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Grandir à Ardudwy :.
Jeudi 25 Aout 2011 - 19:36:25 par Haku - Détails - article lu 1501 fois - - -

Essai
Grandir à Ardudwy

Philip Pullman se souvient avec nostalgie d’un coin du Pays de Galles dans les années 1950s et 1960s

   Ma famille a déménagé dans le Nord du Pays de Galles alors que j’avais dix ou onze ans, au milieu des années 1950. Mon beau-père était un pilote de la RAF, et il était affecté à un petit aérodrome à Llanbedr, près de Harlech. Il avait été formé à Woomera, la base australienne de la RAF, afin de piloter des drones sans pilotes de type Jindiviks. A Llandebr, les Jindivik servaient à tracter une cible pour que les soldats de Valley, à Anglesey, puissent tirer dessus. En tant qu’expert ès-Jindivik, il a du se rendre à Llanbedr et la famille l’a naturellement suivi.

   Quand on est arrivé, mes parents n’avaient pas encore trouvé de maison pour vivre, si bien qu’on a campé dans deux caravanes sur des terrains du camp de la RAF ; non pas sur l’aérodrome lui-même mais à proximité du village. Je crois que la zone avait été assez active durant la guerre, car il y avait là-bas un tas de bâtiments à l’abandon et totalement vides. Le hit du moment, à cette époque, était une chanson de Johnny Duncan et les Bluegrass Boys, Last Train to San Fernando:
Last traaaiiin to San Fernando
Last traaaiiin to San Fernando-o-o
And if you miss
This one
You’ll never get another one
Beedy beedy bum bum
To San Fernando.
   C’était un refrain génial. Vous l’entendiez une fois, et vous ne pouviez plus l’oublier. Mon tout premier et précieux souvenir au Pays de Galles, c’est d’avoir chanté cette chanson de toute ma voix depuis le sommet d’un vieux bâtiment désaffecté de la RAF, à deux pas de la route qui mène de Barmouth à Llanbedr, car l’écho y était parfait. Mes parents ont ensuite assez vite trouvé une maison à louer à moins de deux kilomètres de Llanbedr, là où les deux rivières, l’Artro et la Nantcol, se fondent l’une dans l’autre.



   Ce dont je me souviens le mieux était la route qui partait du village pour nous conduire au travers des bois, le long de la rivière et aux abords d’un petit hameau nommé Gwynfryn, dans lequel se trouvait une petite boutique qui vendait des Curiously Strong Peppermints en plus d’articles aussi divers que des lacets en cuirs pour jouer au Conkers (jeu traditionnel avec des marrons). Il y avait aussi une chapelle à Gwynfryn ; je ne me souviens pas de son nom mais elle présentait une porte joliment vernie qui avait tendance à briller exactement comme du caramel dans la lumière du soir.

   En rentrant chez moi les soirs d’hiver, sur cette route sous les arbres aux environs de Gwynfryn, j’avais pour habitude de contempler, par-delà la rivière, la lumière sur le mur d’une cour de ferme en contrebas, sur l’autre rive. Pour diverses raisons, je trouvais cela intensément romantique. C’est sur cette même route, qu’un après-midi d’hiver en rentrant de l’école, j’ai vu un cadavre. Je devais avoir onze ou douze ans. Je rentrais tout seul, l’esprit déjà tourné vers la lumière sur le mur de la ferme qui me permettrait d’imaginer encore une fois qu’il y avait une belle fille qui venait d’être kidnappée et qui n’attendait rien d’autre que je vienne la sauver, et j’allais m’engager sous la pénombre grandissante du couvert des arbres, au niveau de la légère courbe de la route. Un homme sur une moto m’a dépassé, et quelques minutes plus tard il est revenu et s’est arrêté.
“Écoute, m’a-t-il dit, je ne veux pas t’effrayer, mais il y a un mort sur la route, là-bas. Je vais appeler la police. Mais si tu ne veux pas le voir, eh bien, tu ferais mieux d’attendre ou de prendre un autre chemin”.
   C’était bien de sa part de s’être arrêté pour m’avertir. Et en fait, il y avait bien un autre chemin que j’aurais pu prendre, car un sentier s’éloignait de la route pour monter au travers des arbres et passer derrière une grande masure nommée Plas Gwynfryn où vivait un riche homme avec un Sir devant son nom. Donc j’aurais pu passer par là et éviter le cadavre. Mais je me suis dit que, bon, le jour tombait et il faisait de plus en plus sombre, et puis je n’avais jamais vu de mort et ç’aurait été dommage de rater ça. Si bien que j’ai continué tout droit et je suis passé à côté. Le pauvre gars marchait juste, il avait eu une crise cardiaque et était mort sur place. Quand je suis rentré et que j’ai raconté ça à ma mère, elle était tellement sous le choc qu’elle s’est servi un verre de brandy et a trouvé que j’avais du sang-froid pour ne pas être choqué comme elle.




