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Cittàgazze in London


Sam Elliott est arrivé après Dakota et s'est installé nonchalamment sur sa chaise pour répondre à nos questions à sa manière : tranquillement. Sam était d'ailleurs un des seuls acteurs accessible très facilement en dehors des rencontres prévues.

(Rires et sourires quand Sam entre)
(Commentaires de l’auditoire: "Alors ce n’est pas une perruque ?")
(Réponses inaudibles, salutations d’un ami dans la presse)

Comment ça va à Chicago ?
Oh, le midwest...il y fait froid.

Vous étiez donc en Hongrie quand ils filmaient? Elle (Dakota) parlait juste de trois mois là-bas et -
(L’auditoire l’arrête et dit que Dakota parlait d’un autre film)
Je suis allé en Hongrie. Tourner pour ce film. Il le sait. (Amusé) Nous y sommes allé car elle y était et qu’elle ne pouvait aller à Londres pour le faire, on est donc allé à elle.

C’était donc comme faire de nouvelles prises?
Une nouvelle scène.

C’était la dernière scène en ballon?
Non, c’était une scène à mi-chemin du film, quand j’étais avec Iorek dans le ballon et que nous disions "Nous la ramènerons" après que nous l’avoir perdue.

Pouvez-vous nous parler du travail avec elle ? C’est une jeune actrice et c’est son premier gros film.
>Elle a fait ce que vous voyez à l’écran. C’était un plaisir de travailler avec elle, elle est enchanteresse, elle a tout fait à treize ans et c’est assez spectaculaire de voir ceci se faire chez une jeune enfant. Elle a une mère super, une parent seule, et elle assure bien. Dakota est équilibrée et elle travaille dur, elle n’est pas précieuse, elle prend son rôle sérieusement. Elle était la gamine idéale pour ce rôle. Elle a toute la force qu’a Lyra Belacqua.

Comment ça vous a fait que votre personnage, un cow-boy, finisse dans un univers parallèle ?
Assez bizarre, non? Je ne sais pas, d’un certain point de vue c’était très étrange mais au niveau personnel, j’étais le seul américain à travailler sur le film.

Mis à part le réalisateur.
Oui, mais il a été éduqué à Oxford. Mais donc arriver là et travailler avec des gens comme Tom Courtenay et des gars que j’admire depuis le tout début de ma carrière, c’est incroyable, vous savez. Je n’aurais pas d’autre occasion de travailler avec quelqu’un comme Tom, jamais. Le revoir sur une scène de théâtre, ce sera l’approche la plus restreinte que j’avais eu de lui.. C’est un cadeau incroyable de pouvoir venir ici et faire cela. C’est aussi très bizarre, venir et faire ce film avec tous ces Européens et jouer un bon vieux type de Western (rires). Je l’ai joué pendant quarante ans. Je l’ai fait avec un uniforme militaire ou avec une combinaison de motard ou dans des fripes de cow-boy mais c’est toujours le même genre de personnage.

Pourquoi cela, Sam?
Ils ont un esprit, le même, le même genre de personnages. Je ne sais pas ce que c’est, si c’est de la force intérieure ou une liberté, ou autre chose, mais c’est sûrement un peu des deux.

Mais aviez vous un lien avec le cow-boy avant de commencer à jouer au cinéma?
Oui, mais pas quelque chose de profond. Enfin, en terme d’héritage familial je veux dire. Mes parents venaient tous deux du Texas et leurs parents sur une poignée de générations aussi du Texas. Je suis pour ma part né en Californie, ils ont déménagé en Californie un an avant ma naissance. Mais j’ai toujours eu beaucoup d’affinités pour le genre qu’est le Western.

N’en avez-vous pas marre, pensez-vous "Pourquoi ils ne me trouvent pas d’autres rôles?"
Oui, il m’arrivait de faire ça, mais écoutez, après quarante ans, vais-je changer ma carrière, et après tout, je suis chanceux d’en avoir une. J’ai 63 ans, j’ai les mêmes cheveux qu’à 20 ans. Je suis un homme chanceux.

Pensez-vous qu’il y ait une différence entre les acteurs américains et anglais?
Entre quoi?
Entre les acteurs américains et anglais ?
Oui, pensez aux acteurs anglais, puis allez à l’ouest. Le prochain arrêt, c’est New York. C’est une question de légitimité de jeu, pas de jeu de cinéma. Je voulais être acteur dès l’enfance, Je voulais être acteur de cinéma, pas de théâtre. Vous voyez ce que je veux dire ? Je n’avais pas assez de sous pour aller étudier à New York ou aller à Londres. Il y a des moments dans ma carrière où j’aurais aimé l’avoir fait, où j’avais ce background.

