reste de faire un bon film qui plaise au public. Mais à propos du film, Philip Pullman y-a-t-il participé ?

Philip Pullman : Je me suis investi dans le film, non pas officiellement en tant que producteur, mais ils m'ont envoyé des choses, ils m'ont demandé mon opinion, mon conseil. J'ai écrit quelques scènes, j'avais pas mal à faire. Et mon impression est que les décors, les costumes et le design passent très bien. L'interprétation est brillante, et pour ce qui est de l'histoire, ce sera à la monteuse de gérer ça. On ne sait jamais. (rires)

Cittàgazze : Et avez-vous agi pour avoir Nicole Kidman parmi les acteurs ?
PP : Oh oui, quand j'ai vendu les droits pour la première fois il y a dix ans, celle que j'envisageais dès le début était Nicole Kidman pour jouer Marisa Coulter. C'est un personnage complexe. Elle est parfaite, magnifique, elle est vraiment bien. Et elle est belle, bien sûr. C'est une incroyable actrice, il suffit qu'elle hausse un sourcil, et l'ambiance devient glaciale. Fantastique, vraiment merveilleuse. C'était une actrice très importante à récupérer pour le film. Cela a pris du temps, mais finalement elle a accepté.

Daniel Craig est... superbe ! Je l'ai vu dans beaucoup de films auparavant, je savais que c'était un bon acteur. Quand il a commencé le film, il n'était pas une grande star, mais en novembre dernier, Casino Royale a soudain fait de lui une superstar. Et ça a joué sur la crédibilité du film : soudain, il n'y avait non pas seulement Nicole Kidman, mais il y avait aussi James Bond ! Et ça a changé les choses.

Dakota, elle était bien sûr inconnue. Il était important qu'elle n'ait jamais joué. L'expérience qu'on a des enfants acteurs, c'est qu'ils sont trop bons, qu'ils sont trop doués, qu'ils ont trop de pratique, et nous on voulait quelqu'un de plus timide, de plus sauvage, "sauvage" [NdT : en français la seconde fois]. Elle est parfaite, extraordinaire. Ils ont fait des auditions, quatre en tout, et il y avait 10.000 fillettes, et ils ont mis sur DVD les cinquante ou soixante meilleures. J'ai regardé ce DVD et elles étaient toutes bonnes, mais celle-ci était parfaite mais trop jeune, celle-là trop vieille, celle-là était idéale mais avait une voix criarde, la voix de la suivante était bonne mais elle louchait [Pullman louche volontairement]. Elles étaient toutes bien, mais la meilleure était Dakota. Tout le monde a été immédiatement d'accord. Elle a eu le rôle, nous étions très chanceux.

Citt : Quand je l'ai rencontré à Shepperton, je me suis tout de suite dit « C'est Lyra ».
PP : Oui, pas de doute. Au cours de la première semaine de tournage, elle tournait une scène avec Nicole Kidman. Nicole Kidman était terrifiante. Très froide, très forte, très semblable à Madame Coulter. Et la pauvre petite Dakota était terrifiée, comme elle devait l'être. Mais il était intéressant de voir qu'au fur et à mesure que le film avançait, elle gagnait de l'expérience, qu'elle se développait en tant qu'actrice. Daniel Craig l'a beaucoup aidée aussi car il voyait qu'elle était nerveuse, et avant de tourner la première scène avec elle il lui a dit: «  Viens, sautons un peu ». [Philip Pullman simule les deux acteurs sautant] Elle l'a fait et a perdu sa nervosité. Daniel Craig est un acteur très vigoureux, très physique, athlétique, très généreux émotionnellement, et elle s'en est servi. Elle est très bien dans cette scène parce qu'il l'a faite rire. En fait, tous les acteurs l'ont aidée car ils ont vu qu'elle avait un rôle difficile. Tout tourne autour d'elle.

