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Cittàgazze in London


A quel point étiez vous impliquée dans la création du film, et notamment au moment où Chris a quitté le projet?
J’étais sur ce projet bien avant que tout ceci n’arrive.

Dès la publication des livres ?
Oui, avant qu’ils ne soient publiés. J’ai lu le manuscrit du livre original, Les Royaumes du Nord et j’ai été impressionnée par l’histoire, Philip est le conteur d’histoire qui se dévore. Si vous le rencontriez, vous seriez immédiatement épatés car il aime à raconter n’importe quelle histoire. J’avais posé une option sur les droits du premier livre et il m’a alors dit que ce serait une trilogie. Si bien que j’ai attendu quelques années de plus jusqu’à ce qu’il la finisse et j’ai alors commencé à penser au film.

Vous a-t-il demandé de ne pas démarrer le film avant cela ?
Non, il ne l’a pas fait. Mais il m’a dit qu’il ne savait pas trop où il allait, qu’il n’en avait qu’une idée. Et c’est pour cela que j’ai pensé qu’il était plus prudent d’attendre et de voir la direction prise par l’histoire.

Comment voyiez-vous l’histoire du point de vue cinématographique ?
Je la trouvais cinématographique dans tous ses aspects. C’était grand, épique, ça avait de l’envergure. Ca avait ce que tout producteur recherche, je pense, quelque chose d’entièrement unique mais entièrement racontable. Et l’invention des daemons c’était exactement cela. Chaque enfin, chaque adulte rêve je crois d’avoir un compagnon d’âme. Quelqu’un de si proche d’eux qu’ils ne sont jamais seuls. Cette idée d’avoir une personne, quelque chose dans votre vie qui vous comprend tout le temps et vous aime, est, en fin de compte, le daemon. Mais ça a été fait d’une façon si originale et visuelle, d’une façon si intéressante visuellement : choisir des animaux pour représenter cela était une idée de narration géniale.

Comment dans le livre (inaudible) et pourquoi choisir Chris comme réalisateur?
Je crois qu’il y a un paquet de challenges. Par chance, la technologie a rattrapé l’imagination de Philip. Je pense qu’en fin de compte c’est bien que cela ait pris tant de temps à faire le film car le film si le film avait été fait il y a six ou huit ans, je ne pense pas que la technologie aurait pu donner vie aux challenges des daemons et des ours, de les rendre réels dans le cadre de la narration. Car ils aident les acteurs dans le film, ce ne sont donc pas vraiment des effets spéciaux, même si vous savez que cela en est. Je ne sais pas combien parmi vous ont vu le film -

Tout le monde l’a vu.
Je me demandais juste si en vous impliquant dans ce projet vous vous doutiez qu’il y aurait cette controverse autour du film, l’accusant d’être anti-catholique, ou athée ou quoique ce soit. Pourquoi avoir fait ce film ? Je ne me souviens pas que Le Seigneur des Anneaux ait connu ce genre de chose...
Je crois que ce que j’ai pensé, et je pense que le studio l’a également pensé même si je ne veux pas parler en leur nom, c’est que c’était une histoire géniale. Et quand vous demandez à des fans ce qu’ils aiment dans l’histoire, 99% disent qu’ils aiment l’originalité du monde que Philip a crée, qu’ils aiment les personnages. Oh, j’aime Lyra, j’aime Iorek, j’aime Lee, ou qui que ce soit, Serafina. Ils ne m’ont jamais dit "Je l’aime car cela explore ce thème, et que ça présente ce point de vue". Il est rare que j’entende cela. Il y avait une raison de faire le film, c’est parce que c’est un grand divertissement.

