Ecrire pour les enfants me rend un peu plus libre…
17 Octobre 2007 par Laura Davis, du Liverpool Daily Post

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Ecrire pour les enfants me rend un peu plus libre… :.
Vendredi 17 Octobre 2008 - 19:17:31 par Haku - Détails - article lu 911 fois - - -

Ecrire pour les enfants me rend un peu plus libre…




17 Octobre 2007 par Laura Davis, du Liverpool Daily Post


Philip Pullman prononce le discours d’ouverture au festival littéraire de Liverpool. Laura Davis a rencontré l’auteur d’A la Croisée des Mondes.


Quand il se déplace dans une pièce, les pages se détachent elles-mêmes de leurs blocs et les livres tombent de leurs étagères. Des tas de nouvelles sont méticuleusement cataloguées dans la tête de Philip Pullman, et à toutes leurs étapes – depuis le concept embryonnaire au bestseller – mais le monde autour de lui change en permanence, évoluant vers la confusion dès qu’il a le dos tourné.

« Les objets et les livres se bousculent particulièrement quand je déambule dans une pièce. Ils pullulent, » déplore le lauréat de la littérature jeunesse. Je suis même persuadé qu’à chaque fois que j’entre dans une pièce, elle contient plus de livres qu’au moment où je la quitte. Je suis incapable de maintenir les choses en ordre et c’est un grave défaut. Je le déplore beaucoup, mais les choses en sont ainsi. »

Par conséquent, son bureau est rempli de fatras – des outils électriques, des guitares, un accordéon et des morceaux de bois, ainsi que des planches au-dessus de des étagères. Ceux-ci étaient habituellement stockés dans la remise au fond du jardin, là où il a écrit ses premières histoires, mais Pullman a passé la cabane à un ami illustrateur quand il a déménagé vers sa maison – à la condition qu’il la transmette à un autre auteur quand il n’en aurait plus besoin.

Il reste pourtant un domaine dans lequel l’auteur des Royaumes du Nord réussit à maintenir un ordre minutieux : le processus physique de la rédaction de sa fiction. Il ne peut en aucune circonstance, explique-t-il, changer son habitude d’utiliser un stylo à bille sur une page A4 à lignes étroites. Chaque feuille doit impérativement contenir une marge bleue ou grise et être flanquées de deux trous. Pullman est tellement attaché à cette croyance, qu’il serait difficile d’imaginer ce qu’il arriverait si ce type particulier de feuilles venait brusquement à manquer. Tomberait-il dans un profond coma ? Les livres chuteraient-ils tous de ses étagères en un raz-de-marée de mots ? N’entendrions-nous plus jamais parler de Sally et de Lyra, les fougueuses héroïnes de ses histoires ?

Heureusement, tant pour Pullman que ses fans, cette situation désastreuse n’arrivera sans doute jamais.

« Comme je redoutais ce qu’il s’en suivrait, j’ai acheté une quantité remarquable de ce type de papier, admet-il. Je craignais qu’ils arrêtent d’en produire, voyez-vous, mais j’ai trouvé un fournisseur et j’en ai acheté tellement qu’il en subsistera encore une abondance après que je sois parti. »

Mis à part cette excentricité, l’ancien instituteur semble incroyablement coulant, expliquant dans des tons doux et calmes que, même si le film et les adaptations télévisées de ses livres ne sont pas toujours tels qu’il les a imaginés (la Malédiction du Ruby à été tourné à Liverpool), il se contente de remettre le contrôle aux mains des producteurs.

« Ils m’ont payé pour cela, à partir de se moment-là, c’est leur boulot, raconte-t-il avec le sourire. Je devais m’y intéresser, bien sûr. Je veux que ça soit bien réalisé et je veux que ce soit fait aussi fidèlement au livre que ça a du sens. Mais vous ne devez pas oublier une chose : vous devez omettre beaucoup de détails lorsque vous passez du livre au film. Je sais que face à un peu d’influence et un peu de pouvoir, l’auteur doit faire beaucoup de différence, et j’ai toujours trouvé complètement infructueux de me jeter dans des batailles perdues d’avance. J’ai juste eu tendance à hausser les épaules… »

Son attitude relaxée s’étend à la discussion sur A la Croisée des Mondes, la trilogie de Pullman qui débute par Les Royaumes du Nord, adaptée en film ( La Boussole d’Or) et mettant en vedette Dakota Blue Richard interprétant Lyra, aux côtés de Nicole Kidman et de Daniel Craig.

Publié en 1995, Les Royaumes du Nord a été désigné comme « blasphématoire » par la presse Catholique pour avoir peint le portrait d’un Dieu faible, « l’Autorité », bien qu’il ne soit pourtant pas le « Créateur » dans la trilogie sur les mondes parallèles. Néanmoins, le nombre des fans supplante la critique – le livre a obtenu la Carnegie Medal décernée à la littérature jeunesse, et la troisième partie, Le Miroir d’Ambre, est devenu le premier livre pour enfants à recevoir le Withbread Book de l’année.

