Aventures à Cannes
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Aventures à Cannes :.
Vendredi 21 Décembre 2007 - 00:40:38 par Haku - Détails - article lu 1102 fois - - -

Aventures à Cannes



par David Allen



Depuis que je travaille sur La Boussole d’Or j’ai eu le faible espoir que d’une part j’irais au Festival du Film de Cannes et que, de deux, j’irais à la première du film. Depuis, j’ai pu réaliser la moitié de ce que je voulais. Et j’en suis plutôt heureux.



Je ne suis pas nécessairement à fond dans ce qui est célébrités, mais je suis curieux. J’adore regarder comment les choses fonctionnent et personne ne va se plaindre de passer quelques splendides jours sur la Riviera française, aux côtés du meilleur et de tout les bons trucs de l’industrie du film. Et être payé pour cela. De plus, j’ai été à des réceptions odieusement tapageuses de MTV et VH1 et j’ai aimé voir comment les types de New Line le faisaient. J’ai été ravi lorsque mon nom s’est retrouvé sur la liste des invités au dîner général pour le film à Cannes, un meeting pour les partenaires ayant travaillé sur le film et à la fête pour célébrer le quarantième anniversaire de New Line. Pas si mal. De petites vacances sympathiques... euh, voyage d’affaire et une chance de rattraper mon retard avec quelques personnes de l’équipe de production et pas des moindres puisqu’avec Chris Weitz, le réalisateur, et Deborah Forte, la productrice toujours si charmante. (Je dis juste des noms parmi tant d’autres).



J’étais déjà allé à Cannes auparavant. J’y étais allé en vacance à la fin des années 90 et je n’en avais pas eu une telle impression à cette époque. Je me souviens avoir payé plus de huit euros pour un café sur le bord de la route ce qui était un peu élevé rapport à mon budget personnel. Toute la ville semblait être construite sur des énormes liasses de billets. Ce qui a du occulter ma vision des choses. C’est joli je pense (si vous regardez vers la mer). Les zones aux alentours sont certainement très jolies et moins « gâchées » par la commercialisation de 1001 boutiques vendant de ridicules habits avec de ridicules étiquettes aux couleurs flamboyantes. Mon intérêt se portait donc vers elle, plus particulièrement vis-à-vis de mon travail, qui était en fait d’être coursier et guide pour touristes. Je devais juste m’assurer que la bande-annonce que l’on s’apprêtait à montrer était fini et qu’il satisfaisait tout le monde, et alors, et pour s’assurer que tout le monde savait où être et quand.



Ca semble très facile, non ? En fait, je crois que c’est un peu comme quand quelqu’un pose une question bête à Qui veut gagner des millions, du genre ce qui est le plus grand entre une souris, un éléphant ou la Lune, et la pression du fait d’être sous les feux de la rampe les fait se tromper. Enfin, mes compagnons de vacances - je veux dire de voyage d’affaire en fait - étaient mon patron, son patron, et le patron de son patron … et avec cela le vice-président en chef de ceci et le vice-président en chef de cela dans l’assistance. J’étais un peu nerveux. Vous saisissez mieux ma situation ? J’étais plutôt en compagnie de gens exaltés, et ils s’attendaient à ce que je sois organisé. Organisé, ce n’est jamais quelque chose que j’ai prétendu être. Désorganisé serait plutôt ce que je dirais. (Je ne sais toujours pas comment j’ai eu cette réputation de « grand spécialiste de l’organisation » : c’est définitivement quelque chose qui pourrait être utile). En plus de mon manque de compétence dans le domaine de l’organisation, je tentais toujours avec ferveur de choisir des doubleurs pour le jeu, ce qui ne cessait de m’occuper. J’en ai déjà parlé sans fin un peu plus tôt sur mon blog. Je l’ai fait car je voulais que quiconque prenne la peine de me lire puisse partager les peines que moi et Gabriel (le producteur du jeu) avions du passer outre. C’était l’art de raconter la vie à son sommet. Très intelligent à mon goût. J’ai fait une digression et maintenant je ne sais plus où je voulais en venir … je vous ai dit que je n’étais pas organisé. Réfléchis, David… Cannes… l’organisation… la pression… Ah, oui… Peu importe, ce que j’essayais de vous dire c’est que je ne pouvais pas imaginer ma carrière progresser si tout allait comme sur des roulettes. C’est un peu comme un pare-brise d’une voiture. Vous ne vous rendez vraiment compte de sa valeur que quand son absence est manifeste. Ce que j’essaye de dire c’est, je pense, que j’aurais pu plutôt mettre en péril ma carrière si j’avais mal géré tout cela. Peut-être, par exemple si j’avais oublié de prendre la bande annonce pour la présentation ou quelque chose dans le genre. Vous devez vous dire « oh, oh ! » Nan, je n’ai pas oublié. Si j’avais été concerné à ce propos – une chose typique chez moi – j’aurais agi ainsi. Donc, trois semaines avant le voyage j’ai commencé à écrire toutes les choses qui pourraient mal tourner sur un morceau de papier – je l’ai transféré sur mon PC. Je ne me connais que trop bien et je savais que j’allais perdre le papier. J’ai écrit des trucs du genre « Que va-t-il se passer si le format télévisuel ne fonctionne pas en France ? » Pour les enregistrements aux Etats-Unis, la technique spécifique pour la télévision est appelée NTSC. Au Royaume-Uni, c’est PAL. En France c’est SECAM. Bien sûr, je connaissais déjà tout ça, mais les gens de New Line ont apporté un DVD qui peut supporter les trois formats, cependant, comme vous devez le savoir, ça peut mal se passer. Je ne devais rien laisser passer, et, plus important, il en allait de même pour mon patron, et son patron. J’avais la bande annonce sur mon disque dur, sur mon PC, sur un disque externe (dans un sac séparé de mon PC, bien sûr – au cas où il serait perdu) et sur clef USB. Je l’avais greffé sur ma peau. Ok, le dernier, c’est une connerie. Mais j’avais bien une clef USB mais dans un endroit plus commun, une poche de mon jean.