Philip Pullman en février 2011 à Cardiff à l’occasion du dîner du 50e anniversaire de la Yr Academi Gymreig/The Welsh Academy – désormais nommée Llenyddiaeth Cymru/Literature Wales – au cours duquel il a reçu le titre de membre honoraire. Cet article est basé sur ce qu’il a dit à cette occasion.




   Il y avait toujours un tas de combines sur la route de Llanbedr. Peut-être vous rappelez-vous de ces petits feux d’artifices, ces pétards qu’on pouvait acheter pour un penny. La seule chose que faisaient ces truc était d’exploser. Eh bien, une fois l’an, Derek Dobney et moi on en achetait une douzaine et on se cachait dans les arbres derrière le parking du pub, là où se trouvaient les toilettes publiques. On attendait de voir quelqu’un venir, puis on allumait un pétard et on le jetait sur le toit pour voir la personne sortir en courant. C’était vraiment plaisant. Derek était un garçon très entreprenant. Avant que sa famille ne déménage à Llanbedr, il vivait à Barmouth, et un hiver, nous deux et quelques autres sommes descendus aux abris de bord de mer, là où les couples allaient pour se rouler des pelles. On se cachait jusqu’à trouver un couple, puis on sortait et on se plantait devant eux jusqu’à temps qu’ils nous chassent.



   Quand j’ai eu une quinzaine d’années, j’ai commencé à apprendre à dessiner. Je n’ai pas fait de dessin à l’école ça tombait en même temps que le latin, et il fallait que j’apprenne le latin car... eh bien, les enfants sérieux font du latin, et le dessin c’était pour les autres, et c’était quelque chose de très mal pour tout un tas de raisons. Donc j’ai fait du latin, et c’était enseigné par Miss Lewis. Elle était toute petite, mais vraiment petite ; on l’appelait Ma Lew, mais jamais devant elle. Elle était très fière et vraiment méchante. Il courait une histoire, à laquelle je crois entièrement, concernant un mauvais garçon dans l’une de ses classes qui se montrait impoli, insolent ou quelque chose du genre. Elle lui avait dit de venir au premier rang avec sa chaise. Il croyait qu’il allait devoir s’y asseoir, et il est venu en fanfaronnant et a posé sa chaise. “Aide moi à grimper” lui a-t-elle dit, et il l’a aidé à monter sur la chaise. Puis elle l’a frappé.

