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La BBC voit le Pays de Galles comme l’enfant à problèmes :.
30 Avril 2017 - 20:47:09 par Haku - Détails - article lu 129 fois - - -

La BBC voit le Pays de Galles comme l’enfant à problèmes
Western Mail – 19 avril 2017
La co-fondatrice de Bad Wolf Jane Tranter expose au responsable de la section Business les ambitions de sa compagnie visant à faire du Pays de Galles un centre international pour la production de fictions.

L’ancienne productrice déléguée de la BBC Jane Tranter considère que le service public télévisé n’en fait pas assez pour soutenir le Pays de Galles.

Ms. Tranter, avec l’ancienne productrice déléguée de la BBC Julie Gardner, a monté la société de production indépendante Bad Wolf en 2015 avec pour objectif de concevoir une série de productions au Pays de Galles ; au nombre desquelles une adaptation de la trilogie de Philip Pullman A la Croisée des Mondes.

Elle déclare qu’il lui « paraît très étrange » qu’il n’y ait toujours pas de responsable des programmes de fiction pour le Pays de Galles à la BBC, quand bien même le diffuseur est e train de créer un tel poste en ce moment.

Ms. Tranter, qui a permis l’implantation de Doctor Who au Pays de Galles lorsqu’elle travaillait à la BBC, déclare : « Je ne crois pas que la BBC en fasse assez pour soutenir le Pays de Galles. Je continue à considérer la situation comme telle. Il n’y a toujours pas de responsable des programmes avec qui je peux discuter de His Dark Materials. Franchement je trouve ceci étrange. Si je montais His Dark Materials n’importe où ailleurs au Royaume Uni, ce serait au contraire possible. Je ne veux pas dire que je n’ai pas un tas d’interlocuteurs brillants avec qui discuter à la BBC, et que ceux-ci ne soutiennent pas ce projet et sa mise en œuvre au Pays de Galles ; je pense que la BBC est l’une des meilleures compagnies de télévision au monde, mais je pense qu’elle n’en fait pas assez pour le Pays de Galles, et c’est absolument catégorique. Peut-être s’agit-il là de leur manière de faire (de soutenir la série His Dark Materials) mais Bad Wolf n’est pas la seule impliquée. J’ai toujours considéré que le Pays de Galles était vu comme l’enfant à problèmes, et que c’était écrit d’une façon ou d’une autre dans les gènes ou dans le décor. Je ne pourrai pas pointer d’exemple particulier à l’appui, mais je pense que l’Ecosse ou l’Irlande du Nord ont pour la BBC un meilleur encrage dans la fiction que le Pays de Galles. On a changé tout cela en faisant venir Doctor Who au Pays de Galles (la série est tournée à Cardiff, NdT) mais cela a été perçu comme un dû. »

Ms Tanter déclare que le service public télévisé, comme la BBC ou S4C qui font face à de sérieuses difficultés budgétaires, a joué un rôle majeur dans le développement de l’économie créative au Pays de Galles : « Il n’y a pas de raison que la programmation développée localement, dotée des bons supports en terme de temps, d’énergie et de gestion des fonds, n’ait pas le même impact que ces fictions scandinaves d’excellente qualité. »

Les secteurs du cinéma et de la télévision au Pays de Galles sont en plutôt bonne santé, mais si les fondatrices de la société de production indépendante Bad Wolf mènent à bien leurs ambitieux plans, le secteur rayonnera encore plus. Et contrairement au projet avorté en mode « construisez et les productions viendront » prévu à Valleywood dans le Llanllid, Bad Wolf avance d’ors et déjà dans sa stratégie du « filmé au Pays de Galles ».

La société a avalisé plusieurs projets, a les épaules solides financièrement, possède deux dirigeantes avec un carnet rempli de contacts internationaux dans le domaine de l’industrie et de la critique parmi lesquels des décideurs de premier choix à Londres et Los Angeles et, en parlant de cela, a dans ses tuyaux le projet d’un studio de plus de 18000m². L’entreprise a été montée en 2015 par Jane Tranter et sa comparse ancienne productrice de la BBC Julie Gardner avec le soutien du gouvernement du Pays de Galles.