Mais pourquoi est-ce que je vous raconte ce non-sens ? Je suppose que j’essaye de vous montrer l’ampleur de la coopération entre les différentes organisations nécessaire pour que ce genre de projets puisse voir le jour. On n’a pas seulement des discussions, on se met d’accord pour faire le jeu, et après on les laisse savoir comment le réaliser, et comment on le trouve. Chaque élément est partie intégrante de l’autre un temps durant. SEGA était un élément majeur pour ce film, tout comme le sont tous les associés travaillant avec New Line Cinema. Ce que l’on fait est très public et l’important est que nous ne fassions pas seulement un jeu mais que nous le représentions bien, et également que nous parlions de La Boussole d’Or d’une façon qui convienne à New Line Cinema.



De façon assez drôle, la principale préoccupation des gens était de savoir ce qu’ils allaient porter. Que porter au séminaire des associés, et après, bien plus important (je suis sérieux) que porter à la réception. Si j’avais reçu un dollar chaque fois que l’on me demandait le code vestimentaire … Sans vraiment savoir à quoi m’attendre, on a tous mis dans un sac différentes choses. Quelques uns parmi nous étaient sans doute stressés à l’idée d’être habillés trop décontractés ou, pire, d’être trop bien habillés. (Voyons, on travaille dans l’industrie du jeu vidéo. On porte des jeans et des tee-shirts pour aller travailler.)



La première consigne de travail quand nous sommes arrivés dans le Sud de la France c’était d’aller voir la mini bande annonce qui lancerait La Boussole d’Or dans la presse mondiale. Bien sûr, nous étions très excités et j’étais impatient de voir comment les story-boards, le script, les accessoires et les décors avaient été transférés sur pellicule. A quoi cela allait-t-il ressembler sur grand écran ? On mésestime à quel point Cannes est bondée. Vous savez quand tout le monde essaye de quitter un match au même moment ? C’était comme ça. Et les camions des éboueurs étaient de sortie aussi. Le temps passait on a donc abandonné nos taxis et avons demandé notre direction en se servant de mon terrible français de base. Nous nous en sommes sortis à grand renfort de gesticulations internationales et pointages de doigt. C’était fantastique et nous partions tous de bonne humeur. Depuis le temps, vous avez du voir une version raccourcie de ce dont on parle ici (si ce n’est le film en lui même). Cinq minutes ont été mises en ligne en août, mais nous avons du voir un morceau qui en durait neuf environ. Je pense que quelquefois on pense que les effets spéciaux dans un film sont quelque chose d’assuré, mais quand vous voyez pour la première fois ce qu’ils ont fait, comment ils ont agrandi un décor, ou créé de tous nouveaux êtres vivants comme les daemons, seuls les plus blasés ne seront pas impressionnés. C’était incroyable de voir la vie respirer au milieu des décors inanimés et des accessoires que j’avais vus quelques mois plus tôt sur le plateau aux Shepperton Studios. Je me sentais privilégié d’avoir pu être impliqué dans ce projet – même d’un tout petit, petit côté. Tout comme le fait de voir le travail que Shiny a fait à l’aide des données que j’ai fournies – avec l’aide de l’équipe du film bien entendu – et les environnements 3D ainsi que les personnages vivants qu’ils en ont fait dans le jeu.