   J’aimais bien le latin, mais je regrette de ne pas avoir fait dessin. Avec l’aide d’un livre sur l’histoire de la peinture que j’avais acheté avec un bon reçu à mes quinze ans, je suis tombé amoureux des arts visuels et je suis devenu obsédé par la difficulté et le plaisir de tracer des marques au stylo ou au crayon gras sur le papier pour qu’ils puissent correspondre à ce qu’on pouvait voir dehors. Il y avait en face de notre maison un champ avec une clôture qui partait en capilotade, et qui montait jusqu’au sommet de la colline. Je me suis exercé à de multiples reprises sur ce champ avec des stylos et crayons gras mais je n’arrivais jamais à bien le saisir. Un peu plus tard, quand on a déménagé à Llandanwg, d’où nous pouvions voir la mer, je me suis retrouvé au milieu d’un décor magnifique que j’ai décrit bien des années plus tard dans un livre nommé The Broken Bridge. J’ai transmis ma passion du dessin à l’héroïne, Ginny. Dans ce passage, je décris précisément les lieux où nous vivions:
   “Vers l’intérieur des terres, de l’autre côté de la grand route, une flopée de collines couvertes d’herbe, en aucun cas des montagnes mais de hautes collines, se perdait dans le lointain, hors de vue. Mais de ce côté-ci, du côté de la côte, c’était des étendues de magie et de beauté, le royaume de Ginny.
   Un espace de deux kilomètres de long, tout le terrain inclus entre la route et la mer. S’y trouvait un champ d’herbe en contrebas de la route, puis l’allée où se dressait sa maison, puis d’autres champs, la ligne de chemin de fer, un autre champ encore et les dunes de sable et la plage. Sur la gauche s’ouvrait l’estuaire où une petite rivière qui quelques kilomètres seulement vers l’amont sautillait avec légèreté entre des galets, s’élargissait très largement et ralentissait dans un lagon. Au-delà s’accumulaient d’autres dunes, et, au niveau de l’horizon, un petit aérodrome d’où s’envolaient de temps à autres de petits coucous zingués qui effleuraient la mer puis disparaissaient. Tout, depuis la route jusqu’à la mer, était à Ginny.
   Tout ceci lui appartenait car elle l’avait dessiné, depuis les insectes sur les murs de pierre de la chapelle branlante à demi-ensevelie dans les dunes jusqu’au petit pont qui portait la ligne ferroviaire vers l’autre rive de l’estuaire…”



   Mon éducation sentimentale s’est produite quand je m’y attendais le moins. Un après-midi d’automne, pendant ma première ou deuxième année à Ysgol Ardudwy, ma classe a du annuler son cours habituel car le professeur n’était pas là et qu’il n’y avait pas de remplaçant. Nous avons du nous rendre dans le hall avec un livre et nous assoir sagement tandis que le professeur de musique s’occupait d’une autre classe. Du coup, nous nous sommes rassemblés, et je suppose que nous étions plutôt alanguis car il s’agissait d’un de ces chauds après-midis où l’automne semble éternellement suspendu dans l’air. La lumière devait sûrement entrer par les grandes fenêtres pour nous réchauffer tous.

   Et à cause de cette chaude et langoureuse lumière, et parce que j’étais dans cet état d’esprit, parce que les rayons du soleils se sont pris dans les cheveux d’une fille de l’autre classe nommée Carol Powell, parce qu’elle était mignonne et parce que mon esprit romantique était galopant, parce que le professeur de musique jouait cet air bien particulier que je n’avais jamais entendu auparavant et qui m’a aussitôt semblé la plus belle mélodie qu’il m’ait été donné d’entendre, comme si elle avait été composée spécialement pour moi, spécialement pour cet état d’esprit et pour cette occasion… Quoi qu’il en soit, c’était ce morceau que j’entendais pour la première fois sans savoir de quoi il s’agissait:
Voi che sapete
Che cosa è amor,
Donne vedete
S’io l’ho nel cor …
   Et pour tout résultat, en entendant adolescent et pour la première fois cette mélodie extraordinaire, ravissante et bouleversante, alors que je ne m’y attendais pas et que j’étais juste assis alors que le soleil scintillait dans les cheveux de Carol Powell – eh bien, ça m’a frappé comme un éclair de parfum doré. Je suis tombé amoureux. Sur place. Immédiatement. J’étais amoureux de ce morceau magnifique, et amoureux de Carol Powell. Je n’avais pas compris les paroles, mais peu importait, la mélodie suffisait. Mais quand bien plus tard j’ai découvert ce que le chanteur racontait, j’ai été encore plus surpris du génie profond de Mozart, qui a associé une telle mélodie aux mots d’un adolescent qui chantait au sujet de l’amour :
Vous qui savez ce qu’est l'amour, Femmes voyez si moi je l'ai dans le cœur. Ce que j'éprouve, je vais vous le dire, est pour moi nouveau. Le comprendre je ne puis. Je ressens un sentiment plein de désir qui maintenant m'est cher, qui maintenant est mûr. J'ai froid et puis je sens mon âme s'embraser, et en un moment je suis de nouveau glacé, je recherche un bien en dehors de moi-même. Je ne sais à quoi il tient. J'ignore ce qu'il est.
   Et ainsi de suite. Chaque mot est conforme. Rhyddid Williams, le professeur de musique, n’avait aucune idée que ceci m’arriverait. Comment aurait-il pu ? C’était intime et secret, et je ne m’en serais jamais confessé à quiconque. Néanmoins, cette leçon impromptue sur la manière de tomber amoureux a été l’un des trois ou quatre moments les plus importants qui me soient arrivés dans ma jeunesse. Et en retour ceci m’a appris qu’on doit offrir à nos enfants, élèves et étudiants la chance de se frotter à toutes sortes de choses inattendues, et nous ne devons jamais leur demander ce qu’ils pensent de leur signification.




