Mon héros Nikolaï Medtner
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Mon héros Nikolaï Medtner :.
Mercredi 02 Juin 2010 - 23:27:55 par Soldat Bleu - Détails - article lu 700 fois - - -

Mon héros Nikolaï Medtner




Par Philip Pullman
The Guardian – Samedi 29 Mai 2010.

Le compositeur Nikolaï Medtner est né en Russie en 1879, c’était un contemporain de Sergei Rachmaninov, et ils étaient d’ailleurs des amis très proches. Medtner n’a jamais été aussi populaire que Rachmaninov, malgré le plaidoyer et le soutien de son ami, et sa musique – uniquement du piano, qu’il s’agisse de solo ou de concertos, de musique de chambre ou de chansons a obtenu, et conserve, une réputation pour sa complexité et son inaccessibilité. Il faut s’adapter à sa musique. Elle est subtile et complexe, et les mélodies ne sont ni flagrantes ni évidentes. Elles ne vous touchent excessivement, elles restent discrètes et modestes, jusqu’à ce vous les abordiez pour ce qu’elles sont, là leur beauté s’ouvre comme des yeux amoureux. C’est à la fois la chose la plus étonnante et la plus émouvante qui soit. YouTube regorge de vidéos, mais essayez la Sonate Reminiscenza, opus 38, pour commencer. Marc-André Hamelin l’interprète à merveille.

Nombreux sont les compositeurs talentueux. J’estime tant Medtner pour son refus élégant et catégorique de transiger avec la mode de son temps. Il pensait que presque l’ensemble de la musique depuis Brahms était une erreur. Comme souvent, je ne suis pas d’accord avec lui, je pense que beaucoup de compositions merveilleuses ont été rédigées par Stravinsky, Schoenberg et leurs successeurs. Mais Medtner persévéra, soutenu par quelques bons amis - dont le pianiste britannique Edna Iles qui lui a prêté sa maison de Cotswold pendant la seconde guerre mondiale et qui a défendu sa musique en salle de concert.

À la fin de sa vie, dans une petite maison à Golders Green, couvert de dettes, affaibli par la maladie ce « ferme défenseur des lois sacrées de l’art éternel » (pour reprendre les mots de Glazounov) – continua tranquillement d’écrire sa musique dans un style aussi démodé que le faux-col qu’il portait, totalement imperméable – non seulement à la mode mais aussi au sens commun. C’était un héros parce qu’il a eu raison de travailler de cette façon, de la façon qui convenait à son génie, d’une façon fidèle à son art, et parce qu’il a toujours refusé de composer autrement.


Détails
Mercredi 02 Juin 2010 - 23:27:55
Soldat Bleu
Source : The Guardian
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