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  Les mystères de la science

John et Mary Gribbin

Les mystères de la science

Détails :
  • Sortie : 28 octobre 2004
  • Titre original : The science of Philip Pullman's His dark Materials
  • Traduction : Jean Esch
  • Editeur : Gallimard Jeunesse
  • Prix editeur : 9€
  • 177 pages

 
SCIENCE : UNE TRES BREVE INTRODUCTION, par Philip Pullman

   La science est une des choses (avec la musique) qui me fascinait à la maison, et qui m'ennuyait à l'école. Comme beaucoup d'enfants qui ont grandi dans les années 1950, je lisais chaque semaine ce formidable magazine de bandes dessinées qui s'appelait Eagle et qui racontait les aventures de Dan Dare et de son ennemi, le Mekon. Une des rubriques que je préférais, c'était celle sur la science, qui parlait des inventions comme le radar, la fission nucléaire ou la propulsion des fusées ? Il y avait un personnage de bande dessinée nommé "Professeur Brittain", une sorte de savant génial, qui expliquait toutes ces choses à un garçon et à une fille aux yeux écarquillés. J'absorbais tout cela avec voracité.

   Et puis il y avait les visites au musée de la Science de South Kensington. C'était, et c'est toujours, un endroit merveilleux ! Les cellules photoélectriques et les machines à calculer, les poulies, les ondes radio... tout ça. C'était synonyme d'enthousiasme, d'émerveillement et de stupéfaction ; cela voulait dire aussi que tout était possible, que l'univers était immense et rempli de choses excitantes à découvrir.

   Alors, pourquoi n'aimais-je pas la science à l'école ?    Peut-être pour la raison suivante : bien que grand amateur de science, je ne suis pas, foncièrement, un scientifique. Je suis un conteur.

   Un véritable scientifique se passionnerait pour le sujet en soi ; moi, je crois que j'aime la science pour les histoires qui l'accompagne. Lorsque c'est trop compliqué, je renonce ; les mathématiques sont pour moi un calvaire, mais dès que le Professeur Brittain se met à expliquer la gravitation, le rayonnement nucléaire ou la manière dont le système solaire s'est formé, je suis envoûté.

   Je crois que beaucoup de gens sont comme moi : ils aiment qu'on leur parle d'une chose qu'ils ne peuvent pas faire. Ceux d'entre nous qui adorent lire des textes sur la science vivent à une époque bénie. Ces dernières années, on a vu apparaître une importante vague d'excellents écrits scientifiques ; désormais, on trouve facilement des ouvrages sur la géologie, l'évolution, la physique, les manipulations génétiques et toutes sortes d'autres sciences, brillamment écrits et aussi passionnant qu'un roman policier.

   Parmi les meilleurs auteurs scientifiques contemporains figurent Mary et John Gribbin. J'ai lu un grand nombre de leurs livres, j'ai assisté aux cours de John, j'ai appris énormément de choses grâce à eux. Quand j'ai su qu'ils avaient l'intention d'écrire un ouvrage consacré à la science dans A la croisée des mondes, je me suis senti aussi flatté que si Dan Dare m'avait invité à voyager dans sa fusée.

   Mais je me suis demandé ce qu'ils allaient pouvoir dire... Car il n'est pas question de science dans ce roman, finalement. Il est question de Lyra, de Will, de Mme Coulter, de Lee Scoresby, de Mary Malone et de tous les autres personnages ; et bien que j'aie essayé d'introduire un peu de science, sans commettre d'erreurs, elle est là surtout comme toile de fond, comme une sorte de décor destiné à l'histoire.

   Prenez l'idée des mondes parallèles. Nombreux sont les écrivains qui ont utilisé cette idée, bien qu'elle ne s'accompagne pas toujours d'une explication scientifique. Au début de Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Carroll, Alice quitte son monde, le nôtre, pour aller dans un autre. Les Chroniques de Narnia de C.S. Lewis fonctionnent exactement de la même manière. Je n'ai donc pas été très original en utilisant cette idée de départ.

   Ce que j'ai essayé de faire, c'était de ne pas commettre d'erreurs ; non pas pour des raisons scientifiques, mais dans l'intérêt du récit. Lyra découvre l'existence d'autres mondes quand le daemon de la sorcière lui en parle. Ce que j'ai voulu faire dans ce passage, ce n'était pas expliquer qu'il existe d'autres mondes, mais transmettre au lecteur le sentiment de mystère et d'inquiétude qui s'empare soudain de Lyra. Et dans La Tour des anges, quand Will traverse l'étrange fenêtre sous les arbres pour pénétrer dans la cité de Cittàgazze, je voulais que le lecteur éprouve, non pas une conviction logique, mais un sentiment d'émerveillement. Comme vous le voyez, le but est différent.

   Malgré tout, je le répète, j'ai essayé de ne pas commettre d'erreurs. Dans le cas des mondes parallèles, j'ai lu tout ce que je pouvais sur ce sujet ; j'ai assisté à une conférence de David Deutsch, un scientifique qui a effectué de nombreuses recherches dans ce domaine, et bien que je n'aie pas compris grand-chose, j'espère avoir réussi à retenir suffisamment d'informations pour que le lecteur ait le sentiment que le décor était solide et qu'il ne risquait pas de s'écrouler si quelqu'un s'appuyait dessus. Je crois que quand vous êtes convaincu par une partie de l'histoire, vous êtes plus disposé ensuite à croire le reste. Je ne suis pas en train de dire que c'est vrai, bien évidemment ; on sait bien que ce n'est pas vrai. Mais on se dit que ça fonctionne. J'appliquais toujours le test suivant : "je ne sais pas beaucoup de choses sur ce sujet, mais j'en sais un peu, et si je lisais ça dans un roman, aurais-je l'impression que l'auteur en sait au moins autant que moi et qu'il n'est pas complètement idiot ? "

   De nombreuses personnes bien plus érudites que moi dans le domaine scientifique ont lu cette trilogie et n'y ont pas trouvé, j'espère, trop de raisons de s'insurger. Parmi ces personnes se trouvent les Gribbin et le résultat de leur lecture est ce livre. La première fois que je l'ai lu, j'étais extrêmement impressionné par mon intelligence. Puis je l'ai relu et je me suis aperçu que si je n'avais pas écrit trop de bêtises, c'était grâce au travail de gens comme eux, qui m'avaient expliqué ces idées difficiles - et bien d'autres - avec autant de clarté et d'habileté.

   Les véritables scientifiques, tout comme les fans de science, trouveront ici toutes sortes de choses qui les raviront. Et si mon histoire en est à l'origine, nul ne sera plus heureux que moi.

Texte original de Philip Pullman en introduction au travail de Mary et John Gribbin
Traduction de Jean Esch pour Gallimard Jeunesse


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