Citt : Et pour ce qui est de Sam Elliott, il colle plutôt bien...
PP : Eh bien, Sam est magnifique. Je ne le connaissais pas avant, je ne l'avais pas vu jouer. Mais le rôle de Lee a été le plus simple à régler. Beaucoup d'acteurs auraient pu jouer Lee. Kavin Bacon ! Samuel Lee Jackson, aussi, pourquoi pas un Lee noir ? Je l'avais suggéré. Il aurait pu être très bon. Mais Chris Weitz est venu avec Sam, et il est simplement exceptionnel, brillant ; toute la distribution est magnifique, et les effets spéciaux... J'ai toujours eu conscience du risque avec cela. Quand il y en a trop, trop d'imagerie, trop de numérique... Et quand ils ont dû gérer une scène avec plein de monde dessus, ils sont venus me voir. La question était de savoir quoi faire avec les daemons. S'ils avaient tous des daemons, tout le temps, ç'aurait été ridicule, un vrai zoo, avec autant d'animaux ! Je leur ai dit que ce n'était pas utile de toujours les montrer. Ils peuvent être cachés dans une poche, endormis, ou au ras du sol. On ne les voit pas toujours. Ils ont appris au fur et à mesure. La meilleure façon de travailler est encore une question de visuel.

Citt : Vous êtes souvent considéré comme un auteur de littérature jeunesse ou de fantasy. Lisez-vous souvent des œuvres de ces genres ?
PP : La première chose à dire est que je n'ai pas lu Harry Potter. J'ai rencontré JK Rowling, je l'apprécie et j’ai beaucoup de respect pour ce qu'elle a fait. En fait j'ai lu un Harry Potter, le second, mais pas les autres. Peut-être un jour, mais je n'y connais pas grand chose. Je lis en ce moment un livre que je trouve vraiment bon. Je crois que l‘auteur est Canadien, Kenneth OPPEL, le livre s’appelle Fils du ciel. C’est un roman dans un monde proche du nôtre, avec de gros ballons et des zeppelins, c’est une histoire très prenante. Je l’apprécie. Concernant les livres de fantasy, il y a deux auteurs anglais que j’apprécie. La première est Diane Wynne Jones, elle est très bonne, et l’autre est Eva Ibbotson, elle est très douée, c’est une auteure très intéressante et réfléchie. Je l’aime beaucoup. Il y a tant de grands auteurs que je n’ai pas le temps de lire…

Citt : Aviez-vous un livre ou un auteur préféré dans votre enfance ?
PP : Oh oui, plusieurs même. L’un d’eux est l’auteur finlandais Tovë Jansson. Elle a écrit des livres de fantasy sur les Moumines. J’aimais aussi l’auteur allemand Erich Kästner. Il a écrit un livre, Emile et les Détectives qui fut un gros succès dans les années 1940. Je ne suis pas si vieux, mais mes parents devaient l’avoir. J’aimais aussi Tintin, d’Hergé. Non pas Astérix, car c’est sorti quand j’étais adulte. Je connaissais Tintin enfant, et Astérix plus tard. Et j’aimais aussi des livres non destinés aux enfants : Sherlock Holmes (Arthur Conan Doyle), James Bond (Ian Flemming)…

Citt : On voit souvent des enfants tuer dans vos livres. Y a t-il une raison à cela ?
PP : C’est une histoire d’aventures, de vie et de mort. C’est une histoire où des choses dangereuses arrivent, tragiques parfois. C’est dur, c’est même impossible de faire une histoire où tout le monde est gentil, heureux et où tout se passe bien. Vous ne pouvez pas. Will est le héros de l’histoire, il ne tue que quand il le doit. Il déteste ça. C’est un combattant très réticent, mais qui se bat quand il le faut.

