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L’Évangile selon Pullman :.
Jeudi 15 Avril 2010 - 19:44:36 par Haku - Détails - article lu 780 fois - - -

L’Évangile selon Pullman



Il a été accusé d’écrire de “l’athéisme pour enfants”. Maintenant l’auteur d’À la Croisée des Mondes est
de retour avec sa version de la vie de Jésus – et les fidèles ne vont pas être contents.



Elizabeth Renzetti
Londres — Globe and Mail
15 Avril 2010.


Philip Pullman, petit-fils d’un homme d’église et admirateur des Évangiles en tant que chef-d’œuvre de la littérature, n’a rien contre Jésus, en dépit de ce que ses critiques pourraient laisser croire. Il s’attaque aux églises qui ont prospéré au nom du Christ, particulièrement celle qui siège à Rome et qui est actuellement en pleine crise.

“L’église Catholique est en crise, et ce vieil imbécile de Pape est incapable d’y faire face”, s’énerve Pullman. “Cette ridicule façon qu’il a eu de chercher à s’en tirer en baratinant, comme si ça n’avait aucune importance. Le Vatican est complètement déconnecté de la réalité”. Il se réjouit d’ailleurs de l’audacieux projet de ses compatriotes athées – Richard Dawkins et Christophe Hitchen – visant à arrêter le Pape pour “crimes contre l’humanité” lors de sa prochaine visite en Angleterre, en septembre. “Je leur souhaite bonne chance”, déclare Pullman, 63 ans, “J’adorerais voir ça”.



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“L’Église Catholique est en crise, et ce vieil imbécile de Pape est incapable d’y faire face”

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L’auteur de plus de 20 ouvrages ne s’est jamais retenu de frapper fort. Son bestseller À la Croisée des Mondes a été retiré des étagères de certaines écoles catholiques d’Ontario en 2007, il a été accusé d’écrire de “l’athéisme pour enfants” et il est maintenant de retour sur un nuage sulfureux avec sa réécriture de l’histoire centrale du Christianisme, dans un livre intitulé The Good Man Jesus and the Scoundrel Christ.

Vous ai-je dit que dans ce livre, l’agneau de Dieu n’est plus le messie mais se retrouve incarné par deux véritables jumeaux humains, et que l'un d'eux abandonne sa foi avant la fin du livre ? On ne le retrouvera probablement pas sur le programme d’études des collèges Baptistes – mais ce n’est pas comme si l'auteur s’y attendait. Les interprètes textuels des Écritures saintes, dit-il, “n’écoutent pas, ne comprennent pas, n’analysent pas leur propre Bible”.

La seule chose précisée au dos du livre de Pullman, en gros caractères, est “il s’agit d’une fiction” et chacun de ces mots est d’autant plus provocant que beaucoup de Chrétiens sont concernés. Juste une fiction ? Ce sujet – la réalité historique déformée au fur et à mesure du temps pour répondre aux besoins d’une institution puissante – est central dans The Good Man Jesus and the Scoundrel Christ.


Supposons, ainsi que l’écrit Pullman, que Marie et Joseph aient hérité de jumeaux. Le premier, Jésus, est un enseignant charismatique accompagné d’un idéalisme radical. Son frère jumeau, Le Christ, est bien-intentionné mais sournois, et facilement manipulé au point de d’abord livrer Jésus aux Romains et ensuite d’agrandir sa vie pour qu’elle résonne à travers l’histoire. Les pains et les poissons ne sont qu’une gestion judicieuse des denrées dans la vie de Jésus, mais Le Christ les transforme en un miracle qui traversera les temps.

Dans cette version, l’agonie de Jésus dans le Jardin de Gethsémani devient une pique amère à l’encontre d’un Dieu silencieux : “Tu n’es pas là”, dit-il en colère. “Tu ne m’as jamais écouté”. Ce passage, admet allègrement Pullman, est en fait une représentation de son propre cheminement vers l’athéisme, lorsqu’il a compris que les formidables histoires de son grand-père lors des sermons du dimanche n’étaient justement que des histoires.



Philip Pullman sur Benoît XVI et sa réponse quant aux scandales de pédophilie affligeant l’Église : “Cette ridicule façon qu’il a eu de chercher à s’en tirer en baratinant, comme si ça n’avait aucune importance. Le Vatican est complètement déconnecté de la réalité”.



Mais si la vie de Jésus et son enseignement n’avaient jamais été retournés par l’Église chrétienne en un mythe conquérant le monde, qu’est-ce que cela aurait signifié pour l’art? Qu’aurait peint Raphaël? Quel sujet John Milton aurait-il abordé ? Et qu’en serait-il d’ailleurs de Pullman, et de sa spectaculaire trilogie pour adolescents, À la Croisée des Mondes, laquelle s’avère être une fantastique réécriture du Paradis Perdu, où l’église tient le mauvais rôle et Dieu n’est plus qu’une créature impuissante à l’agonie?


“Ils auraient trouvé autre chose”, s’exprime Pullman. Ensuite il scrute par la fenêtre – il se trouve à Londres, au cours d’une excursion d’un jour hors d’Oxford avec sa femme – “Mais cette jolie petite flèche que je peux entr’apercevoir entre les arbres ne serait pas là”.
Vous pouvez comparer l’inspiration pour son nouvel ouvrage à une trinité, à condition que ça ne soit pas trop blasphématoire. Tout d’abord, il s’est intéressé à Saint Paul en tant que premier propagandiste du monde, reprenant l’histoire d’un Jésus faillible, une génération après la crucifixion, pour le transformer en dogmatique Christ (le mot grec pour “messie”).


Ensuite, Jamie Byng, l’éditeur des Livres Canongate, lui a proposé d’écrire un épisode de sa série de Mythes, dans laquelle des auteurs tels que Margaret Atwood réécrivent des anciennes légendes. Et finalement, Pullman s’est retrouvé sur la scène d’un débat du National Theatre de Londres, l’endroit-même où l’adaptation théâtrale d’À la Croisée des Mondes a été produite, avec l’archevêque de Canterbury. Williams s’est tourné vers lui et a déclaré calmement : C’est bien joli de dénoncer l’église dans vos livres, mais pourquoi vous n’avez jamais évoqué Jésus ?


Alors Pullman est rentré et a relu la Bible (La Nouvelle Version Standard et Révisée, d’autant plus qu’il adorait la grandeur des Écritures saintes du Roi Jacques de sa jeunesse) ainsi que des documents historiques de cette époque tourmentée, et il conclut simplement que “Jésus est arrivé à se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment, et a été exécuté par les Romains pour des raisons politiques”.


Pullman a reçu des lettres de croyants furieux qui n’aiment voir leur sauveur réduit à une simple victime de l’histoire, et il s’attend à d’avantage de critiques quand le livre sera publié aux Etats-Unis, à la fin du mois. En ce qui concerne la censure, comme celle à Ontario, il répond, qu’“ils ne comprennent rien. Le seul effet sera que les enfants vont penser, ‘Super, je dois le lire,’ et ils sortiront l’acheter ou l’emprunteront à leurs amis”.


Maintenant l’auteur s’en va pour attraper un train pour Oxford, là où il a étudié à l’université et enseigné à l’école pendant des années, il descend la rue devant une belle église qui est réaménagée en un centre d’arts. “Voilà ce qui arrive aux églises ces temps-ci” déclare Pullman, et il ne semble pas répandre la moindre larme.



Traduit pour Cittagazze par Soldat Bleu.

Détails
Jeudi 15 Avril 2010 - 19:44:36
Haku
Source : The Globe and Mail
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