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Concevoir la couverture de La Belle Sauvage :.
Vendredi 01 Décembre 2017 - 00:01:06 par Haku - Détails - article lu 31 fois - - -

L’envers du décor – comment Tom Sanderson a conçu la couverture de La Belle Sauvage, de Philip Pullman




30 Novembre 2017

Interview par Indi Davies, Lecture in Progress




Un des auteurs jeunesse les plus appréciés du pays, Philip Pullman, a publié la trilogie A la Croisée des mondes il y a plus de vingt ans, glanant une flopée de prestigieuses récompenses. Pour son dernier opus en date, l’auteur en revient aux univers parallèles avec sa Trilogie de la Poussière, une nouvelle série en trois volets, inaugurée par le très attendu La Belle Sauvage. Publié en octobre par David Fickling Books et Penguin Random House Children’s au Royaume-Uni, il a immédiatement atteint le statut de best-seller, et vient d’être nommé Livre de l’année pour 2017 par Waterstones. Onze mois avant son lancement, le directeur artistique Tom Sanderson a été approché par Jacqui McDonough pour la conception de sa couverture. La démarche de Tom a impliqué la gestion de manuscrits secrets et l’implication de l’illustrateur de renom Chris Wormell pour le visuel de la couverture. Ce qui suit décrit ce qu’a été la conception de la couverture d’un “genre de livre sur lequel toute personne impliquée va avoir sa propre opinion”.



Contexte du projet

J’ai été contacté par Penguin Random House Children’s pour travailler sur un nouveau visuel à l’automne 2016. A ce moment-là, on m’a dit que ce serait un très gros livre, et on m’a demandé si j’étais intéressé. Le client m’a déclaré ne pouvoir me donner plus de détails avant la signature d’une clause de confidentialité. C’était une approche de projet fort mystérieuse et des propositions de cette envergure sont extrêmement rares, donc j’ai sauté sur l’occasion, paraphé les papiers et les ai renvoyés à Penguin Random House, curieux et impatient d’en savoir plus.


Il y a près de dix ans, je travaillais en permanent dans l’équipe de design chez Puffin and Penguin Children’s Books. J’ai un passif assez positif avec l’équipe qui m’a commandé de nombreux projets au cours des années, depuis que je me suis mis à mon compte. Je travaille depuis un studio sur Brighton et l’essentiel de mon travail est lié au monde de l’édition. De temps à autre, je travaille sur l’intérieur des livres, mais la plupart du temps, je créé et conçois les visuels de couvertures. Le positif quand on est freelance c’est de pouvoir travailler sur un large éventail de projets et de genres qui va des livres modernes de littérature adolescente aux polars, suspens, classiques contemporains et bien d’autres. J’aime beaucoup ce job, c’est épanouissant sur le plan créatif.





Tom à l’oeuvre dans son studio de Brighton



Après avoir signé la clause de confidentialité, Penguin Random House a pu me donner toutes les informations sur ce nouveau projet. On m’a dit que c’était un nouveau livre de Philip Pullman, le début d’une nouvelle trilogie dans le même monde qu’A la Croisée des Mondes. J’avais lu ces livres au moment de leur sortie et c’était un grand honneur de travailler sur celui-ci. On m’a donné le manuscrit, qu’il m’a fallu lire très rapidement et retourner aussitôt, car il était sous embargo. Presque personne ne l’avait lu à ce moment-là, et très peu savaient même que Philip sortait un nouveau livre. On m’a dit qu’il me faudrait dans un premier temps explorer et développer différentes approches.





La jaquette pour Le Hobbit qui a inspiré le travail de Tom



Aperçus de recherche

Ma commanditaire, Jacqui McDonough, a discuté avec moi de la façon d’aborder ce projet. Elle m’a suggéré de me concentrer sur le canoé qui donne son nom au livre, La Belle Sauvage. On a aussi discuté de la possibilité d’inclure des éléments relatifs à l’inondation, puisque cet élément constitue le point culminant de ce premier tome. C’était en gros la feuille de route qui m’a été donnée pour lancer le projet.
Les livres de Pullman, à mes yeux, sont dans la lignée de ceux de J.R.R. Tolkien et j’avais en tête la couverture de l’édition reliée du Hobbit en travaillant sur les premières ébauches. J’avais grandi avec cette couverture et aimais son graphisme ainsi que l’approche stylisée de l’image et de la typographe.





Une version initiale du design de Tom incluait un cadre et de petites images



Mes premiers visuels jouaient avec l’utilisation d’une bordure et d’images très graphiques comme manière de donner à la série sa propre identité. J’ai aussi pensé que la bordure pourrait être intéressante comme moyen d’inclure certains éléments de l’histoire. D’après ce que j’en savais, les daemons des personnages n’avaient pas été beaucoup représentés sur les couvertures des livres précédents et j’avais envie d’essayer de les inclure dans le design de celles que je créais. Pour la typographie, je réfléchissais aussi à la façon dont les éléments pouvaient être mis en relief, et l’approche avec la bordure ainsi que le style victorien pouvait aider à obtenir cet effet.