Citt : Parlons désormais d’A la Croisée des Mondes. Nous avons une question concernant la ‘jolie femme’ daemon dans Les Royaumes du Nord
PP : C’est une erreur ! [rires]

Citt : Dans Rencontres avec Philip Pullman, il est dit que vous aimiez à inventer des histoires étant enfant. Les avez-vous réutilisées pour vos livres ?
PP : Non, c’était juste pour l’expérience de raconter des histoires, sans histoire plus particulièrement. J’aimais démarrer avec une idée quelconque et voir où cela me mènerait. J’aimais cela, c’était excitant. J’étais heureux, j’ai voulu garder cette sensation, mais pour ce qui est des histories, j’ai oublié, je ne sais plus.

Citt : Le nom de John Parry est-il une référence au nom de l’explorateur du Pôle, ou aux noms de John Milton et Idris Parry ?
PP : Non, pas du tout. Critiques et lecteurs aiment à relever ce genre d’influences, mais ce n’est pas volontaire. Si vous regardez ce panneau de bois [il désigne le siège], vous pouvez y voir n’importe quoi, des flèches, c’est à l’imagination du lecteur. Idris Parry ? Oh, ce doit être la même chose !

Citt : En ce qui concerne la version française, l’avez-vous lue ?
PP : Un petit peu, pas en entier, mais assez pour en être content. C’est bien fait. Malheureusement, c’est la seule langue outre l’anglais que je puisse lire. Les trente-huit autres traductions, je ne sais pas de quoi elles ont l’air. Je viens de vendre les droits pour des versions en hindi et en malayala. C’est un dialecte du centre de l’Inde. Ce doit être la quarantième langue, et je ne peux pas la lire.

Citt : A propos du Book of Dust, est-ce vraiment une suite d’A la Croisée des Mondes ? Est-ce un roman ou de courtes histoires ?
PP : Ce sera un livre indépendant, dans un sens; une histoire sur Lyra quelques années après la fin de la trilogie. Lyra a seize ou dix-sept ans. Ca commence à Oxford avec certains des personnages mais seulement certains. C’est une histoire différente, et non pas une suite ou une continuation. Mais ce sera cependant sur la Poussière. J’ai écrit, j’ai essayé de le finir pendant longtemps mais le film est arrivé et j’ai fait d’autres choses aussi. Je finis juste un court livre qui sortira au printemps, en mars ou en avril au Royaume-Uni. Cela s’appellera Once Upon a Time in the North [NdT : Il était une fois dans le Nord], et parlera de Lee et Iorek. Quand on les rencontre pour la première fois avec Lyra, Lee n’est pas si vieux, il a cinquante, soixante ans peut-être, quelque chose comme ça, et ils se connaissent depuis longtemps. Je voulais écrire une histoire sur la façon dont ils se sont rencontrés dans leur jeunesse, et je viens de l'écrire. Je fais un petit livre comme Lyra et les Oiseaux [NdT : prononcé en français], avec des bonus. Je travaille là-dessus, sur un jeu. Ce fera partie du livre et ça va paraître l’an prochain. Et du coup, The Book of Dust a ralenti, ralenti, ralenti…

Citt : Beaucoup de nos membres voudraient en savoir plus sur Will…
PP : Eh bien, peut-être un jour. Lyra et les Oiseaux [NdT : prononcé en français] était rouge sombre, Once Upon a Time in the North sera bleu sombre, il reste donc un livre vert. Ce sera le livre de Will. Eventuellement.

Citt : Parlons si vous le voulez-bien des adaptations. Vous avez été adapté au théâtre, à la radio, au cinéma, à la télé. Est-ce que ces adaptations n’interfèrent pas avec votre vision de votre propre œuvre ?
PP : C’est une question intéressante. Ce serait sûrement le cas s’il n’y avait eu une qu’une adaptation. Mais il y a eu beaucoup de Lyra, je ne sais plus combien : celle de la radio, celle de l'audio-book, celle qui a joué la première fois au théâtre, Anna Maxwell Martin, celle de la seconde série de représentations, Dakota... cela en fait déjà cinq. Et chaque Lyra donne une particularité, un quelque chose [NdT : en français] à mon idée de Lyra. J'ai déjà dit que Dakota était la plus proche, Dakota est quasi-parfaite. Mais toutes les autres ont aussi apporté quelque chose de spécial. L'actrice qui jouait sur les planches au National Theater, la première fois, Anna Maxwell Martin, était juste merveilleuse. Elle était adulte, elle avait 24 ou 25 ans, mais parce que c'était bien écrit et bien mis en scène, le tout était complètement convaincant. C'était une merveilleuse actrice. J'ai été chanceux avec autant de Lyra, j'ai été chanceux car elles étaient toutes très bonnes, toutes très douées. Elles auraient pu être mauvaises, ça a beaucoup aidé.