A la BBC, elles ont été toutes deux responsables d’immenses succès tels que Doctor Who, Torchwood et Da Vinci’s Demons, tous tournés au Pays de Galles. Et elles annonceront bientôt l’emplacement de leur projet de nouveau studio ; qui sera au cœur d’une stratégie visant à attirer à l’année des productions dans la province, avec toutes les retombées pour le secteur local de l’économie artistique et tous les bénéfices sur la chaîne d’approvisionnement dans l’économie galloise que cela engendrera.

Elles ont déjà assuré trois productions d’envergure pour le Pays de Galles avec His Dark Materials, l’adaptation de la trilogie de romans de fantasy de Philip Pullman, A Discovery of Witches, basée sur le roman historique de fantasy signé Deborah Harkness, ainsi que l’adaptation de la trilogie de Bernard Cornwell The Warlord Chronicles.

Bad Wolf a également noué un partenariat avec la chaîne câblée américaine HBO. Ms. Tanter n’a pas pipé mot quant à la localisation du futur studio, mais le Pays de Galles est un village et les informations ont pour habitude de fuiter ; il ne serait donc nullement surprenant que l’ancienne verrerie Nippon Glass à Cardiff devienne ce qui sera le plus grand studio jamais construit au Pays de Galles.

Tout ceci survient alors que Bad Wolf vient d’assurer un investissement de plusieurs millions de livres par la société américaine Access Entertainment. Le contrat va ainsi voir Access, dirigé par l’ancien directeur de la BBC Danny Cohen, prendre 24.9% de parts dans la compagnie. Access Television, comme la plupart des investisseurs, cherchera-t-il à se retirer avec des confortables profits d’ici environ cinq ans ? Assise dans les bureaux de Bad Wolf localisés dans l’historique Morgan Arcade du centre de Cardiff, Ms. Tanter nie : « certainement pas » et détaille ce qu’Access va apporter sur le long terme en termes de capital pour patiemment soutenir les objectifs de croissance de la société.

« Nous nous différencions en tant que société de production indépendante dans la mesure où nous nous trouvons là où seront tournées l’essentiel de nos productions. Cela ne m’a d’ailleurs jamais paru logique en tant que productrice d’être basée à un endroit et de tourner toutes les productions à un autre. Je pense que ce que nous devons faire, et qui est une des raisons du désir de Bad Wolf de rester au même endroit dans la mesure du possible, c’est de grandir de telle sorte que le secteur (au Pays de Galles) soit sollicité de manière la plus continue tout au long de l’année. »

Elle déclare que cette approche est à l’opposé du modèle traditionnel des productions de films au Pays de Galles qui tendent à arriver et repartir une fois le tournage fini puis à attendre que le projet suivant se développe.

« Vous débarquez pour quelques temps et ça fait tout un raffut, puis vous repartez et laissez derrière vous un virevoltant, un paquet de chips vide et ce genre de choses. Ceci n’est pas bon. Les choses doivent être maintenues actives ; les magasins ; les bars, les restaurants, les B&B, le marché de l’immobilier locatif, etc. C’est sur ce point que le gouvernement Gallois s’est montré extrêmement brillant, parce qu’il a su voir le tour d’horizon de ce que nous faisions. Et l’une des choses merveilleuses concernant Access est qu’il s’agit d’un investisseur innovant et créatif. Ils ne se contentent pas d’appliquer les mêmes recettes à chaque fois. »

