Philip Pullman: His dark materials
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Philip Pullman: His dark materials :.
Mardi 27 Mai 2008 - 17:04:04 par Haku - Détails - article lu 780 fois - - -

Philip Pullman: His dark materials



La mort et l’absence de son père ont donné au cours des années beaucoup de sens aux fictions écrites par cet auteur fortement apprécié , mais il n’a jamais su – ou voulu savoir – la vérité sur ce qui est véritablement arrivé. Jusqu’à ce jour... Cole Moreton rencontre Philip Pullman


Dimanche 25 Mai 2008



Il est considéré par ses fans comme le plus grand auteur de son époque, mais il n’y a qu’un seul conte que Philip Pullman a toujours préféré ne pas apprendre, et encore moins raconter. Il s’agit de la vérité sur la mort de son père, un homme qu’on lui avait appris à regarder comme un pilote, un patriote et un héros.


Le jeune garçon avait sept ans quand le Lieutenant de l’air Alfred Pullman de la Royal Air Force est mort dans son avion au Kenya, en février 1954. Peu après, il fut décoré à titre posthume de la Distinguished Flying Cross. "Mon frère, ma mère et moi sommes allés à Buckingham Palace pour la cérémonie," m’explique Pullman. "Je n’ai jamais pleinement compris pourquoi il a eu cette médaille. D’après ce que je sais, c’était un accident. Son avion s’est écrasé. Mais je ne sais pas… "


Je le sais. Après notre rencontre, je suis parti et ai découvert la véritable histoire, qui n’était pas plaisante. Elle se révèlerait difficile à entendre pour lui. Mais à ce moment là, alors qu’il parle à un atelier de discussion pour enfants sur la rive sud à Londres, je me demande tout simplement pourquoi l’auteur de romans si détaillés et basés sur de nombreuses recherches serait si vague sur un sujet aussi personnel.


Ce n’est pas une mince affaire: les aventures, les héros et les pères aux abonnés absents apparaissent dans presque tout ce qu’il écrit. Le père de Sally se noie dans le premier succès de Pullman, La Malédiction du Rubis. L’explorateur Lord Asriel s’échappe au cours de la trilogie vendue à plusieurs millions d’exemplaires, A la Croisée des mondes. L’aéronaute Lee Scoresby est le héros de son dernier roman, Once Upon a Time in the North.


Ces thèmes émergent encore dans la bande dessinée qu’il vient d’écrire pour une nouvelle publication, The DFC. Cette première publication hebdomadaire en 25 ans est une tentative de saisir et relancer l’esprit des grands magazines de comics des années cinquante pour une nouvelle génération. La première publication sera entre les mains des abonnés cette semaine, et sa principale attraction sera les Aventures de John Blake par Philip Pullman. Dessiné par l’illustrateur John Aggs dans un style inspiré des mangas nippons, cela parlera d’un garçon qui voyage sur les océans du monde sur un schooner entouré d’un mystérieux brouillard. On le découvre être orphelin. "C’est déconcertant", explique, à moitié sérieux, Pullman "de réaliser que l’on écrit encore et toujours la même histoire".


L’auteur ne semble ni riche ni distingué en ce jour sur les bords de la Tamise. Dans sa veste froissée de lin, et sa chemise rouge, il ressemble au prof d’anglais légèrement excentrique qu’il a été jadis, avec des motifs en forme de bulles sur ses chaussettes et des lacets rouges sur ses chaussures de marches de daim. Pullman a charmé mon fils de 10 ans, l’écoutant avec soin et prenant au sérieux les questions d’un garçon qui était tout excité de le rencontrer.


Mais lorsque le sujet de son propre père apparaît, il fronce les sourcils, et on a soudain l’impression ’être dans le bureau du directeur. "C’est un père que je n’ai jamais vraiment connu" dit-il. "Il n’était jamais à la maison, il était toujours en vol. Mon père, pour moi, était synonyme de glamour et de mystère, et d’absence; sa présence était plus liée à une odeur de bière et de cigarettes qu’à autre chose".


N’est-ce pas étrange que la médaille qu’il ait reçu se nomme DFC, à l’instar de sa nouvelle bande dessinée? "Simple coïncidence", insiste-t-il. La BD est publiée par son éditeur et ami David Fickling, qui dit que le titre est délibérément ambigu et non pas nommé d’après son propre nom. C’est exactement le genre d’évènement étrange qui intriguerait Lyra, la jeune héroïne d’A la Croisée des Mondes, la seule franchise proche de pouvoir réaliser avec Harry Potter en terme de ventes (Pullman dépasse de loin JK Rowling en terme de critiques littéraires, ceci dit, en étant devenu le premier auteur de littérature jeunesse à avoir gagné le Whitbread Prize). Que ferait Lyra ? Elle reviendrait chez elle surprise et découvrirait éventuellement, comme ce fut mon cas, un article dans un exemplaire de The London Gazette daté de 1954 révélant ce qui est réellement arrivé au Flt Lt Pullman.


