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Rencontre avec Sam Morris :.
Lundi 26 Avril 2010 - 22:42:25 par Haku - Détails - article lu 1584 fois - - -

Rencontre avec Sam Morris, metteur en scène



Du 11 au 22 mai 2010, le Bike Shed Theater d’Exeter, en Angleterre, proposera Clockwork, une adaptation théâtrale du roman de Philip Pullman, La Mécanique du Diable. Le roman avait initialement été tiré d’une pièce de théâtre écrite par Philip Pullman alors professeur, et jouée par ses propres élèves. C’est donc un retour aux sources pour cette œuvre. A un peu plus de deux semaines de la première du spectacle, son producteur, adaptateur et metteur en scène Sam Morris a généreusement accepté de répondre à Cittàgazze. En retour de notre questionnaire, il nous a fourni un texte reprenant la plupart de nos questions, présentant du même coup sa vision du théâtre, de l’œuvre, et sa façon de l’adapter.






26 avril 2010
Sam Morris, pour www.cittagazze.com

Diplômé en arts dramatiques, je décris ma profession comme comédien, mais j’ai généralement des productions en développement en tant que metteur en scène. Travailler sur les deux fronts permet de voir l’autre point de vue des choses, et ça met en perspective les productions sur lesquelles je suis impliqué en tant qu’acteur. J’ai adapté le script directement à partir du livre, si bien qu’on devrait y retrouver un certain nombre de dialogues familiers. J’ai également gardé les trois ‘actes’ tels qu’ils apparaissent dans l'ouvrage, car ils donnent d’importants indices pour le texte. Plus particulièrement, les deux ‘mondes’ – la ville et son auberge, ainsi que la partie de l’histoire basée sur le conte populaire, commencent à se mélanger quand le roman atteint son troisième acte, quand les personnages passent de plus en plus de l’un à l’autre. Nous avons également divisé la scène pour refléter les différences entre ces mondes. Ce qui est également important est que, tout comme Fritz ne finit jamais son histoire dans le pub, le premier acte est inachevé et se conclut sur un grand suspense où Sire Cœur d’Airain (représenté par le biais d’une marionnette et de son marionnettiste) menace Gretl. Je pense que le fait que Fritz ne finesse jamais son histoire est capital. Cela transmet un message quant à la responsabilité que l’on a pour les choses que nous créons. Tout comme Karl ne finit jamais son œuvre (ou plutôt, c’est tout juste s’il la commence) et connaît une fin tragique, Fritz doit prendre ses responsabilités envers ses personnages, semble nous dire Pullman. En tant que conteur, vous devez ressentir un certain liens avec vos personnages, tout comme le fait un metteur en scène.

Gardant ceci à l’esprit, je ne pense pas que monter une pièce avec des professionnels diminue l’impact de l’histoire, même si Pullman faisait jouer sa classe quand il l’a écrite à l’origine. Pullman lui-même disait dans une interview au sujet du film La Boussole d’Or que les différents médias artistiques ont des besoins différents pour arriver à leurs fins – j’aime à penser qu’il aimerait notre interprétation ! Un aspect délicieux du livre est la voix de l’auteur, placée sous forme de petites cases au cœur du texte. En les lisant, vous pouvez voir ce que Pullman cherche réellement à dire. Nous avons essayé de garder cela ; pas toujours sous forme de dialogue (ce qui pourrait s’avérer maladroit), mais parfois dans la façon de présenter et de faire jouer les personnages. C’est quelque chose à laquelle nous avons faire très attention durant les répétitions.

Du fait de la nature du livre, qui se base sur des histoires, et du fait de la façon dont notre troupe The Theatre Alchemists aime travailler, il y aura plusieurs techniques de mise en scène. Dans l’univers de Glockenheim (dans le premier acte), nous allons construire un bar dans le théâtre, et le rendre aussi détaillé que nous le pourront. Puis, quand l’histoire glisse vers le second acte, les choses se font plus floues – Est-ce des colonnes dans la salle du trône du palais, ou bien des arbres dans la forêt où vit le Dr. Kalmenius ? En utilisant des projections et quelques accessoires qui vont bien, ça devrait donner l’impression d’un environnement plus fluide et interchangeable. Ca pourrait passer pour la forêt avec ses loups, ou bien la maison du Dr. Kalmenius ou encore le palais royal, mais avec des projections sur scène, la magie vient de l’interprétation des acteurs. Le vrai truc, bien sûr, c’est la scène dans l’horloge, tout à la fin, mais nous gardons le secret à son sujet d’ici à la première! C’était faire honneur à la plume de Philip Pullman qu’il nous fallait en modifiant et adaptant aussi peu que possible les éléments de l’histoire – cela marche très bien sur les planches dès lors que le rendu visuel est décidé.

Le style propre aux Theatre Alchemists utilise généralement de la musique jouée en direct, intimement liée à la pièce, aux côtés de marionnettes, de théâtre et de tout ce en quoi nous pouvons nous investir. C’est une décision prise en pleine conscience de ne pas tout montrer au public – ne pas donner l’intégralité de la vision des choses. Nous aimons trouver le juste milieu, en donnant des éléments de l’histoire, en la racontant bien, et en laissant au public le soin d’en compléter les détails. C’est ce qu’il y a de mieux au monde : voir quelqu’un venir vous voir après le tomber de rideau et vous dire : “Je voyais réellement la forêt” ou encore “ces loups étaient effrayants” alors que tout ce que vous avez fait a été de donner à cette personne les éléments pour qu’elle se créé ses impressions. Les enfants savent très bien faire ça – ils savant que raconter une histoire se fait à deux, mais les adultes l’oublient parfois. Nous aimons à penser que la façon dont les Theatre Alchemists créent leurs pièces permet aux adultes de revenir dans ce monde magique où ils sont réellement partie intégrante d’une histoire, et pas seulement spectateurs.

Si je devais d’une unique phrase vous convaincre de venir voir Clockwork, je dirais qu’une histoire sur les histoires est du pain béni pour les Theatre Alchemists, et que rien ne vaut la plume de Philip Pullman. Prenez le temps de venir voir Clockwork – comme toutes les meilleures histoires, ça perdurera en vous éternellement.





CLOCKWORK

The Theatre Alchemists présentent
Philip Pullman’s Clockwork
The Bike Shed Theatre, Exeter, 11–22 mai, 20h00

www.theatrealchemists.co.uk
www.bikeshedtheatre.co.uk

Adaptation, mise en scène et production
Sam Morris

ACTEURS
Jim Sadler -- Bourgmestre & Otto
Joe Sellman-Leava -- Ringelmann & Médecin de la Cour
Luke Theobald -- Johan & Stelgratz
Isabel Youane -- Gretl & Mariposa
Joe Attard -- Karl
Charlotte Anderson -- Fritz
Lucia Barber -- Dr. Kalmenius
Lizzy Westcott -- Ménestrel 1
Fadi Al-Naji -- Ménestrel 2
Emily Lake -- Marionnettiste – Prince Florian
Fiona Robertson -- Marionnettiste – Sire Cœur d’Airain



Tous nos remerciements vont à M. Sam Morris pour la gentillesse avec laquelle il nous a répondu.


Détails
Lundi 26 Avril 2010 - 22:42:25
Haku
Source : Cittàgazze.com
Ce document a été écrit ou traduit par son auteur pour Cittàgazze. Si vous souhaitez utiliser ce document sur votre site, intégralement ou non, veuillez s'il vous plait en faire la demande à l'auteur et placer un lien vers Cittàgazze.
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