Citt : Aimeriez-vous apparaître dans un des films adaptés de vos livres ?
PP : Comme Hitchcock ? Oh non, surtout pas. J'ai pris plaisir à enregistrer les versions intégrales des audio-books. J'ai vraiment apprécié. Je faisais la narration et j'avais des acteurs qui jouaient les différents personnages et ça se passait très bien, et une fois encore, ils étaient très bons. Mais je ne suis pas un acteur.

Citt : Quelques questions plus spécifiques maintenant. Quelle histoire pourriez-vous raconter à Ailes Gracieuses ?
PP : [rires, puis silence] Tomber amoureux. La première fois que je suis tombé amoureux. [silence] Je m'en souviens très bien, j'étais à l'école, j'avais douze ans. Notre professeur était absent pour une raison quelconque si bien que ma classe, des garçons et des filles, nous avions du aller nous asseoir avec une autre classe dans le grand hall de l'école alors que le professeur de musique allait faire répéter un morceau. Et les deux classes étaient mélangées. C'est une après-midi d'automne. Le soleil brillait au travers des grandes fenêtres, et on devait rester là et être calme. Et le chant a commencé. C'était le plus beau morceau que j'avais jamais entendu; et je ne savais pas ce que c'était, jusque bien des années plus tard, quand j'ai écouté Les Noces de Figaro, de Mozart et l'aria Voi Che Sapete. Je ne sais pas si vous connaissez, Voi Che Sapete chanté par le Chérubin, un jeune page qui demande aux Anciens ce que c'est de tomber amoureux. « A quoi cela ressemble ? Allez, je ne sais pas ! Je veux savoir ! » Ceci dit, je n'avais pas reconnu Mozart car c'était chanté ni en Italien, ni en Anglais, mais en Gallois, car j'étais alors dans le Nord du Pays de Galles.

Et donc ce chant était le plus beau possible, innocent et pourtant très curieux, un chant très sensuel, un chant extraordinaire. Et une musique reposante. Et il est advenu, comme cela, que la lumière vienne se poser sur les cheveux d'une fille dans la classe. Elle était fine, et je ne la connaissais pas. Et alors, c'est arrivé. Elle n'était pas blonde, mais elle ressemblait à Brigitte Bardot... La jeune Brigitte Bardot ! [rires] Et j'ai regardé. Le soleil est venu se poser et briller sur ses cheveux alors que la musique commençait. Et je suis tombé amoureux, comme ça. Mon cœur... J'aurais voulu qu'elle soit dans ma classe ! Voilà, je parlerais à Ailes Gracieuses de cela, et aussi des autres fois où je suis tombé amoureux; mais celle-là était la plus intense, ça l'était du fait de cette musique superbe, et si vous ne connaissez pas, c'est l'aria Voi Che Sapete, chantée par le Chérubin, dans Les Noces de Figaro.

Citt : Allez-vous quelques fois sur les sites consacrés à vos livres ?
PP : Pas vraiment, ça demande trop de temps. Je n'utilise Internet que pour les mails, quasiment rien d'autre. J'ai ce site dont quelqu'un s'occupe pour moi, mais je n'écris pas... Je devrais. Mis à part cittagazze.com, il y a bridgetothestars.net, hisdarkmaterials.org ; il y en a un en Israël, et sûrement d'autres, je ne sais pas. Peut-être qu'il y en a un dans le monde de Lyra...