Elle assure qu’Access a pleinement pris la mesure du sujet des productions au Pays de Galles : « Ne s’agissant pas d’un studio ou d’un distributeur, Access nous soutient dans notre démarche visant à rassembler les bonnes pièces au bon endroit pour les bons projets, et a compris que nos racines se trouvent ici au Pays de Galles. Access soutient notre décision d’investir notre temps ainsi que notre argent dans l’installation locale d’un studio pour nous assurer que nous disposons de l’espace nécessaire pour filmer tous ces projets, plutôt que de crapahuter d’un endroit à un autre. C’est aussi un atout d’Access d’avoir un pied de chaque côté de l’Atlantique. C’est ici notre quartier général et là que bat notre cœur, mais afin de mettre en lumière ce que nous faisons au Pays de Galles, et afin de nous assurer que ce que nous tournons ici sera vu sur une échelle véritablement internationale par un public mondial, il nous faut être également basé à Los Angeles, ce qui signifie de travailler avec les chaînes américaines, non pas comme simple coproducteurs mais comme je l’ai fait avec The Night Of, pour lequel nous produisons des œuvres américaines pour les diffuseurs américains. Mais l’essentiel de nos postes avancés et de notre force vive est ici. Et Access reflète ceci et l’a très bien compris ; aussi l’investissement est réellement là pour s’assurer que nous autres en tant que compagnie pouvons démarrer une production de la bonne façon et au bon moment au Pays de Galles pour répondre aux besoins particuliers de cette production. »

Elle rappelle que le Royaume-Uni considère traditionnellement que tourner ses fictions en studio coûte trop cher mais note que Bad Wolf a pris le problème par l’autre bout : « Il nous est venu que pour tous nos étendards tels que His Dark Materials, A Discovery of Witches et Warlord, s’il nous fallait choisir un endroit pour tourner chacun d’eux, nous choisirions le Pays de Galles. Quand j’ai tourné à New York pour The Night Of, j’ai appris à aimer tourner en studio. Et c’est assez différent des méthodes de production qu’on vous apprend au Royaume Uni, où on préfère le tournage sur le terrain. Ceci est en parti du au réalisme social qui sous-tend une partie des narrations que le Royaume-Uni a toujours su très bien proposer. Mais cela provient aussi d’une nécessité pécuniaire : les gens pensent toujours qu’il coûte plus cher de filmer en studio qu’en extérieur. Sur le court terme, c’est ce à quoi le Royaume-Uni s’est tenu. Mais sur le plus long terme, cela présente plus de sens de tourner en studio : nous mettons en place une stratégie éditoriale interconnectée à une stratégie de production bien plus axée sur le tournage physique en studio que chez la plupart des autres indépendants. C’est aussi lié à notre engagement envers le Pays de Galles et à notre désir d’ajouter une corde à notre arc en tant que compagnie de production afin d’aider le tissu socio-économique, la proximité sociale, les formations, les sources d’inspirations dans l’éducation et l’apprentissage. »

Aussi, quand verra-t-on le premier des projets entrer en phase de production au Pays de Galles ? « His Dark Materials est un projet énorme et constituera l’une des plus grosses productions de son genre issue du Royaume-Uni. Cela prend donc beaucoup de temps. Jack Thorne (le scénariste) est en phase d’écriture et a actuellement bouclé six des huit premiers épisodes. Mais nous ne filmerons pas le moindre plan avant d’avoir tous les épisodes bien en place et d’avoir nos acteurs. Nous n’allons donc pas entrer en production avant un bout de temps. Mais c’est là un aspect de ce que nous recherchons avec Access ; nous souhaitons entrer en production quand le moment est venu, et non pas quand le business plan ou la nécessité financière nous l’impose. Ainsi nous serons prêts le moment venu et nous pourrons mener ce projet de la meilleure des manières. »

Et Bad Wolf a déjà un œil sur le futur vivier de talents gallois : « Je veux que les enfants de neuf ou dix ans puissent venir et regardent nos productions dans la mesure où ils seront les apprentis de demain. Il faut aussi que les gens sachent qu’ils peuvent venir, comme ce fut mon cas, d’un milieu où vous ne connaissez absolument personne dans le domaine et malgré tout décrocher un emploi. Nous voulons montrer à ces personnes un moyen direct de faire cela et en outre, je veux savoir où sont ces personnes pour que dans dix ans Bad Wolf puisse les recruter ; et de ce point de vue vous ne pourrez jamais les avoir assez tôt ».


Détails
30 Avril 2017 - 20:47:09
Haku
Source : The Western Mail
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