N’avez-vous jamais pensé, car on sait que vous avez changé des thèmes du film, en minimisant la religion. Malgré la controverse, ce n’est pas dans le film. Avez-vous envisagé "Peut-être devrait-on l’inclure, on aura une polémique de toute façon".
Je pense que ce n’était pas une décision consciente, de l’inclure ou non. Quand j’ai entamé le processus, j’ai demandé à Philip s’il avait quelque conseil pour nous, pour faire du livre un script. Il a répondu "Oui, concentrez-vous sur Lyra, ne vous égarez pas dans un paquet d’autres choses que vous pourriez dire dans ce film, restez centrés sur Lyra. C’est son histoire. Si vous restez sur elle, si vous racontez toute son histoire, si le public la comprend et l’apprécie, elle et son histoire, alors vous aurez réussi".

En respectant ces conseils, cependant, en tant que productrice, étiez-vous nerveuse à l’idée de trouver la bonne Lyra et de travailler ensuite avec une inconnue ?
Eh bien, nous étions tous un peu nerveux à ce sujet. Mais si vous prenez comme modèle le personnage des livres, elle démarre de façon très naïve, à sa manière. Audacieuse et naïve comme beaucoup d’autres enfants dont l’univers est restreint, et qui sont plein de certitudes sur leur univers, l’univers extérieur et les défis. Et elle gagne son statut d’héroïne, elle commence fondamentalement à grandir. Et je pense que quand nous avons compris ce que nous voulions, Chris a été fermement résolu sur le fait que – je suis sûre qu’il vous en a parlé – qu’il nous fallait une inconnue. Et le studio nous a approuvé car nous pouvions trouver une enfant qui pourrait faire évoluer le personnage.

La fin du film présuppose, bien sûr, qu’il ne sera pas commercialement un succès. Et j’espère réellement que ce sera un succès, mais on ne sait jamais...
C’est vrai.
Etiez-vous consciente de cela et avez vous discuté avec New Line d’avoir un final qui pouvait nous transporterait et donner pour le public n’ayant jamais lu le livre une fin qui ne dise pas qu’il y aurait une suite?
Je crois que nous avons pris la décision après mûres réflexions, de mettre fin au film là où nous pensions que l’histoire devait s’arrêter dans le film. Et nous nous sommes engagés dans une discussion avec Philip, elle-même intéressante, dans laquelle il a été dit qu’il ne fallait pas faire de grand moment de suspense sans lui donner de réponse. Et il faut penser à une situation pour votre héroïne. Et je crois que nous pouvions réussir à finir l’histoire là où elle finit. Ce dont nous voulions nous assurer, c’était de ne pas modifier l’histoire, simplement la terminer plus tôt.

Journaliste 1 : Mais ce n’était initialement pas prévu, vous aviez initialement filmés les trois dernières chapitres du livre.
Journaliste 2 : Les deux derniers, les deux.
Il y avait tant à prendre dedans. Il y a tant de choses qui arrivent dans ces deux derniers chapitres. Et si vous voulez avoir le temps, si vous voyez ce que je veux dire, et Chris devrait en parler car c’était vraiment sa décision avec une grande implication de la part de Philip. Mais au final on veut juste raconter l’histoire que l’on doit raconter en y restant fidèles. Et on a vu qu’on voulait avoir le temps dans le film que le public apprenne à connaître Lyra, Lee... Il y a beaucoup de gens dans ce film qui apparaissent pour la première fois. Et il y a un bon paquet d’informations pour les gens qui n’ont pas lu les livres que l’on doit faire accrocher au film. Vous savez, c’est un sacré travail que de réussir ces 400 pages d’installation du décor en prévision des 620 autres à venir. C’était assez énorme.