Citt : Vous vous étiez impliqué pour la cause des canaux d'Oxford. Quelle est la situation actuelle ? Nous avons vu des palissades autour du chantier naval...
PP : Oh oui, il y avait un petit chantier naval où on pouvait réparer les péniches, les soulever et les amarrer. Aux dernières nouvelles, la compagnie qui a acheté le terrain pour y faire des maisons et des appartements doit demander le permis au conseil municipal en premier lieu, mais ils ne l'ont pas encore eu; ils l'attendent encore. Les propriétaires des bateaux sont venus me demander de l'aide, et j'ai été honoré de le faire; mais je n'habite pas près du canal mais ailleurs : je ne vois pas ces lieux tous les jours. Vous êtes allés le long du canal, oui ? Vous avez donc vu la palissade : avant elle était couverte de fils de fer barbelé et de gros projecteurs. C'était terrible, on aurait dit un camp de concentration fasciste. C'était disgracieux... Je ne sais pas ce qui va arriver. J'espère que les propriétaires de bateaux auront quelque chose, il faudrait qu'ils aient tout ce qu'ils veulent. Ils ont besoin d'un endroit pour réparer leurs bateaux, ça tombe sous le sens...

Citt : Y a t-il une question que l'on ne vous a jamais posée et que vous aimeriez vous voir posée ?
PP : Non, je ne crois pas qu'il y ait de question qui ne m'ait jamais été posée, j'ai eu le droit à toutes les questions possibles, sauf peut-être celle sur Ailes Gracieuses, qui était bien.

Citt : Nous aimerions désormais vous soumettre un quizz de dix questions à courtes réponses, posées par Bernard Pivot dans une émission de télévision littéraire : quel est votre mot favori ?
PP : Cascade
Citt : Quel est le mot que vous aimez le moins ?
PP : Slug [NdT : limace en français]
Citt : Quelle profession autre que la vôtre auriez-vous aimé exercer ?
PP : Illustrateur. J'aimerais dessiner. Je le fais déjà un peu, mais j'aimerais tout le temps, car quand je dessine, je peux écouter de la musique, ce qui est impossible quand j'écris.
Citt : Quelle profession ne voudriez-vous pas exercer ?
PP : Enseigner. J'ai été enseignant. Plus jamais ça !
Citt : Qu'est-ce qui vous inspire ?
PP : Les rythmes. Dans la rue à côté, il y a des percussionnistes africains. Ils sont vraiment bons, je me suis arrêté pour les écouter. Les rythmes de tous types, le jazz, la musique classique aussi.
Citt : Qu'est-ce qui vous coupe l'inspiration ?
PP : Les rythmes. Les rythmes au mauvais moment. La musique quand je veux écrire. Mon fils aîné a 35 ans, c'est un musicien professionnel, il joue du violon. Quand il était petit et qu'il s'entraînait, je ne pouvais pas écrire à cause du son. Il jouait bien, je ne pouvais qu'écouter. Je ne pouvais pas écrire une ligne à cause du son. Bref, la musique m'inspire ou pas, c'est quand je veux écrire...
Citt : Quel est votre son préféré ?
PP : Le vent dans les arbres.
Citt : Quel est votre son que vous haïssez ?
PP : [fait crisser ses doigts contre le mur, en souriant]
Citt : Quel est votre juron préféré ?
PP : Fuck.
Citt : Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous l'entendre vous dire quand vous arriverez au Paradis ?
PP : Je prends ma retraite. Tu prends la relève ?

Une fois cette interview terminée, il nous restait un peu de temps pour parler du site, de nos métiers/études, de nos passions... Répondant à Max, qui joue du hautbois et de la guitare électrique :
"La musique est la chose la plus merveilleuse. Quand j'étais jeune, j'ai beaucoup déménagé et je n'ai jamais eu de piano. C'était mon rêve le plus cher que d'en avoir un. Mais je n'en ai jamais eu en enfance, et je faisais de la guitare. J'ai toujours ma première guitare, et j'en ai quatre ou cinq autres. Ainsi je faisais de la guitare, mais je n'ai jamais appris le classique, même si j'aurais beaucoup voulu. Je vous envie donc."