J’ai aussi proposé une idée plus illustrative en utilisant des ébauches et des éléments de collage. Ces derniers incluaient les deux personnages centraux dans le bateau, avec la rivière agitée les emportant dans son courant. J’avais auparavant assemblé des idées très grossières avec des daemons grimpant sur les lettres du titre. Après des échanges avec Jacqui à ce sujet, j’ai creusé la chose plus avant avec ces visuels et abandonné la bordure. Ces ébauches ont été présentées à l’équipe de Penguin Random House comme base de travail. Avant de les montrer à Philip, on m’a demandé de dresser une liste rêvée des illustrateurs qui pourraient potentiellement travailler sur l’idée.






Une autre direction explorée par Tom avec bordure et imagettes (g) et une approche plus illustrative lors des premières phases du travail (d)



Développement et production

La sélection de visuels et d’illustrateurs a été présenté à Philip et il a préféré l’approche illustrative, aussi il a été décidé que je devrais explorer cette voie. Parmi les illustrateurs évoqués, j’ai senti que Chris Wormell serait la bonne personne sur ce projet. J’admire les illustrations de Chris depuis de nombreuses années, mais n’avais jamais eu l’opportunité de travailler avec lui. Puisque nous allions poursuivre l’approche illustrative, j’ai senti qu’il fallait un visuel traditionnel mais graphique, et son travail de gravure était parfait pour cela. Philip avait également déjà vu son travail et semblait prêt à faire appel à lui comme illustrateur de couverture.

J’ai envoyé une esquisse au crayon pour donner à Chris une idée de la sorte d’image qui pourrait fonctionner, et il a dessiné sa propre ébauche en se basant sur celle-ci, ce qui a servi de base à l’illustration.




L’esquisse fournie par Tom à Chris (g), l’ébauche de Chris envoyée en réponse (m) et la version finale du travail de Chris (d)



Quelques semaines plus tard, l’illustration était livrée. Chris Wormell est vraiment un illustrateur traditionnel qui créé ses images manuellement, dans son cas par le biais d’une gravure sur bois. L’illustration finale est d’une très belle qualité, intemporelle, et Philip a trouvé qu’elle collait très bien au monde qu’il avait créé.
J’ai travaillé sur la typographie pour le titre et ai reçu de Chris des images complémentaires des deux daemons qui grimpant sur certaines lettres du titre. Jim Tierney, un graphiste américain, a proposé des typographies pour le nom de Philip, et on a passé du temps à tester différentes options pour le titre. Au final, des ajustements ont été portés aux couleurs pour ajuster les bleus et pourpres aux tons d’un orage. Nous avions ainsi une couverture achevée qui convenait à tous.
Une fois que la jaquette définitive a été assemblée, j’ai conçu le couvre-livre et pages de garde. La tranche affiche un extrait du livre, la devanture et l’arrière du livre sont couverts de poussière dorée.



L’illustration finale, après ajout de la typographie de Jim Tierney et les illustrations complémentaires de daemon par Chris Wormell, et le design final de la couverture, sous la jaquette.


Remise du design

Travailler sur la couverture d’un livre de Philip Pullman a été très demandant. C’était un challenge, très inspirant et ludique. Avec ce genre de livre, il y aura toujours un tas d’opportunités et contraintes. C’est le genre de livre sur lequel toute personne impliquée va avoir sa propre opinion. Une partie du boulot du concepteur est de s’assurer que toutes ces suggestions sont incluses et que le résultat final est aussi édifiant et esthétique que possible. C’est une des choses que j’apprécie énormément en tant que concepteur graphique professionnel de livres : vous solutionnez des problèmes visuels.


C’est difficile de mesurer le succès d’une couverture. Le livre est en librairies depuis un bon mois, il a été en tête des ventes et les retours quant à la couverture ont vraiment été positifs. Ceci dit, vous ne pouvez jamais dire à quel point une couverture marque et reste dans les esprits avant plusieurs années. Espérons qu’elle deviendra quelque chose que les gens aiment et dont ils se souviennent de la même manière que la couverture reliée du Hobbit de Tolkien.



Les récompenses étudiantes du design de Penguin Random House’s, ouvrant aux étudiants l’opportunité de concevoir la couverture d’un livre majeur de Penguin Random House book, est ouvert aux candidatures jusqu’au mardi 6 mars. Plus d’informations ici.

Vous pouvez visiter le site de Tom ici.


Détails
Vendredi 01 Décembre 2017 - 00:01:06
Haku
Source : Lecture in progress
Ce document a été écrit ou traduit par son auteur pour Cittàgazze. Si vous souhaitez utiliser ce document sur votre site, intégralement ou non, veuillez s'il vous plait en faire la demande à l'auteur et placer un lien vers Cittàgazze.
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