Et si vous n’aviez pas eu ce background comment auriez vous commencé?
J’avais la vision d’un tunnel. Je voulais être dans l’industrie du film. J’ai commencé comme figurant sur un film nommé "The Way West" quand j’allais à l’université d’Oregon, à Eugene, Oregon.

Que pensez-vous des films de fantasy et de science-fiction ?
Je ne pense pas qu’il y ait une place pour eux. Dans le monde actuel, ceci dit.

Ce n’est donc pas votre dada ?
Ce ne l’a pas été. Ce ne l’a sûrement pas été. Ces dernières années avec Ghost Rider et Hulk. C’était vraiment le premier film de ce genre. Mais vous savez aujourd’hui quand on parle de succès, on parle d’argent. C’est ce vers quoi tout est tourné désormais, et ces trilogies, ça marche vraiment bien, c’est très fiable. Et malheureusement, ou heureusement, je pense que c’est involontaire que ce soit ceci qui mène à cette situation. Mais vous savez, ce qui fait les films, ou ce que font les films, c’est ce qui va se faire.

Avez-vous signé pour des suites?
Ils ne vous feront pas faire le premier si vous ne vous impliquez pas dans les suites.

Est-ce bon pour un acteur?
En théorie. Ces paramètres sont fixés dans le deal initial. Donc vous savez que vous rempilerez pour le second. Mais si cela arrive soudainement, on ne peut pas renégocier. Le bon truc pour moi, c’est que j’avais un job pour les deux prochaines années. C’est un luxe que j’ai rarement. Je ne sais pas d’où viendra mon prochain emploi. Il y a toujours une insécurité sur laquelle on se risque, c’est comme penser que chaque job sera votre dernier... jusqu’à ce qu’un nouveau ne se profile.

Avez-vous été engagé uniquement car Chris a lu le livre et dit : "Sam Elliot est celui que je veux pour ce rôle"
Oui
C’est plutôt cool.
Comment peu-ton dire non à cela? Je ne connaissais pas les livres de Pullman, je connaissais le travail de Chris. J’ai eu quelques coups de fil ; avec lui après avoir lu le script. En le lisant la première fois, j’ai pensé "Wow, quel aventure". Je pensais que c’était incroyable, et je n’étais pas très sûr, car le rôle était assez restreint – très restreint comparativement parlant. J’ai parlé avec Chris alors qu’il était en plein dans la pré production à Londres, et je n’allais le voir que si je faisais le film. Chris m’a dit quelques petites choses. Il m’a comparé à Scoresby, faits du même acabit, et il a parlé de Scoresby comme un "cow-boy américain classique, laconique, d’une icône", (rires) et que j’étais " le seul gars pour le rôle, et l’unique gars pour jouer ce rôle". Et ce quelqu’un vous dit que dans ce milieu ce n’est qu’évincements et insécurité et ce gars est le réalisateur qui va diriger un film à 250M$, ou quelque soit le prix qu’ils y ont mis. Et ils vous veulent vraiment pour le rôle "Je ne pense pas, Chris?" (inaudible) Je suis content d’être là vous savez. Je suis venu six fois pour ce projet cette année. En un an, c’est plus de fois que je ne suis venu en Europe au cours de ma vie (rires).

Qu’y faites vous?
J’aime ça. J’aime Londres. J’y trouve un tas de trucs différents.

Vous avez dit que les acteurs étaient différents. Les gens le sont-ils?
Je les trouve un peu plus ouverts, un peu plus funs. Je ne veux pas dire, je suis venu ici en 1978 pour un film et Londres était bien plus ouverte qu’aujourd’hui. Je vous plein de gens qui regardent leurs pieds. Personne ne veut vous regarder dans les yeux. C’est pareil partout, le monde est différent.

Quel était ce film en 1978?
Psychose phase 3.
Avec Katharine (Ross)?
Oui, exactement.

Avez-vous lu les livres de Pullman? Oui, je les ai lu immédiatement, Je les ai lu alors que les négociations étaient en cours. Je me souviens d’avoir appelé mon agent un dimanche après-midi et lui dire "Ecoute, je viens de finit le second livre la nuit passée et j’en ai été réduit à pleurer, ne laisse pas ça passer." J’étais très sérieux sur ce point. Je n’aurais pas appelé et passé ce coup de téléphone. Je ne m’implique pas dans le jeu de l’argent. Je ne veux pas m’y impliquer. Je dirai oui ou non mais pour une question de travail. Je l’accepte, mais ne veux pas être impliqué dans ses rouages.