A quel point avez vous été surprise de voir que New Line voulait – si j’ai bien compris le prix dépensé oscille entre 175 et 200M$. Entre Harry Potter et quelques uns des autres films de fantasy, ce sont des livres populaires dans le monde entier, y compris aux USA. J’ai un fils de 12 ans qu’il n’a jamais entendu parler de ces livres auparavant et il a tous les livres de ce genre. J’essaie de comprendre, étiez-vous surprise, et quelle est l’importance de l’enjeu d’un film comme celui-ci ? Comptiez-vous sur la qualité du produit ou espériez-vous que les gens le découvrent ?
Je trouve juste surprenant de voir le nombre de gens qui ont lu livre. Je l’ai peut-être été. Je connais vraiment une jeune personne qui n’a pas aimé les livres. Mais presque toutes les jeunes personnes qui ont lu les livres les aiment vraiment. Ce sont un genre d’histoire différent. Et j’ai eu le sentiment qu’il était désormais question des livres, le premier est paru il y a 12 ans. Et Philip n’a pas eu de nouveau livre publié aux USA depuis un bout de temps. Ici, et ailleurs dans le monde, même aux USA, les ventes sont très solides, le livre a été un best-seller aux USA. Mais il y a différents degrés dans les best-sellers, et ça couvre un spectre assez large. Et je pense que c’est sur la force de l’oeuvre, pas nécessaire sur ce que qu’elle représentait que la décision a été prise.

Etiez vous inquiète de la décision du National Theater de faire une adaptation théâtrale?
Non. J’ai pensé que ce serait un exercice génial dont on pouvait apprendre car on savait que cela se ferait avant que le film ne se fasse. Et ils avaient leur propre lot de challenges et Philip a été assez impliqué dans tout ceci. Et on a maintenu le dialogue tout du long. Et en premier lieu, c’est la scène du National Theatre c’était donc plutôt génial. Et en second lieu c’était joué devant un public qui en grande majorité aimait les livres. C’était donc un excellent test à voir pour nous, ils avaient le challenge inverse, de faire de façon très simpliste de part la nature de l’expression théâtrale, il y a des limitations au théâtre. Et nous avions l’autre opposé, c’est à dire partir de zéro, et avec la technologie actuelle on pouvait tout faire et nos choix devaient être fait afin de mener cela avec un bon rythme narratif qui allait de l’avant, dont tout le monde pouvait apprécier l’évolution.

Quels sont vos sentiments vis-à-vis des films de fantasy et de science-fiction ?
Je ne suis personnellement pas fan de science-fiction ou de fantasy dans la mesure ou beaucoup de choses que j’aime finissent ainsi, mais je crois que ce que j’aime dans ces livres et que je n’aime pas dans la science-fiction est que je trouve que je ne les comprends pas. Le sentiment étranger concernant le monde et les expériences, je ne les comprends pas, et je trouve que la réussite du monde créé par Philip est qu’il est compréhensible par bien des aspects. Il y a des moments où vous croyez que vous êtes dans votre monde, et puis vous réalisez que non. C’est ça le truc de Pullman.

Avec la grève des scénaristes et l’imminente grève de la Screen Actor Guild (syndicat des acteurs, NdT), quelles sont vos plus grandes craintes en tant que productrice à ce jour concernant votre projets et les effets sur l’industrie du film?
Eh bien, j’espère que ceci sera rapidement réglé.

Est-ce inquiétant, ou est-ce uniquement un problème relatif aux films de fantasy à gros budget tels que le Seigneur des Anneaux, mais vous avez là une petite fille, et traditionnellement, le public principal pour ce genre de film sont les garçons de douze à seize ans.
Je crois qu’il a été assez fascinant de voir qu’une petite majorité, peut-être pas si petite que cela, des fans des livres est masculine. C’est donc assez intéressant quand on pense que l’héroïne est une fille. Mais je pense que Philip... Philip aime à dire qu’elle est entourée par... par sa version des Sept Mercenaires. Et quand vous voyez des personnages tels que Iorek et Lee ou Serafina, je les trouve si attirants dans leur variété d’âge et de genre ; clairement je ne pense pas que ceci soit un problème.

Mais est-elle réduite en taille sur les publicités de La Boussole d’Or ?
Non, elle est à la bonne échelle avec cet ours. Sur la plupart de nos posters, nous n’avons pas retouché l’échelle.

Ayant vu les scènes coupées dans les bandes-annonces, a quel moment les avez-vous coupées ?
C’est une ancienne version. Il y a désormais des versions plus actuelles des bandes-annonces.

