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La photo de la décennie de Philip Pullman :.
14 Novembre 2010 - 20:17:51 par Haku - Détails - article lu 948 fois - - -

La photo de la décennie de Philip Pullman

Philip Pullman
The Guardian, Samedi 13 novembre 2010


L’Argento-israélien Daniel Barenboim dirige les musiciens Juifs et Palestiniens du West-Eastern Divan Orchestra, créé conjointement par lui-même et feu l’intellectuel américano-israélien Edward Said. Photo: Abbas Momani/AFP/Getty Images.


Sang, fumée, gravas, inondation, armes, cadavres, boucliers anti-émeute, flammes, gratte-ciels, encore des gravats et des inondations et encore plus de sang – est-ce bien là ce autour de quoi a tourné cette décennie ? Ce serait facile de le croire. En y ajoutant le recul des calottes polaires et la pollution des rivières, avec l’écosystème glissant au désastre sous nos yeux sans qu’aucun leader politique ne semble lever le petit doigt pour empêcher la chose.


Mais mon image de la décennie est une photo où Daniel Barenboim dirige le West-Eastern Divan Orchestra. Ce grand projet lancé par Barenboim et Edward Said, n’est pas politique, a fermement déclaré Barenboim ; mais son existence même est un fait politique, comme tout ce qui implique Israéliens et Palestiniens. Chacun de ces jeunes musiciens a son histoire, et leurs histoires témoignent de l’intense danger, de la peur, de la suspicion et de la haine qui a imprégné leur passé.


Mais prenez une flûte ou une viole, et jouez Mozart, Brahms ou Beethoven, voire, après quelques scrupules, Wagner, avec des confrères musiciens qui viennent de l’autre côté...


Cela n’apportera pas la paix. L’art ne peut à lui seul faire cela ; comme Auden l’aurait dit, aucun poème n’a sauvé le moindre Juif des chambres à gaz. Peu importe. Écrivez tout de même des poèmes. Jouez de la musique malgré tout. Et de la musique classique occidentale. Mais qu’est-ce que cela a à voir avec la vie d’un orphelin de Ramallah ou bien une habitante des bidonvilles de Caracas (car une autre grande initiative musicale, le Simón Bolívar Youth Orchestra of Venezuela, est aussi havre de bonheur dans l’obscurité de cette décennie) ? Ce que cela a à voir est que c’est inépuisablement beau, et cela leur appartient, car cela appartient à nous tous.


Le West-Eastern Divan Orchestra n’apportera pas la paix, mais apportera la musique. C’est un privilège d’être vivant à l’heure où Barenboim et son orchestre font ce travail impossible (car l’impossible, a-t-il dit, est plus intéressant que le simplement difficile) et profondément nécessaire.


Détails
14 Novembre 2010 - 20:17:51
Haku
Source : The Guardian
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