“Je n’espérais pas du tout une telle réaction envers le livre, c’était juste un sujet qui m’intéressais. Je pensais que les gens le liraient pour l’histoire et ensuite qu’ils liraient autre chose, » dit Pullman sur le thème religieux d’A la Croisée des Mondes. C’est intéressant parce que c’est évidemment très important pour les gens, et je suis très heureux d’avoir – qu’ai-je fait au juste ? – j’ai fourni un nouvel ensemble de représentations pour poursuivre le questionnement avec.
Les lecteurs qui ont été tristes d’abandonner Lyra à la dernière page du Miroir d’Ambre et du petit signe d’adieu à Sally Lockhart, la soi-disant détective Victorienne, à la fin de La Princesse de Razkavie, seront excités d’apprendre que Pullman envisage de ressusciter ces deux personnages. Il adore écrire des séries de livres mettant en vedettes les mêmes protagonistes car « ça évite d’en créer des nouveaux », mais aussi parce que « j’ai pensé qu’il y a plus de vie dans ces personnages, ils peuvent ressurgir au cours d’une nouvelle histoire » comme si Sally & Cie était dans un placard quelque part, en attendant patiemment de lui concocter un nouveau complot.

« Vous ne pouvez pas certifier que les lecteurs auront lu les livres précédents, mais s’ils l’on fait… » raconte Pullman, qui est né à Norwich et qui a été instruit au Zimbabwe et en Australie avant de s’installer au Pays de Galles après la mort de son père, « il y a un sentiment de familiarité qui s’est révélé être d’une grande aide à l’auteur. Nous savons tous ce que familier signifie quand il s’agit d’Holmes et Watson qui s’asseyent confortablement dans leurs pièces en prenant le petit déjeuner à Baker Street, ou quelque chose du genre, et on frappe à la porte… »

Pullman s’intéresse à l’expérience entière de ses lecteurs, depuis la couverture frontale à la police du texte. Les Royaumes du Nord et sa suite, La Tour des Anges, contiennent des petites illustrations symboliques en tête de chaque chapitre, réalisées par l’auteur lui-même.

« Je suis plus apte à m’occuper de ce genre de choses que je ne le suis lors du tournage de mes histoires, dit le père des deux. Le livre en tant qu’objet physique est une invention merveilleuse. Il n’a jamais été supplanté au cours des centaines d’années qui ont suivi son invention. L’idée d’assembler un certain nombre de feuilles de papier le long d’un bord pour que vous puissiez les porter et qu’elles ne tombent pas et qui restent en ordre si vous le laisser sur le sol, et il n’a pas besoin d’une pile – c’est une invention si magnifique qu’il ne sera jamais surpassé, pas même par ces lecteurs électroniques employés actuellement par les gens ».

En dépit de son enthousiasme pour le livre traditionnel, Pullman avoue qu’il pourrait un jour être tenté par un artifice numérique (sa femme en possède déjà un). Ne serait-ce que pour éclairer sa valise. Mais une opinion sur laquelle il ne reviendra pas est son opposition à la classification par âge dans la littérature jeunesse – c’est-à-dire l’ajout d’un baguage sur la couverture des livres qui indique l’âge conseillé pour la lecture.

« C’est une très mauvaise idée parce qu’il limite. Il dit à certains enfants ‘ce livre n’est pas pour vous’ : Vous n’êtes pas autorisé à entrer ici, vous n’êtes pas voulus, vous n’êtes pas les bienvenus, explique-t-il. Je veux leur apporter autant de raisons que possible de se sentir les bienvenus dans mes livres parce que je ne les écris pas vraiment avec un âge d’enfant particulier en tête. Nombre des arguments les plus passionnés contre cette idée viennent d'enseignants ou de bibliothécaires confrontés au fait de mettre un livre entre les mains d’un enfant dont on pourrait se moquer pour être en train de lire quelque chose classé trop jeune pour lui, ou qui sera découragé de ne pouvoir lire des livres autres que ceux censés être faits pour son âge. »

Pullman, qui ne fixe jamais l’âge de ses protagonistes ainsi que de ses lecteurs estime qu’ils pourraient être les amis des personnages, il pense à une liberté sous forme écrite pour les enfants qu’il soutient, ce que les auteurs de fiction adulte ne font pas.

« Certains de mes amis, qui écrivent pour les adultes, peuvent écrire des romans policiers et veulent écrire un roman historique ou une histoire d’amour ou quelque chose d’autre. Mais l’éditeur dit ‘Non, vous ne pouvez pas faire ça, vous êtes un romancier du crime, vous n’êtes pas connus pour cela, nous devrons vous offrir beaucoup moins d’argent, vous devrez avoir un pseudonyme, vous devrez tout recommencer.’ Quand vous écrivez pour des livres pour enfants, vous pouvez écrire ce qu’il vous plait et vous n’êtes pas classés de la même façon, ce que je considère comme une grande liberté. Vous n’êtes pas coincés en faisant partie d’un genre. »


Laura Davis




Traduit par Soldat Bleu pour Cittàgazze.com



Détails
Vendredi 17 Octobre 2008 - 19:17:31
Haku
Source : Liverpool Daily Post
Ce document a été écrit ou traduit par son auteur pour Cittàgazze. Si vous souhaitez utiliser ce document sur votre site, intégralement ou non, veuillez s'il vous plait en faire la demande à l'auteur et placer un lien vers Cittàgazze.
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