Mais ne trouvez vous pas amusant que vous annonciez cela -
Si, si. C’est pour l'une de ces raisons, car nous avons été très candides, on voulait être francs. Car on aime notre film. Nous pensons que c’est un divertissement génial. Et nous avons pris des décisions que prennent des réalisateurs quand ils font quelque chose de ce genre. Mais du fait des effets visuels du film, le film n’allait pas être prêt en avance, nous aurions aimé montrer le film il y a quelques mois, mais nous ne voulions pas le faire avec des éléments manquants tels que le combat d’ours. Et je crois que c’était il y a quelques semaines, samedi soir que j’étais dans ma chambre et nous avons mis les derniers plans du combat d’ours dans le film. La musique était déjà faire et prête. Mais sans tout cela, ce n’est pas pareil de diffuser le film. Nous avons donc décidé d’attendre qu’il soit complètement terminé -

Et il a reçu le PG-13 (interdiction aux moins de 13 ans non accompagnés dans les salles américaines, NdT) ?
Oui.

La plupart des films de fantasy dans els décennies passées ont été bien plus sombres que ceux de notre jeunesse ou de cette dernière décennie. Qu’est-ce que cela montre sur les sensibilités du jeune public d’aujourd’hui?
Je pense que vous faites une remarque intéressante. Je pense que le monde a changé. Je pense que le public, surtout les jeunes gens, sont devenus plus sophistiqués. Je pense qu’ils sont bien plus conscients, peut-être à regret, que le monde n’est pas sûr et pas aussi heureux qu’ils avaient éventuellement espéré. Cependant, je pense que cela a accru dans le même temps l’envie de films de fantasy. Je pense que l’idée de pouvoir voir quelqu’un d’autres faire l’expérience de ces challenges et de ces drames est d’une certaine manière appréciable pour ces jeunes gens car cela ne les menace pas personnellement. Mais ils peuvent voir une jeune personne triompher. Je pense que c’est libérateur parfois pour des jeunes, et c’est motivant. Regardez cette jeune fille qui, sur sa simple force de caractère est capable de faire des choses merveilleuses. Mais je suis d’accord avec vous pour dire que bien des choses ont changé depuis dix ans.

Etait-ce simple de s’attirer les faveurs de McKellen, Ian McShane, Kathy Bates et tous les autres?
Je pense que ce qui attirait était la base du projet. Chaque personne, de Nicole à Daniel ou Ian, tous ont dit : "Philip Pullman, A la Croisée des Mondes ?" Et c’était bouclé. Le livre était réellement la star qui attirait tout notre talent. Même pour attirer notre équipe, pour attirer Dennis Gassner, notre directeur artistique. Celui qui a visualisé le film, qui a créé cet univers. Un film qui rend très bien visuellement. C’était simplement le matériau de base qui a permis tout ça. Ruth Meyers, pour les costumes.

Avez-vous essayé d’avoir Philip en costard ?
Philip écrit actuellement. Philip va participer aux évènements de presse, le soir de la première.

Pour le tapis rouge?
Pour le tapis rouge, oui. Mais il essaie de terminer... il écrit un livre et essaie de le finir. Je crois que nous l’avons dérangé pendant un an et demi.

Y a-t-il d’autres projets auxquels vous travaillez actuellement ?
J’en ai quelques autres.

Journaliste 1 : Ne pouvez-vous pas en parler ?
Journaliste 2 : Chair de poule
Oui, c’en est un.

Mais les enfants aiment cette émission ?
Nous y travaillons.

Pouvez-vous me parler du script de Tom Stoppard, et en reste-t-il quelque chose ?
Non, quand Chris a envoyé le sien, ce dont il vous a parlé je suis sûre – son essai de quarante pages, il a envoyé un essai de quarante pages sans être sollicité une nouvelle fois, et se basant sur son amour pour l’oeuvre. Et c’était brillant et fabuleux. Et à ce moment là nous savions qu’il avait la main. Et il n’a jamais lu le script de Stoppard.

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