Philip Pullman était également très intéressé de savoir comment nous avions découvert la trilogie :
PP : C'est toujours intéressant de savoir comment les gens découvrent la trilogie. Car, vous le savez, à la publication du premier tome, c'était classé en littérature jeunesse. Et pendant trois ans, seuls des enfants l'ont lu. Mais ils ont du dire à leurs parents : « Papa, Maman, vous devez lire ce livre », et les parents l'ayant lu ont du voir leurs amis « Oh, c'est vraiment bien ». « Je ne lis pas de livres pour enfants ». « Essaye malgré tout », et ainsi de suite. A la sortie du second livre, je m'en souviens, j'ai vu l'effet car quand je parle dans des conférences ou dans des festivals, j'observe le public : après le premier livre, il n'y avait que des enfants ; avec le second il y avait quelques adultes ; avec le dernier tome, c'était moitié enfants, moitié adultes. C'est comme cela maintenant je crois. Et je reçois aussi bien des lettres d'adultes que d'enfants. C'est un mélange, et c'est ce que j'ai toujours voulu je crois.

Citt : Cela continuera sûrement avec le film ?
PP : Si le film est bon. Si le film est mauvais... pssssh ! [simule un avion qui s'écrase avec sa main] Si le film est bon ! [La suite prononcée en français:] Peut-être... Mais je crois que c'est pas mal !

Citt :Peut-on vous poser une question difficile ? Certains fans s'insurgent du fait que Nicole Kidman a les cheveux blonds...
PP : Ah ça... Quand j'ai décrit au début Mrs Coulter, je l'ai toujours vue avec les cheveux blonds. Je crois que c'est une autre erreur ! Je crois qu'elle a vraiment les cheveux blonds. En fait [il ouvre les albums du film et montre les personnages qu'il évoque] Dakota est blonde, sa mère est blonde, Daniel-Craig est blond-roux. C'était mieux si... Quoi qu'il en soit, c'est mieux ainsi. [Il nous montre le profil de Nicole Kidman] Elle est parfaite, elle est magnifique. Je suis très content.

Citt : Concernant le Papillon Tatoué, le tournage va démarrer ?
PP : Je ne sais pas où ils tournent, mis j'ai vu le script qui est très bon. Ils ont bien travaillé. Le réalisateur vient des Pays-bas, d'un site néerlandais je crois. Hisdarkmaterials.org ? Non, c'est bridgetothestars.net. Je ne m'en rappelle plus. Mais il y a un jeune Néerlandais, et la compagnie qui produit le film est hollandaise. Ils travaillent bien. [signant le Lyra et les Oiseaux de Nef] Jean Esch ! Il a très bien traduit.

Après avoir accepté de dédicacer quelques-uns de nos livres, notre entrevue a pris fin avec une photo devant l'entrée du Musée et quelques conseils de restaurants à Oxford. Il s'en est ensuite allé car il a encore du travail sur The Book Of Dust. Nous avons été enchantés par cette rencontre et nous espérons que ce compte-rendu vous a satisfait et appris de nouvelles choses.

Nous tenons à remercier Gallimard-Jeunesse pour nous avoir mis en contact avec Mister Pullman, Rey et la soeur de max pour les corrections, le passant qui nous a pris en photo et bien sur Philip Pullman lui-même pour nous avoir accordé cette entrevue.


Cette interview a été réalisée par Cittàgazze. Si vous souhaitez l'utiliser, partiellement ou en totalité, merci d'informer vos lecteurs qu'elle provient de Cittàgazze.com et d'ajouter un lien vers nous. Pour plus d'informations, vous pouvez nous contacter à webmaster@cittagazze.com
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