   J’ai parlé et écrit par le passé au sujet de ma professeur d’anglais, ma chère amie Miss Enid Jones. L’une des choses géniales qu’elle a faite était de monter chaque année une pièce de théâtre, et à chaque fois j’en étais. J’ai réalisé quelque chose que je n’ai jamais vu battu en brèche : dans chaque pièce qui est montée, quelqu’un va tomber amoureux. L’intensité des sentiments qui sont évoqués autour de cela, les costumes glamour et la puissance des mots – tout vise à titiller l’âme. Et le cœur. Et le corps.

   Pour la plupart des adolescents à mon époque, la chose la plus inspirante était l’existence de Bob Dylan. Il avait lui-même pris ce nom en référence au poète gallois, et bien sûr la prononciation galloise de son nom ne rimait pas avec Jill. Dylan Thomas lui-même disait que le nom rimait avec chillen, comme dans la l’expression « all God’s chillen got wings ». Il essayait probablement de dissuader les Américains de l’appeler Daï-lan. Quoi qu’il en soit, Bob Dylan or Dillen nous est apparu comme une révélation. J’ai retiré les cordes en nylon de ma vieille guitare et les ai remplacées par des cordes en acier. Je m’essayais dans notre jardin, persévérant accord après accord, et je me souviens encore où j’étais assis quand j’ai réalisé pourquoi donc il y avait ce fameux accord de septième d'espèces, et ce que ça a à voir avec les tonalités. Quand vous trouvez tout seul, c’est super.

   Mon grand copain Merfyn Jones, qui par la suite est devenu un historien et universitaire reconnu, passait à l’époque par une phase très politique, et cet aspect de la musique de Bob Dylan lui plaisait beaucoup. Merfyn avait à peu près autant de talent musical que... il n’en n’avait pas, en fait. Mais ça ne nous a pas arrêtés. Un été – probablement en 1965 – lui et moi avions décidé de faire don au monde de notre génie, et nous nous sommes mis en route pour Pwllheli. Il faut bien démarrer quelque part. J’avais ma guitare, et aussi mon porte-harmonica. Mais la grande différence entre Bob Dylan et moi – la seule différence en vérité, la raison pour laquelle il a eu un plus grand succès musical – est que son porte-harmonica était meilleur que le mieux. J’avais fabriqué le mien à partir d’un porte manteau et j’avais accroché dessus mon délicat harmonica chromé avec de la ficelle.
   Eh bien, Merfyn et moi nous étions décidés pour le Seashell Café afin d’accueillir notre première prestation, aussi nous sommes entrés et avons demandé à la dame derrière le comptoir si nous pouvions chanter. “Eh bien, allez-y” avait-il dit, dubitativement. Nous nous sommes donc lancés avec When the ship comes in:
Oh the time will come up
When the wind will stop
And the breeze will cease to be breathin’
Like the stillness in the wind
‘Fore the hurricane begins
The hour that the ship comes in.
And the seas will split
And the ship will hit
And the sands on the shoreline will be shaking
Then the tide will sound
And the wind will pound
And the morning will be breaking …
   Ça marchait très bien pour moi, je mugissais les paroles, et Merfyn battait quelque chose qui s’approchait de la mesure. Puis il y a eu l’harmonica. J’ai soufflé et aspiré comme un fou, et puis j’ai réalisé avec horreur que l’harmonica se détachait. Du coin des yeux je l’ai vu glisser hors du bout de ficelle à droite. J’ai essayé de l’attraper avec mes dents, mais il m’a échappé et s’est mis à pendre, hors d’atteinte. La manière dont j’ai fini le morceau avait quelque chose d’assez ignoble. Puis ça a été au tour de Merfyn. Il allait prendre la parole. Il a commencé dans un style assez fin:
“Vous autres, vous les vacanciers, avec vos tasses de thé et vos godets – tant mieux pour vous. Profitez de vos vacances, allez-y. Mais dans les jungles de l’Asie du Sud-Est le pauvre peuple du Vietnam se bat pour survivre contre les impérialistes américains. Ils n’ont pas de tasse de thé. Ils n’ont pas de godet ni d’assiette…”
   Mais c’en était trop pour le propriétaire. “Allez, déguerpissez, a-t-elle dit. Tous les deux, dehors”. Alors on est sorti et on s’est pris une glace. J’ai considéré cela comme une victoire. On avait été mis au silence par les forces tyranniques de réaction. C’était quelque chose dont on pouvait être fier.



