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Philip Pullman est un conteur parlant sans détour :.
07 Novembre 2010 - 00:39:38 par Haku - Détails - article lu 756 fois - - -

Philip Pullman est un conteur parlant sans détour



Lorne Jackson parle avec l’auteur reconnu dont les prises de positions ont toujours tendance à déclencher la controverse.
5 Novembre 2010
Par Lorne Jackson


Nombre de personnes ont fait le déplacement pour voir le Pape lors de sa récente visite à Birmingham. Philip Pullman n’était pas de ceux-là.

Il y a nombre de raisons possibles pour expliquer pourquoi l’auteur de best-sellers de littérature jeunesse n’a jamais fait partie du lot des fervents admirateurs qui ont regardé, absorbé le souverain pontife béatifier le Cardinal Newman. Les auteurs sont souvent des âmes solitaires, ménageant leurs prises de parole et préférant la compagnie d’un dictionnaire à une fête populeuse. Pullman est aussi un homme occupé, avec un tas de pages blanches à noircir. Mais oubliez tout ceci : la vraie raison pour laquelle il ne rêvera jamais de cérémonies papales pompeuses est qu’il est l’un des athées les plus éminents du pays, aux côtés de Richard Dawkins et Stephen Hawking. Il n’a que des reproches pour les vrais croyants.

Bien sûr, il a considéré la béatification par le Pape du Cardinal Newman avec un mélange de perplexité et d’exaspération : “Le processus de béatification et canonisation est un tel non-sens que je ne crois pas que ceci mérite de s’y intéresser,” lance-t-il avec dédain. “Cela ne changera rien pour Newman, qui est mort. Et ça ne changera rien pour les vivants non plus, sinon qu’ils auraient un autre saint pour lequel prier. Mon problème avec la visite du Pape, plus particulièrement, est qu’il s’agissait d’une visite d’état et que nous avons payé pour cela. Le Pape est libre d’être reçu ici comme une personne privée, et d’être interviewée et engagé dans tout processus démocratique classique ou non, si cela lui plaît. S’il souhaite venir et prier dans la solitude devant la tombe du Cardinal Newman, il est le bienvenu également. Mon objection est qu’il est considéré comme un dirigeant d’état. Car le Vatican n’est pas un état proprement constitué. C’était juste un arrangement entre l’Eglise Catholique et les fascistes sous Mussolini.”

Pullman n’a pas peur de susciter la controverse, comme en attestent les précédentes diatribes. Cette rugosité envers Dieu s’est frayé un chemin dans son œuvre, l’exemple le plus connu étant la trilogie encensée A la Croisée des Mondes. Cette série parle d’une jeune fille nommée Lyra Belacqua qui vit dans un monde parallèle et doit se battre contre une secte religieuse autoritaire nommée Magisterium qui contrôle la société avec une emprise proche du vice. Les livres ont été portés aux nues par l’intelligentsia libérale, appréciés par les enfants autant que par les adultes, et ont récolté leur lot mérité de prix en cours de route. Ils ont aussi été censurés dans des écoles en Amérique et au Royaume-Uni. “Je suis déjà une figure focalisant la haine parmi les groupes chrétiens, explique Pullman en haussant les épaules. Ils savent que mon œuvre est mauvaise sans même l’avoir lue.”

Ainsi donc recule-t-il de sa ligne dictatoriale marquée de la sainteté ? Loin de là. Le dernier livre de Pullman, The Good Man Jesus And The Scoundrel Christ, prend un parti encore plus clair face à la Chrétienté. Il s’agit d’une réécriture du Nouveau Testament partant du principe que Jésus était en fait deux personnes – une bonne et une mauvaise. Sans surprise, c’est devenu sujet de controverse chez nombre de chrétiens dévots. Cela serait regrettable, toutefois, de voir Pullman comme un homme fâché avec l’homme sur la croix. Il est avant tout un conteur ; l’un des plus doués, également. Il a récemment été inclus dans la liste des 50 plus grands auteurs britanniques depuis 1945.

Avant d’écrire A la Croisée des Mondes, Pullman a publié une série de petits livres qui étaient moins guidés par des idées, et qui étaient plus dans l’esprit des contes de fées traditionnels. L’un d’eux, La Magie de Lila, vient d’être adapté en une pièce de théâtre pour enfants par l’auteur Stephen Russell pour la Birmingham Stage Company. Ainsi démarre une longue série de représentations au Old Rep à compter du 9 novembre. On suit ainsi l’histoire de Lila, une jeune fille en Orient, qui veut devenir faiseuse de feux d’artifices, tout comme son père. Mais son père rabat-joie l’informe qu’il ne s’agit pas là d’un travail pour une fille. Alors Lila part en secret au Mont Merapi, pour rechercher l’inaccessible sulfure royal qui lui permettra d’atteindre son but. En chemin, elle doit faire face à des pirates et des créatures surnaturelles, dont un terrifiant démon du feu. Puis son ami Chulak arrive pour l’aider avec Hamlet l’éléphant parlant. Elle doit alors rentrer pour sauver son père prisonnier en montant le feu d’artifice le plus impressionnant qu’on ait pu voir.