"Il entraînait des pilotes, je crois", en dit son fils. Ce n’est pas ce que dit la Gazette, qui relaie l’information officielle de la RAF du jour. Le journal dit que la médaille est remise pour "services vaillant et distingué " durant la révolte des Mau Mau. "La tâche principale des Harvards (l’escadron emmené par son père) a été de bombarder et mitrailler les Mau Mau dans leurs repaires dans un pays couvert de forêts et difficile d’accès". Ce qui incluait de "piquer excessivement dans les gorges de multiples rivières, souvent dans des conditions de plafond nuageux très bas et de chutes de pluie".


Des conditions éprouvantes, certes, mais peu d’opposition de la part de l’ennemi. Très peu des Mau Mau avaient des armes à feu qui pouvaient tirer sur un avion. La plupart se cachaient dans la forêt. Cela s’approchait sûrement du crime de guerre. Philip Pullman ne savait rien de cela, a-t-il insisté après que la brève lui ait été communiquée. Mais il a répondu par email: "De façon assez claire, les Mau Mau qu’il bombardait et mitraillaient depuis le ciel n’avaient pas d’armes pour riposter". Il y avait plus. "D’après ce que je sais du comportement britannique durant l’insurrection, mon père n’en ressort certainement pas avec beaucoup de crédibilité, jugé par les standards de la pensée du libéralisme moderne progressiste."


Ceci était un sérieux challenge à ses souvenirs d’enfance. "Il est clair qu’il n’a pas été abattu au cours d’une opération, ce que je croyais quand on m’a annoncé sa mort – et longtemps encore par la suite. Que peut savoir un enfant de sept ans? Comment peut-il voir la vérité concernant de lointaines affaires compliquées d’adultes? Pour cet enfant, il était un héros, plein de gloire, tué en action pour défendre son pays".


Pourquoi l’auteur n’a jamais cherché à en savoir plus par lui-même ? "Je pense qu’avec une certaine partie de moi-même je n’avait pas envie d’en savoir trop", dit-il, "et peut-être j’ai délibérément évité de regarder ce genre de choses ; mais le temps pour cela est désormais révolu".


Pullman est né à Norwich, mais ses jeunes années se sont passées à suivre son père dans de nombreux postes à travers la planète. Il était sur un bateau en direction de l’Afrique du Sud en 1951 quand il a commencé à apprendre à lire, un instant qui lui a ouvert les portes de toutes les possibilités à venir et dont il se souvient en détails. Il était seul, âgé de cinq ans, avec un livre qu’il ne pouvait pas lire. Il connaissait l’histoire par cœur, cependant: sa mère lui avait lu " comment le chameau a reçu une bosse" de nombreuses fois avant qu’il ne s’endorme. Ainsi donc le petit garçon murmurait les mots pour lui-même, essayant de les associer aux formes. Lentement, sur ce navire, la chose se fit : la magie s’exécuta. "Ces gribouillis noirs sur la page devinrent transparents et je pouvais voir à leur travers, pour voir ce qu’ils signifiaient". Même après 57 ans, ce souvenir fait sourire Pullman. "Peu à peu, je pouvais lire. Je me souviens de mes sensations de ce jour."


Sa mère s’est remariée juste un an après le décès de son père. C’était un autre homme de la RAF. La scène était prête pour l’entrée d’un terrible beau-père, mais les choses ne sont pas allés dans cette direction. "Il a été très bon pour moi et mon frère. Il ont eu des enfants de leur union. C’était une famille recomposée, mais très heureuse".


Après une étape en Australie, qui a laissé une trace durable dans son accent, Pullman a suivi sa scolarité à Londres et à Harlech, au Pays de Galles. Il continue d’envoyer des exemplaires de ses livres à son ancienne professeur d’anglais, Enid Jones. Après avoir reçu un diplôme sans mention à Oxford, il a enseigné et s’est marié à Judith Speller en 1970. Lui et Jude sont toujours ensemble. Ils ont deux fils, désormais adultes.


Si Pullman a publié son premier livre en 1972, c’était quatorze ans avant que le succès de La Malédiction du Rubis ne lui permette de devenir auteur à plein temps. "J’ai toujours écrit ce que j’avais envie d’écrire", dit-il. "Je n’ai jamais pris en compte les lecteurs une seconde. Jamais. Ce que j’écris ne les regarde pas ! Avant d’être publié, je suis un despote". Ceci semble être le genre de choses que seul un auteur ayant énormément de succès peut dire. "Non ! Je disais cela, je ressentais cela, je travaillais comme cela, il y a trente ans déjà, quand je n’avais pas encore rencontré le succès".


Ce n’est qu’en 1996 que Les Royaumes du Nord lança son accession au rang de superstar. Récemment adapté sous le titre La Boussole d’Or, c’était le premier livre de la trilogie A la Croisée des Mondes, qui a désormais été jouée dans son intégralité au National Theatre.