Vous attendez donc le prochain livre de Pullman, "Once Upon a Time in the North", parlant du passé de Lee Scoresby et Iorek
Oui, c’est assez intéressant. Bien sûr, comment pourrait-il en être autrement ? Savoir que celui qui a écrit ces livres ai suffisamment pensé à moi – ou à la relation entre ces personnages pour revenir en arrière et parler des premiers évènements. Je suis très excité à cette idée.

Combien de jours de tournage avez-vous eu, car c’est original de vous voir dire que ce fut un travail difficile -
Pas beaucoup, mais ce n’était pas un travail pénible. C’était dur quand j’étais sur place. Enfin, tendu. Mais qu’appelle-t-on des films durs ? Faire des films ? J’ai travaillé dur pour gagner ma vie, ce n’est pas un travail difficile.

Dakota en a parlé et les gens parlent souvent du travail avec les écrans verts -
Eh bien, pour Dakota... Dakota était tout comme dans un camp de travail, bonté divine, A parler de travailler dur, elle était là tous les jours. A aller et venir de l’école. C’est comme vous voir assis dans la chaise de maquillage, et voir tout ce bazar, vous êtes impliqué là-dedans si vous êtes réveillés. Dakota était tout le temps en mouvement. Elle se fait maquiller, elle est sur le plateau, elle repart à l’école, elle revient au plateau, retourne à l’école, sans arrêt. Elle avait ses assistants personnels tout le temps avec elle qui la transportait d’un endroit à l’autre. Pendant toute la durée du tournage. Et moi je volait avec mon ballon à air chaud.

(inaudible – question concernant les calendriers)
Oh, ils s’en moquent. Ils me payent si peu, que ça ne coûte pas de billet d’avion. C’est un truc qui arrive sur ce genre de projet car normalement – je vais faire mon sale commentaire – normalement, ils vous bloquent un créneau réfléchi auparavant, vous amènent là, et se débarrassent de vous. Quand on a le budget que ces gars dépensent, ils n’étaient plus à ça près. Vous voyez ce que je veux dire ? Il s’agissait que ça se passe bien pour la production.

Vous dites que vous avez travaillé dur pour gagner votre vie, Sam? Je pense que cela ne concerne pas votre vie d’acteur, et me demande ce dont il s’agit.
Oui, j’ai creusé des fossés. Je creusais des fossés pendant des années pour gagner ma vie. En arrivant à Hollywood, je faisais partie d’un syndicat.

(début de question inaudible) Nous avons parlé de The Big Lebowski, et dit qu’il était tout le temps arrêté -
Je ne peux pas dire ce que ça lui fait.

Est-ce fun, ou est-ce douloureux?
Vous savez pourquoi c’est drôle ? C’est car le film est ce qu’il est. Tout y devient culte. A chaque fois que quelqu’un m’en parle, ça me fait sourire et je suis fier d’en avoir été. Les frères Coen sont tellement incroyables. Travailler avec Jeff (Bridges), Jeff e moi sommes du même âge, j’ai quelques années de plus que lui. Mais Jeff a réussi partout, et je suis allé voir tous ses films. Et j’ai aimé avoir l’opportunité de le connaître un petit peu mieux. Ceci m’a mené à Manipulations que vous avez déjà évoqué. Vous en avez assez d’être enfermé dans votre boîte. Oui, j’en avais assez, mais j’en suis arrivé à un point de ma vie où mieux vaut être enfermé dans une boîte que de ne rien faire, ou d’une boîte en pin ou d’autre chose (rires). Vous voyez ce que je veux dire?

La version finale de La Boussole d’Or, sa version définitive, l’avez-vous vue?
Oui, la semaine passée.
Et c’était comment ?...
Je pense que c’est une épatante réussite. Je pense qu’ils ont eu de la chance que toutes ces personnes soient impliquées dans le projet. Même les gens du studio. Et je ne dirais pas cela des gens du studio en temps normal.

(Rires) Normallement, c’est un problème ?
Les costards. Vous voyez ces gars en costards et les costards s’assoient toujours en se demandant pourquoi vous dépensez l’argent que vous dépensez. Ces gens étaient profondément impliqués, et mettaient la main à la pâte. Ils ont été encourageants. Si bien que c’était sympa. A la fin ça paiera pour eux je pense.
Qu’est-ce qui vous attend, le savez-vous?
Je n’en ai aucune idée. J’aimerais savoir, j’aimerais. Je vais rentrer à Portland et emmener voir ma mère voir ce film. Ma mère a 92 ans aujourd’hui. Elle est à Portland, Oregon, et moi je suis ici et je vais rentrer pour l’amener voir le film.

Elle va bien ?
Elle va bien. Elle vit seule, et conduit toujours. Elle va bien.
Allez-vous l’appeler ? Bien sûr que je vais le faire.

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