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Pourquoi nous devons faire face aux barbares :.
Mercredi 20 Juillet 2011 - 21:15:28 par Haku - Détails - article lu 848 fois - - -

Philip Pullman: 'Pourquoi nous devons faire face aux barbares'


L’auteur aux multiples récompenses a rejoint la bataille contre les fermetures de bibliothèques.


Pullman: Internet n’est pas un moyen de substitution aux bibliothèques. Photo: ANDREW CROWLEY



Par Peter Stanford
20 juillet 2011



Pour les passants lambda, la bibliothèque Kensal Rise au nord-ouest de Londres n’est qu’un bâtiment municipal de plus, victorien en briques rouges, qui se distingue uniquement du fait de ses proportions légèrement plus grandes que les maisons du même cru qui l’entourent. S’ils prenaient le temps de s’y arrêter et d’y entrer, la plaque de cuivre posée dans l’entrée du bâtiment annonçant qu’il a été inauguré en 1900 par l’auteur Américain Mark Twain apporteront juste un peu plus de curiosité à cette aile de la bibliothèque.


Mais en cette morne matinée, alors que les lecteurs jeunes et vieux parcourent les rayonnages, on fait peu allusion à son statut de représentant de marque d’une campagne nationale visant à contraindre le Gouvernement à faire une nouvelle marche arrière, cette fois en ce qui concerne les fermetures de bibliothèques.


Et aujourd’hui sera pourtant examiné par la Haute Cour le destin de Kensal Rise (ainsi que celui de cinq autres bibliothèques gérées par le comté de Brent). Ces batailles pour préserver le lieu – et elles impliquent les sommités littéraires Maggie Gee, Zadie Smith et Tim Lott, ainsi que Nick Cave, Michael Rosen et Alan Bennett – visent une révision judiciaire de la décision de fermeture, qu’ils disent avoir été prise sans véritable consultation ni considérer de solutions de secours.


Pour saisir ce qui serait un jour à marquer d’une croix blanche si la court les déboutait, l’auteur aux multiples récompenses Philip Pullman vient à Kensal Rise ce soir pour une levée de fond visant à aider à payer les factures des frais de justice. Il lira des extraits de son bestseller controversé, The Good Man Jesus and the Scoundrel Christ, puis répondra à des questions sur l’importance des bibliothèques dans le processus de construction de notre pensée. “J’ai passé, dit-il, une grande partie de mon enfance immergé dans des bibliothèques à bord de bateaux me menant aux quatre coins de l’Empire (son père était pilote à la Royal Air Force).


“Fermer les bibliothèques est le comportement d’une culture sans attache, ajoute-t-il. Les bibliothèques ne sont pas seulement une source d’approvisionnement en livre. Nombre d’entre elles symbolisent quelque chose de plus, que la Grande-Bretagne est un endroit civilisé. Et quand une partie de notre civilisation est détruite, il fait se tenir prêt à contenir les barbares.”


Discours virulent de la part de Pullman, 64 ans, – un professeur qui ne s’est mis à l’écriture à temps plein que lorsque A la Croisée des Mondes a commencé à attirer adultes et enfants par millions – qui admet être “furibond de rage” face au traitement réservé aux bibliothèques dans les coupes budgétaires des fonds publiques. Il est enragé, surtout, par la façon dont plus de 400 bibliothèques à travers le pays ont été assigné à fermer.


“Cela a été décidé par des personnes qui se disent avec une brutalité débonnaire 'Oh, ils s’en moquent vu que désormais on a internet’. Ce ne sont pas eux qui seront affectés par ces fermetures car ils n’ont jamais eu à emprunter de livres. Ils ont les moyens d’en acheter. Et ils n’ont jamais eu à prendre le bus, comme certains conseils locaux le suggèrent aux usagers de bibliothèques fermées, pour parcourir des kilomètres jusqu’à en trouver une qui est ouverte.”


Pullman vient à Kensal Rise fraîchement auréolé de son succès dans son comté local de l’Oxfordshire, dont le Conseil a été forcé de suspendre pour un an ses plans de fermeture de 20 de ses 40 bibliothèques le temps de mener une consultation digne de ce nom. En particulier, il fait part de son mépris vis à vis de la suggestion selon laquelle l’accès généralisé au web a rendu obsolètes les bibliothèques. “Les ordinateurs ne peuvent vous donner qu’une vision au travers du trou de la serrure, ils ne servent que si vous savez quelle information vous cherchez. Vous ne pouvez pas vous y baladez comme dans une bibliothèque, et y prendre au hasard un livre qui aura attiré votre attention.”


Et pour certains enfants, l’alternative que représente l’usage d’internet à la maison n’existe tout simplement pas, souligne-t-il. Selon la chargée de la réduction de la fracture numérique du gouvernement, Martha Lane Fox, il y a neuf millions de gens au Royaume-Uni qui n’ont jamais utilisé le web, et plus de quatre qui ont essayé sans jamais le refaire. Le stéréotype populaire veut que les exclus de l’ère numérique sont les personnes âgées, mais Lane Fox estime qu’au moins un million d’entre elles sont des familles avec enfants.


Pullman fustige tous les partis politiques pour laisser les bibliothèques à vau l’eau. “Dans l’Oxfordshire, ils se sont comportés en voyous,” revendique-t-il. Son sentiment trouve écho parmi le comité de soutien de Kensal Rise, dit le romancier Tim Lott. “On a proposé de travailler dans un conseil géré par les Travaillistes pour trouver un moyen par lequel la communauté pourrait gérer la bibliothèques, ou lever une collecte de fonds dans ce but, ou la reprendre à notre compte, d’autant plus que Brent ne peut pas utiliser ces murs pour autre chose (il s’agissait d’un dons aux habitants fait en 1900 de la part du All Soul’s College d’Oxford, et il doit être rendu si la bibliothèque vient à fermer). Mais Brent a refusé toute sorte de dialogue avec nous.”


Lott est également perplexe devant le manque d’encouragement du gouvernement de coalition. Il a été informé des propositions du comité de soutien, basé sur place, faisant appel à des volontaires et proposé par la communauté – que des idées clés de l’idée préférée de David Cameron, la Big Society (Grande Société). “Les Conservateurs perdent une occasion en or en ne nous apportant aucun soutien, dit-elle. Ils se démènent pour montrer la Grande Société en action, et ici nous le faisons pour eux.”


Philip Pullman, cependant, n’est pas surpris. “Je pense que le Gouvernement tient une position bancale vis à vis des fermetures des librairies. Ils se sont imaginé que ceux qui votent seraient d’accord avec eux sur le fait que les bibliothèques sont juste un luxe pour les parasites, mais les contestations partout à travers le pays les ont pris de court. Quand Alan Bennett (homme de théâtre) est venu apporter son soutient à Kensal Rise (en mai), il comparait la fermeture des bibliothèques à des abus sur enfant et a été décrié pour cela. Mais je comprends ce qu’il veut dire. Et je crois que nombre d’enseignants, de parents et d’enfants le comprendront, aussi.”


Détails
Mercredi 20 Juillet 2011 - 21:15:28
Haku
Source : The Telegraph
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