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Caradoc King & Philip Pullman: notre rencontre :.
Lundi 07 Mars 2011 - 22:16:23 par Haku - Détails - article lu 907 fois - - -

Caradoc King & Philip Pullman: notre rencontre
Interviews par Adam Jacques
Dimanche 6 mars 2011


Pullman (droite) : 'A l’université, nous nous prétendions être de vieux hiboux, à prendre du sherry avant le repas' Photo: DONALD MACLELLAN



Caradoc King, 64 ans
A la tête de l’agence Watt, King est l’agent d’écrivains tels que Graham Swift, Tony Parsons et Philip Pullman, qu’il représente depuis 35 ans. Il vit à Londres avec sa partenaire.


Nous nous sommes rencontré le premier jour de la session d’automne à Exeter College, à Oxford, en 1965. C’était un grand garçon, avec de longs cheveux, de belle allure, comme une future rock-star. Nous étions de jeunes de province qui ne se connaissaient pas, et nous nous sommes mis d’accord pour aller prendre un verre au bar du college.

Il passait beaucoup de temps à jouer de la guitare, à faire de la peinture et à écrire ; quand on révisait nos partiels il ressassait son premier roman. Philip était dans sa période rock – JJ Cale en particulier – alors que moi j’étais plutôt dans la musique classique. Est-ce qu’on était toujours défoncés ? Il faut savoir qu’on est arrivé à Oxford entre 1965 et 1968, dans cette période charnière où la vie y était encore assez rigide ; les années 1960 n’ont vraiment démarré qu’en 1968, même si nous avons fumé une ou deux fois.

Une fois, nous avons été invité à diner par le recteur du college, avec quelques autres brillants camarades, ainsi qu’un invité de marque – JRR Tolkien. Avec le recul, c’était une rencontre extraordinaire : un jeune élève qui deviendrait le plus grand auteur de fantasy de sa génération assis en présence de l’auteur du Seigneur des Anneaux.

Après le diplôme, je me rappelle d’un fantastique voyage que nous avons entrepris après Noël, entre le Gloucestershire et Land's End, au moment du jour de l’An. Nous avons traîné dans les bar, nous étions un peu bourré et la nuit de la St-Sylvestre, nous nous sommes endormi à l’arrière de mon van par une nuit glaciale, pour nous réveiller devant un lever de soleil incroyable sur les Cornouailles.

Je me suis lancé dans l’édition tandis que Philip travaillait à mi-temps, avec la détermination à devenir écrivain. Quand en 1976 j’ai rejoins AP Watt comme agent, il m’a offert sa première œuvre pour adultes, Galatea, et depuis lors nous avons été connecté de façon professionnelle.
C’est un plaisir de combiner l’admiration à l’amitié. Il aurait pu dire, à un moment donné, qu’il avait écrit des romans pour moi pendant vingt ans et qu’il en avait assez, mais on ne s’est jamais frité ; c’est mon plus ancien ami. Il raconte de foutues bonnes histoires, mais ne sur-intellectualise pas ce qu’il fait ; c’est toujours l’histoire avant tout.

Ces temps-ci, il est considéré comme un personnage profond et visionnaire, mais c’est également le même homme que celui dont je me souviens lors de notre première rencontre : il est juste très marrant.


Philip Pullman, 64 ans
Auteur multi-récompensé de best-sellers, Pullman est surtout connu pour sa trilogie de romans de fantasy pour la jeunesse, A la Croisée des Mondes. Il vit avec sa femme à Oxford.


"Nous étions dix à étudier l’anglais à Exeter College, à Oxford, en 1965 quand nous avons été convoqués pour une rencontre avec notre nouveau professeur au second jour du trimestre. Nous étions tous fraîchement émoulus de l’école, mais Caradoc, qui était le seul à porter un costume, m’a impressionné par son attitude bien plus adulte ; il avait l’allure d’un homme du monde. Il semblait déjà savoir chez qui aller au college pour obtenir telle ou telle concession.

Il était déjà un chef, un leader naturel, mettant en scène les pièces pour le club de théâtre du college. En troisième année, nous avons partagé un cottage. A cette époque, nous n’avions pas le droit de nous loger dans des chambres sans aval, mais Caradoc avait décidé qu’il vivrait avec style à la campagne, et Caradoc a exposé au recteur que nous étions les victimes de malheureuses circonstances familiales, et l’a persuadé de nous laissé vivre là-bas. Nous vivions dans le faux style de vieux habitués de clubs. Nous nous prétendions être de vieux hiboux à nous asseoir dans notre club, à prendre du sherry avant le repas et à nous relayer au fourneau.

Nous avons même été invités par le recteur à dîner, avec sa femme et son invité d’honneur, JRR Tolkien. Il s’est tourné vers notre colocataire, Richard, et lui a dit "Dites-moi, jeune homme, comment ils prononcent l’Anglo-saxon de nos jours ?" Richard n’en avait pas la moindre idée, aussi il s’est tourné vers Caradoc et a demandé "Maintenant, jeune homme, avez-vous aimé Le Seigneur des Anneaux?" ce à quoi il a répondu "Non, je ne l’ai pas lu." La conversation de Tolkien en est restée là pour le diner.

Caradoc travaillait par nuées, et a eu un bien meilleur diplôme ; je suis allé à deux cours et les ai trouvés si ennuyeux que je n’ai jamais voulu y retourner. Après l’université, Caradoc a trouvé un poste dans l’édition – il savait ce qu’il voulait faire ; moi je n’en savais rien. J’ai eu un diplôme au ras des pâquerettes et j’ai erré jusqu’à Londres pour me faire héberger chez les gens.

En 1976, j’avais un livre pour adultes prêt à sortir, et Caradoc représentais mes intérêts. J’étais vraiment embarrassé d’aller vers lui avec si peu d’avance. Depuis lors, notre relation a été limpide ; il a toute ma confiance.

Tout en étant proches, nous avons des points de désaccord : vous pourriez me qualifier d’humaniste, tandis que Caradoc est catholique, si bien que nous nous sommes accrochés sur les richesses de l’église et son étalement du symbolisme. Caradoc aime le cérémoniel, moi pas.

Nous nous voyons régulièrement, autour d’une table à Londres, mais nous sommes tous deux d’âge mûr et lents désormais – bien qu’il ait bien moins changé que moi. Il a toujours ses cheveux, je le lui envie cela, et il se maintient en forme avec les exercices de l’armée de l’air canadienne. Je suis marqué et ridé désormais.

La biographie de Caradoc King, 'Problem Child', (Simon & Schuster, £16.99) est désormais en librairies.


Détails
Lundi 07 Mars 2011 - 22:16:23
Haku
Source : The Independent
Ce document a été écrit ou traduit par son auteur pour Cittàgazze. Si vous souhaitez utiliser ce document sur votre site, intégralement ou non, veuillez s'il vous plait en faire la demande à l'auteur et placer un lien vers Cittàgazze.
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