Pullman a vu nombre de ses ouvrages adaptés sur différents médias. Les Royaumes du Nord, premier volet de la trilogie A la Croisée des Mondes, est devenu un film à effets spéciaux à Hollywood avec Daniel Craig et Nicole Kidman. Dans le même temps, Billie Piper a joué pour la télévision Sally Lockhart, la fougueuse héroïne d’une série de thrillers victoriens de Pullman.

Est-il toujours content des adaptations ? “Tout ce qui a été entrepris a fonctionné d’une façon ou d’une autre,” dit-il. “Je trouve toujours le processus très intéressant, bien que l’excitation ne soit pas toujours le mot que j’utiliserais pour décrire ce que je ressens. Parfois, c’est de l’appréhension. Mais l’excitation est certainement le mot pour ce que la Birmingham Stage Company prépare, car c’est une pièce très vivante et réussie qu’ils ont montée. Les acteurs sont merveilleux. Je ne pouvais espérer mieux à ce niveau. La musique est également sensationnelle ; tous les acteurs en jouent sur scène avec des instruments, c’est très impressionnant. Je pense que l’ensemble est superbe et je ne pourrais en être plus fier.”

Pullman est également intéressé par adapter ses propres œuvres. Il y a quelques années il a écrit The Adventures Of John Blake, pour un comic book nommé DFC. Après que la publication a été suspendue avant la fin de l’histoire, il a passé une partie de l’année à réécrire son histoire sous la forme du script d’un film. Pullman a également envisagé de réaliser un film.

“Si quelqu’un me donnait la chance de réaliser un film, je la saisirais probablement car je pense que le metteur en scène d’un film a un poste très puissant, tout comme le narrateur. Le réalisateur est un narrateur qui décide ce que la caméra doit filmer, et combien de temps on doit regarder dans cette direction avant de passer à autre chose. C’est le genre de choses que doit faire un narrateur,” dit-il avant d’ajouter rêveusement : “même si je ne pense pas que quiconque me donne un jour la chance de diriger un film. Mais c’est ainsi.”
Je suis assez surprise que Pullman s’intéresse au monde de la réalisation.

Avec ses airs respectés, sa maison à Oxford et ses œuvres ambitieuses de fantasy, il est souvent considéré comme un JRR Tolkien ou un CS Lewis moderne (à la Chrétienté du duo d’auteurs près, bien sûr). Mais il me surprend un peu plus en révélant son actuelle passion littéraire – Lee Child. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, il est l’auteur originaire de Birmingham ayant produit des thrillers plein d’action et dénués de non-sens, situés aux USA. Si les œuvres de Pullman questionnent souvent la foi, la liberté et la moralité, celles de Child tendent à questionner la nature des poings, des grosses cylindrées et des grosses armes. “Ce que j’aime ce sont les histoires, explique Pullman. J’aime les bons contes peu importe leur contexte, que ce soit des thrillers, ou de grandes pièces, telles que Hamlet. Ou encore des contes populaires. C’est pourquoi je suis récemment devenu un admirateur de Lee Child. Il raconte une très bonne histoire. J’ai été curieux à son sujet pendant un temps, car j’avais vu ses livres en vitrines, et je les avais feuilletés. Mais ils paraissaient moyens, voire assez mauvais. Mais au final, j’en ai rapporté un chez moi et en ai été ravi. J’ai lu les deux tiers de ses œuvres, il m’en reste environ cinq à lire. Et je les apprécie vraiment.”

Lecteur enthousiaste, Pullman semble clairement rejeter les étiquetages limitatifs qui sont souvent imposés sur les œuvres de fiction. Il aimerait aussi se défaire d’un étiquetage qui a été attaché à ses propres livres. Il ne se considère pas comme un auteur de littérature jeunesse. “Je ne me vois clairement pas comme un auteur jeunesse,” dit-il. “Pas du tout. J’espère être un auteur de littérature-pour-tous. Mon image romancée de moi-même est celle du vieux conteur sur la place du marché. Tout un tas d’activités se tiennent là. Les gens vendent et achètent, il y a un musicien ambulant dans un coin, et des pickpockets dans la foule. Et moi je suis là, sur mon petit carré de moquette, à raconter une histoire. Je n’ai pas de pancarte qui annonce ‘Passez votre chemin, réservé aux enfants’ ou bien ‘Interdit aux moins de dix ans.’ J’accepte quiconque souhaite s’arrêter pour écouter. Et c’est dans l’intérêt de mon histoire – et de mon compte en banque – d’avoir un public aussi large que possible. Et ceci inclut des enfants, ainsi que des adultes. Ainsi, j’essaie de raconter une histoire qui plaira à tous.”


La Magie de Lila, d’après Philip Pullman. Adaptation par la Birmingham Stage Company, est joué au Old Rep du 9 Novembre 2010 au 28 janvier 2011. Pour plus de renseignements : www.birminghamstage.com



Détails
07 Novembre 2010 - 00:39:38
Haku
Source : Birmingham Post
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