Je n’oublierai jamais la lumière du soir – ces longues et calmes soirées d’été que vous ne voyez jamais finir, quand vous avez pris le thé et fini vos devoirs et qu’il n’y a rien d’autre à faire que jouer et se promener sur la plage avec la mer jetant ses petites vagues les unes après les autres sur le sable. Cette lumière qui emplit le monde depuis l’horizon de la mer placide jusqu’à l’estuaire et les dunes de Llandanwg, de Mochras et de Morfa Dyffryn et aux pentes de Moelfre ; ce dôme parfait de verdure et toutes les collines derrière. Je m’en souviens avec une précision riche et bienveillante dans laquelle chaque détail est net et précis et bien placé, comme s’il avait été destiné à se trouver là depuis l’aube des temps. C’est cela que je dois au Pays de Galles. Je dois l’éducation de mes sentiments à ce paysage, et à toutes sortes de musiques que j’écoutais alors, à tous mes amis et à tous ces professeurs qui m’ont appris quelque chose, sciemment ou non.



   Il y aurait beaucoup à dire sur la dette que mon âme a envers cette partie du nord du Pays de Galles, des hasards qui m’y ont conduit et qui m’ont donné ces expériences et de nombreuses autres. J’écrirai plus longuement à leur sujet un jour. Mais aussi longtemps que je vivrai, je n’oublierai jamais la lumière du soir – ces longues et calmes soirées d’été que vous ne voyez jamais finir, quand vous avez pris le thé et fini vos devoirs et qu’il n’y a rien d’autre à faire que jouer et se promener sur la plage avec la mer jetant ses petites vagues les unes après les autres sur le sable. Cette lumière qui emplit le monde depuis l’horizon de la mer placide jusqu’à l’estuaire et les dunes de Llandanwg, de Mochras et de Morfa Dyffryn et aux pentes de Moelfre ; ce dôme parfait de verdure et toutes les collines derrière. Je m’en souviens avec une précision riche et bienveillante dans laquelle chaque détail est net et précis et bien placé, comme s’il avait été destiné à se trouver là depuis l’aube des temps.

   C’est cela que je dois au Pays de Galles. Je dois l’éducation de mes sentiments à ce paysage, et à toutes sortes de musiques que j’écoutais alors, à tous mes amis et à tous ces professeurs qui m’ont appris quelque chose, sciemment ou non.




Philip Pullman est un auteur de best-sellers, notamment de la trilogie de fantasy A la Croisée des Mondes (1995-2000), dont le premier tome a été adapté avec le film La Boussole d’Or. Plus récemment, avec plus de controverse, il a écrit une biographie fictive de Jésus, The Good Man Jesus and the Scoundrel Christ (2010). Né à Norwich en 1946, il a été élève à partir de 1957 à Ysgol Ardudwy, Harlech. En 2007 il a été nommé Professeur Honoraire d’écriture créative à l’université de Bangor.

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Nos remerciements les plus sincères à Ms Helen Sims-Coomber et au Institute of Welsh Affairs (www.iwa.org.uk) pour nous avoir fourni une copie de cet article originellement publié dans le numéro 44 de l'été 2011 du magazine Agenda. L'article original anglais est disponible sur notre site web en pdf en suivant ce lien.

Détails
Jeudi 25 Aout 2011 - 19:36:25
Haku
Source : Institute of Welsh Affairs
Ce document a été écrit ou traduit par son auteur pour Cittàgazze. Si vous souhaitez utiliser ce document sur votre site, intégralement ou non, veuillez s'il vous plait en faire la demande à l'auteur et placer un lien vers Cittàgazze.
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