L’histoire des jeunes Will et Lyra, qui voyagent entre les mondes, rencontrent des ours en armures et participent à la chute du système de croyance autocratique, A la Croisée des Mondes, a provoqué la fureur au sein de quelques cercles d’hommes de foi. The Catholic Herald a ainsi écrit que la trilogie était "seulement bonne pour le bûcher ". Mais d’autres l’ont appréciée: l’archévêque de Canterbury en a dit qu’elle devrait être utilisée en cours de catéchisme. "Le point incendiaire est la religion liée à la politique", explique Pullman. "Si la religion se contente d’aider les enfants à ne pas être effrayés du noir et de consoler ceux qui viennent de perdre un proche, ou quoi que ce soit d’autre, de façon générale, c’est bénéfique. Bien que non pas vrai", fait-il une pause pour ménager l’effet, "du point de vue scientifique. Mais quand elle a le pouvoir de nous imposer comment nous habiller, nous dire quoi manger, ce qu’on doit penser, lire ou comment se comporter, alors c’est très dangereux. C’est ce que je critique".


Ces derniers temps, il a aussi usé de sa célébrité pour critiquer "le cul-de-sac pédagogique dans lequel le Gouvernement est en train de mener la majorité des enfants dans ce pays." Alors que l’on parle, des élèves de onze ans passent leurs examens. "Tout ce qu’ils font est régulé, normalisé et évalué", dit-il, le mécontentement pointant dans son intonation. "Les résultats sont enregistrés en format informatique afin de classer les capacités. Tout ce qui ne rentre pas là-dedans est pris comme non important. C’est un vrai gâchis. "Les parents, les enseignants et éducateurs se sont tous exprimés dit-il. "Mais le Gouvernement continue de faire pression, disant 'Non, vous avez tord'. Huh! Ca me met en colère, vraiment".


Les aspirant Pullman s’effondreraient plutôt dans leur lit après les heures de classes plutôt que d’écrire leur nouveau roman, craint-il. "Je serais surpris si la prochaine génération d’auteurs de littérature jeunesse émergeait des rangs des professeurs, car il n’en ont tout simplement pas le temps".


Les jeux vidéos, les iPods et DVDs nous ont simplement laissé "là vivre dans une obscure époque de lumières de néons", dit-il. "On a perdu la communication orale. Nous sommes tous isolés, atomisés".


Que peut-on faire? "Raconter des histoires. Aux enfants. Entre nous". Il se souvient s’être assis autour d’un feu dans un voyage scolaire, "à écouter une voix sortant de l’obscurité. C’était si envoûtant. Cela revoît à l’origine même de l’histoire. Une histoire enchantera, charmera et ensorcellera".


Et qui vous challenge, si c’est la vraie histoire d’un père que vus voyiez comme un héro et qui s’avère finalement être bien plus compliqué et rugueux qu’il n’y paraissait. Exactement le genre d’histoires, en d’autres termes, que Philip Pullman a écrit tout au long de sa vie.


Les oeuvres


Philip Pullman fait ses débuts dans la bande dessinée vendredi avec 'John Blake' dans la nouvelle BD The DFC (www.thedfc.co.uk).


Plus connu pour sa trilogie A la Croisée des Mondes, il a publié des nouvelles et romans depuis 1972. En voici la liste à ce jour:


THE HAUNTED STORM (1972)

GALATEA (1976)

LE COMTE KARLSTEIN (1982)

LA MALEDICTION DU RUBIS (1985)

LE MYSTERE DE L’ETOILE POLAIRE (1986
)
HOW TO BE COOL (1987)

SPRING-HEELED JACK (1989)

The Broken Bridge (1990)

LA REVANCHE DU TIGRE (1991)

The WHITE MERCEDES (1992)

THE WONDERFUL STORY OF ALADDIN AND THE ENCHANTED LAMP (1993)

LA PRINCESSE DE RAZKAVIE (1994)

THUNDERBOLT'S WAXWORK (1994)

LA MECANIQUE DU DIABLE (1995)

THE FIREWORK-MAKER'S DAUGHTER (1995)

THE GAS-FITTER'S BALL (1995)

LES ROYAUMES DU NORD (1995) *

LA TOUR DES ANGES (1997) *

MOSSYCOAT (1998)

LE PAPILLON TATOUE (1998)

J’ETAIS UN RAT! (1999)

LE MIROIR D’AMBRE (2000) *

PUSS IN BOOTS (2000)

LYRA ET LES OISEAUX (2003)

L’EPOUVANTAIL ET SON VALET (2004)

ONCE UPON A TIME IN THE NORTH (2008)

* Elements de la trilogie A la Croisée des mondes



Détails
Mardi 27 Mai 2008 - 17:04:04
Haku
Source : The Independent
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