Quoi qu’il en soit, la présentation s’est déroulé sans problème le lendemain, youpi, youpi, youpi. La vidéo a fonctionné. Mission accomplie. La soirée, vous voulez que je vous en parle ? Soit, pour une star c’était sans conteste l’endroit ou il fallait être ce soir-là. A tel point que l’emplacement en était secret. Nous avions des invitations de New Line mais on devait les échanger avec les tickets définitifs dans leurs bureaux du festival. Après cela, on s’est baladé dans la ville faisant un peu de shopping de dernière minute, essayant des habits ridiculement voyant au prix tout aussi ridicule. On a retrouvé nos esprits par la suite. On est tombé sur Chris Weitz et Andrew Miano, le producteur. Je pense que ma valeur sur le marché a soudainement augmenté quand ils se sont arrêtés dans la rue pour discuter et que l’on a comparé nos frais de shopping à Cannes. Un lieu idéal pour trouver des habits tout bonnement voyants à un prix incroyable, mais pas si bon que ça pour des cadeaux pour ceux que l’on aime une fois de retour chez soi.



Après avoir fait un tour dehors avec Chris et Andrew (hé, hé, hé) on est rentré à notre hôtel. On a expliqué à notre chauffeur que nous devions aller dans Cannes et il nous a bien précisé que ça prendrait un moment pour y arriver – On était logés juste en dehors de Cannes à Juan Les Pins. Ni l’argent ni l’amour ne vous permet d’avoir de chambre à Cannes pendant le Festival du Film à moins d’être New Line Cinema ou quelqu’un du genre. Selon le chauffeur, il y avait apparemment une grosse fête au Château de Rothschild. « C’est ça, avons-nous répondu avec un ego grandissant, c’est où nous allons également ».



C’était plutôt cool de faire le chemin de la presse. Tout le monde va à la fête du même endroit, et on marche sur le tapis rouge sur lequel tout le monde passe devant la foule de photographes et reporters télé. Voilà ce qui fait tout Cannes. Bien sûr, New Line fêtait son quarantième anniversaire mais la fête n’est qu’un prétexte (un prétexte très cher) pour réunir les stars de votre film avec un beau costume ou une robe très glamour et avec leur visage en couverture d’un magazine quelconque ou autre journal à scandales.



Ca prend 30 secondes si vous n’êtes personne. Peut-être 30 minutes, une heure ou plus si vous êtes quelqu’un de connu. Evidement, moi et mon patron traînions en nous en imprégnant. Soyons réaliste, cela n’arrivera jamais plus, donc on en a fait le plus possible. Je n’ai toujours pas trouvé une seule vidéo de l’évènement avec nous quand j’y repense. Mais ma recherche continue…



Je pensais qu’il y aurait un peu de jeu de coude pour arriver à avoir Chris Weitz, Daniel Craig, Eva Green et Dakota Blue Richards mais la presse est plutôt bien dirigée. Tout le monde attend son tour. C’était différent de mon expérience des évènements musicaux au Royaume-Uni. Il y a tout un tas de paparazzis en train de prendre des mitrailler afin de gagner des millions en faisant une photo de je ne sais quelle starlette tombant ou quelque chose du genre, mais je crois que les gens qui on été invités dans l’antre sacrée – le tapis rouge à l’intérieur de la réception – savent qu’ils ne faut pas mordre la main qui les nourrit.



Pour la fête en elle-même, c’était plutôt bien. La villa semblait spectaculaire, vous avez dû la voir sur les photos. La jeune Dakota semblait être dans son élément tandis qu’elle se déplaçait au milieu de cela accompagnée de sa mère. Prenant tout en compte, pas le moins du monde perdue. C’est un exploit de rester calme avec des photos de vous de plus de 9 mètres placardés partout sur les murs d’une villa classique. Enfin, maintenant qu’elle fait partie de la classe huppée avec le film, elle doit s’habituer à tout cela.



Enfin, je suis heureux de dire que l’équipe SEGA (habilement assistée par l’équipe anglaise de Scholastic) a mis dans l’affaire de grands efforts, et avec l’aide que Mark Ronson (DJ et Superstar Internationale) a été jusque sur le plateau de danse. (C’est un travail difficile, mais quelqu’un doit le faire). Cependant, vous noterez que c’est le premier billet du blog qui n’est pas accompagné d’images. Personne ne veut voir un homme de 35 ans faisant du break dance.



*Ceci est un véritable exemple. Et oui, elle se trompe. Je crois que si vous êtes à côté d’un éléphant la nuit, la pleine lune semblera bien plus petite.

Détails
Vendredi 21 Décembre 2007 - 00:40:38
Haku
Source : IGN
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